Le régime malien dirigé par la junte militaire traverse l’une de ses crises les plus graves depuis son arrivée au pouvoir en 2020. Selon Le Monde, la situation s’est fortement dégradée après une série d’attaques menées par des groupes djihadistes et des mouvements indépendantistes, le 25 avril 2026 à Bamako et dans plusieurs régions du pays. Autant dire que la stabilité du pays est aujourd’hui plus que jamais menacée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 25 avril 2026, Bamako et plusieurs régions du Mali ont été la cible d’attaques coordonnées par des groupes djihadistes et indépendantistes.
  • Ces événements ont fragilisé davantage le pouvoir militaire en place, déjà sous pression depuis 2020.
  • La capitale malienne, Bamako, est désormais soumise à un blocus, aggravant la crise sécuritaire et humanitaire.
  • La junte au pouvoir, dirigée par le colonel Assimi Goïta, voit sa légitimité et son autorité contestées.

Des attaques sans précédent ciblant Bamako et le pays

Les attaques du 25 avril ont frappé Bamako de plein fouet, mais aussi des zones stratégiques comme Gao, Mopti et Tombouctou. Selon des sources sécuritaires citées par Le Monde, ces opérations ont été menées par des groupes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ainsi que par des mouvements indépendantistes touaregs. Côté gouvernemental, l’absence de réactivité immédiate a été soulignée, certains responsables évoquant des « difficultés logistiques et organisationnelles » pour expliquer l’échec des premières contre-mesures.

Les pertes humaines et matérielles restent encore difficiles à établir avec précision, mais des rapports préliminaires mentionnent plusieurs dizaines de morts, dont des civils, ainsi que des infrastructures vitales endommagées. Les services de renseignement malien ont rapidement pointé du doigt l’implication de mercenaires étrangers, une accusation qui n’a pas encore été confirmée par des preuves tangibles.

Un blocus de Bamako qui aggrave la crise

Depuis les attaques, Bamako est partiellement isolée. Le blocus, imposé à la fois par les groupes armés et des milices locales, limite l’accès aux denrées de première nécessité et aux soins médicaux. Les autorités maliennes ont tenté de minimiser l’impact de cette mesure, affirmant que des « corridors humanitaires » étaient maintenus. Pourtant, des témoignages recueillis par Le Monde décrivent des files d’attente interminables devant les rares magasins encore approvisionnés et des hôpitaux débordés.

La junte a décrété l’état de siège dans la capitale, une mesure exceptionnelle qui suspend certaines libertés individuelles au nom de la sécurité nationale. Cette décision a suscité des critiques au sein de la société civile, certains y voyant une tentative de museler l’opposition plutôt qu’une réponse adaptée à la crise.

Une junte militaire sous le feu des critiques

Le pouvoir en place, issu du coup d’État de 2020 puis consolidé par une transition controversée, est désormais fragilisé par son incapacité à garantir la sécurité des Maliens. Le colonel Assimi Goïta, qui dirige la junte, a tenté de rassurer la population en promettant des « mesures radicales » pour rétablir l’ordre. Pourtant, ses déclarations peinent à convaincre, d’autant que les soutiens régionaux et internationaux se font de plus en plus rares.

Les pays voisins, notamment le Burkina Faso et le Niger, ont exprimé leur solidarité avec le Mali, mais sans s’engager dans une intervention directe. Du côté de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la situation est suivie de près, sans que des sanctions ou des pressions concrètes ne soient encore envisagées. À Bamako, des manifestations sporadiques ont eu lieu pour dénoncer la gestion de la crise par la junte, avant d’être rapidement dispersées par les forces de l’ordre.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour le Mali. La junte devra rapidement trouver des solutions pour lever le blocus de Bamako et restaurer la confiance des populations, sous peine de voir la crise s’aggraver. Une réunion d’urgence de la CEDEAO est prévue pour le 20 mai 2026, au cours de laquelle les États membres pourraient décider de renforcer leur soutien logistique ou, au contraire, d’isoler davantage le régime malien. D’ici là, la situation humanitaire risque de continuer à se dégrader, surtout si les groupes armés maintiennent leur pression sur les axes routiers.

Pour l’instant, ni les djihadistes ni les indépendantistes n’ont revendiqué les attaques du 25 avril, laissant planer un doute sur leurs intentions réelles. Une chose est sûre : le Mali, déjà en proie à une instabilité chronique, pourrait bien basculer dans une phase encore plus chaotique si aucune solution politique ne parvient à émerger rapidement.

Selon les informations rapportées par Le Monde, les attaques ont été menées à la fois par des groupes djihadistes affiliés à AQMI et par des mouvements indépendantistes touaregs. Cependant, aucune revendication officielle n’a encore été formulée à ce jour.