Le député camerounais Joshua Osih, membre du Social Democratic Front (SDF), a déposé cinq propositions de loi au Parlement national. Selon RFI, ces textes seront examinés lors de la session parlementaire en cours, qui se tient en juin 2026. Deux des propositions visent spécifiquement à renforcer la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, tandis que les trois autres ciblent la protection renforcée des enfants contre les violences sexuelles, les enlèvements, la traite et les crimes rituels.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq propositions de loi déposées par le député Joshua Osih, du Social Democratic Front (SDF).
- Deux textes concernent la prévention et la répression des féminicides et des violences faites aux femmes.
- Trois autres textes visent à protéger les enfants contre les violences sexuelles, les enlèvements, la traite et les crimes rituels.
- Les débats parlementaires auront lieu lors de la session de juin 2026.
Un engagement politique contre les violences de genre
Joshua Osih, figure politique du SDF, a choisi de s’attaquer à deux fléaux majeurs de la société camerounaise : les violences faites aux femmes et les crimes contre les enfants. D’après RFI, ses propositions de loi s’inscrivent dans un contexte où ces phénomènes restent préoccupants. Le député a souligné l’urgence de légiférer pour offrir une meilleure protection aux populations les plus vulnérables, sans pour autant préciser de cas concrets ayant motivé ces initiatives.
Les deux textes dédiés aux femmes et aux filles prévoient des mesures de prévention, mais aussi des sanctions pénales renforcées pour les auteurs de féminicides et de violences conjugales. Une approche qui rejoint les revendications portées par plusieurs associations locales et internationales œuvrant pour les droits des femmes au Cameroun.
Une protection élargie pour les enfants
Côté enfants, les trois propositions de loi d’Osih visent un large éventail de menaces. Les violences sexuelles, les enlèvements et la traite des mineurs figurent parmi les priorités. Mais c’est la mention des crimes rituels, moins médiatisés mais réels, qui retient particulièrement l’attention. Ces pratiques, bien que marginales, existent et alimentent des craintes dans certaines régions du pays. Les textes proposent des peines alourdies et des mécanismes de surveillance accrus pour lutter contre ces phénomènes.
Un des projets inclut également des dispositions pour renforcer la protection des enfants en situation de rue ou issus de milieux défavorisés, souvent plus exposés aux risques d’exploitation. Aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur l’ampleur de ces violences, mais les associations estiment que des milliers d’enfants en sont victimes chaque année au Cameroun.
Un calendrier parlementaire sous haute tension
La session parlementaire de juin 2026 s’annonce dense. Les cinq propositions de loi d’Osih devront cohabiter avec d’autres textes, dont certains pourraient être prioritaires, comme ceux relatifs au budget national. Selon RFI, le débat sur ces mesures pourrait s’étaler sur plusieurs semaines, en fonction des priorités fixées par la présidence de l’Assemblée nationale. Aucune date précise n’a été avancée pour leur examen en séance plénière.
Le député a indiqué, dans une déclaration rapportée par RFI, que ces textes « s’inscrivent dans une volonté de moderniser le cadre juridique camerounais ». Il a rappelé que le Cameroun avait ratifié plusieurs conventions internationales, dont la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes (CEDAW) et la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), et que ces propositions permettraient d’en accélérer la mise en œuvre.
« Ces propositions ne sont pas une fin en soi, mais un premier pas vers une société plus juste et plus sûre pour les femmes et les enfants. »
— Joshua Osih, député du SDF
Ces propositions pourraient aussi relancer le débat sur la ratification du protocole de Maputo, un texte africain visant à renforcer les droits des femmes et à lutter contre les violences de genre. Une ratification, si elle intervient, pourrait renforcer l’impact des lois proposées par Osih.
Reste à voir si ces initiatives trouveront un écho suffisant parmi les députés, certains pouvant privilégier des sujets perçus comme plus urgents, comme la sécurité ou l’économie. La société civile, elle, suivra de près l’évolution de ces textes, espérant des avancées concrètes pour les victimes.