Environ 200 lycéens de l’établissement Bernat-Etxepare à Bayonne se sont rassemblés ce mercredi 3 juin 2026 devant la sous-préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Leur objectif : obtenir le droit de passer l’intégralité de l’examen du baccalauréat en basque dès cette année. Selon Libération, cette mobilisation s’inscrit dans une revendication plus large pour la reconnaissance de l’euskara comme langue d’enseignement et d’évaluation.
Ce qu'il faut retenir
- 200 lycéens du lycée Bernat-Etxepare manifestent à Bayonne le 3 juin 2026 pour passer le bac en euskara.
- Ils réclament le droit de composer entièrement en basque pour l’examen du baccalauréat dès cette année.
- La sous-préfecture des Pyrénées-Atlantiques était le lieu du rassemblement.
- Cette demande s’inscrit dans une dynamique de promotion de la langue basque dans l’éducation.
- Le lycée Bernat-Etxepare est un établissement emblématique pour l’enseignement en euskara.
Une mobilisation pour la langue et l’identité
Les élèves, réunis devant la sous-préfecture de Bayonne, ont brandi des pancartes et scandé des slogans en euskara. Comme le rapporte Libération, leur rassemblement a pris une dimension symbolique, puisque l’établissement Bernat-Etxepare est connu pour son engagement en faveur de l’enseignement en basque. Pour eux, passer le bac dans leur langue maternelle n’est pas seulement une question pratique, mais aussi une affirmation identitaire.
Le lycée, situé au cœur du Pays basque français, joue un rôle central dans la transmission de la culture et de la langue locales. Nombre de ces lycéens sont scolarisés depuis le primaire dans des filières immersives en euskara, ce qui rend leur demande d’autant plus légitime aux yeux de leurs familles.
Un enjeu pédagogique et politique
La question de l’enseignement en euskara dépasse le cadre scolaire. D’après Libération, elle touche à des débats plus larges sur l’autonomie des territoires et la reconnaissance des langues régionales en France. Actuellement, les élèves peuvent composer une partie de leur bac en euskara, mais pas l’intégralité de l’examen. Les lycéens demandent donc un changement de règles pour l’année en cours.
Cette mobilisation intervient alors que les négociations entre les représentants éducatifs, les collectivités locales et l’État se poursuivent pour adapter les modalités d’examen. Certains enseignants et associations culturelles soutiennent cette revendication, arguant que l’euskara est une langue vivante qui mérite une place équivalente à celle du français dans le système éducatif.
Les réactions des autorités locales
Les organisateurs de la manifestation ont indiqué avoir remis une pétition signée par plusieurs centaines de personnes aux services de la sous-préfecture. Libération précise que les autorités n’ont pas encore communiqué de réponse officielle concernant cette demande. Cependant, des élus locaux, notamment ceux du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, ont exprimé leur soutien à la démarche des lycéens.
« Passer le bac en euskara, c’est une question de cohérence », a déclaré un porte-parole des élèves à la presse. « Nous étudions en euskara, nous parlons euskara au quotidien, autant dire que notre langue est notre outil de travail et de pensée. »
Cette affaire rappelle les tensions récurrentes autour de la place des langues régionales dans l’école publique. En 2021, la loi Molac avait élargi les possibilités d’enseignement immersif, mais les modalités d’examen restent un sujet de crispation. À Bayonne, comme ailleurs dans les territoires où l’on parle euskara, gallego ou breton, la question dépasse le cadre scolaire pour toucher à l’avenir culturel et linguistique de ces communautés.
Pour ces élèves, dont beaucoup sont scolarisés en filière immersive depuis le primaire, l’euskara est leur langue principale de travail et de communication. Passer le bac dans cette langue est pour eux une question de cohérence pédagogique et d’affirmation identitaire. Ils estiment que leur parcours scolaire en euskara doit être pleinement reconnu jusqu’au diplôme national.