Alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’amorce, le député écologiste Benoît Biteau, élu de la deuxième circonscription de Charente-Maritime, a pris position ce 7 août 2026 pour une « candidature unique » de la gauche, centrée sur la lutte contre le dérèglement climatique. Dans un entretien accordé à Franceinfo - Politique, il a réaffirmé l’urgence d’en faire « une priorité absolue », tout en critiquant ouvertement les orientations écologiques du gouvernement actuel et les positions du Rassemblement national sur ces questions.
Ce qu'il faut retenir
- Le député Benoît Biteau (écologiste) plaide pour une candidature présidentielle unique de la gauche, axée sur la lutte contre le dérèglement climatique.
- Il dénonce l’écologie « imaginée par la macronie », la jugeant inefficace et préfère « écouter la science plutôt que la FNSEA ».
- Biteau critique les méga-bassines, qu’il qualifie de politiques publiques accélérant le dérèglement climatique, et défend la restauration du « grand cycle de l’eau ».
- Il fustige la réintroduction dérogatoire de deux pesticides dans la loi d’urgence agricole, adoptée le 21 juillet 2026, qualifiant ces substances de « puissants destructeurs de la biodiversité ».
- Le député évoque aussi la gestion des incendies en France, où 116 000 hectares de forêts ont été détruits en 2026, et défend l’éco-pastoralisme comme alternative au débroussaillage intensif.
Une candidature écologiste pour recentrer le débat climatique
Benoît Biteau, figure des Écologistes et Social, a réitéré son appel à une « candidature unique » de la gauche pour l’élection présidentielle de 2027. Selon lui, cette union serait le meilleur moyen de faire du dérèglement climatique « une priorité absolue » dans le débat politique. « L’écologie imaginée par la macronie ne fonctionne pas », a-t-il asséné lors de son intervention sur Franceinfo, pointant du doigt l’inefficacité des politiques publiques actuelles en matière environnementale. Pour l’élu charentais-maritime, l’enjeu est clair : il faut sortir d’une logique de transition écologique « molle » et engager des mesures radicales, fondées sur des données scientifiques incontestables.
Le député a également taclé le Rassemblement national, dont il conteste la légitimité à se revendiquer d’une écologie « de bon sens ». « Ils continuent de soutenir des politiques publiques qui accompagnent une agriculture qui ne fait qu’accélérer le dérèglement climatique », a-t-il dénoncé. Benoît Biteau prend notamment pour exemple le soutien du RN aux méga-bassines, qu’il juge incompatible avec une gestion durable de l’eau. « Rien n’est fait pour que l’eau soit accessible à tous », a-t-il souligné, alors que les surfaces irriguées ne représentent que 6 % des activités agricoles en France.
La restauration du « grand cycle de l’eau » au cœur des propositions écologistes
Face à la multiplication des conflits d’usage autour de la ressource hydrique, Benoît Biteau défend une approche radicalement différente : la restauration du « grand cycle de l’eau ». Cette solution passe, selon lui, par la création de zones humides et la réorganisation des territoires pour garantir un accès équitable à l’eau pour tous les agriculteurs. « On ne peut pas continuer à gaspiller l’eau avec des méga-bassines qui assèchent les nappes phréatiques », a-t-il expliqué, rappelant que ces infrastructures privent les petits exploitants d’un accès vital à la ressource. « Il faut écouter la science plutôt que la FNSEA », a-t-il martelé, critiquant le poids excessif de la fédération agricole dans l’élaboration des politiques publiques.
Ses propos surviennent alors que le Parlement a définitivement adopté, le 21 juillet 2026, la loi d’urgence agricole. Cette dernière prévoit notamment la réintroduction à titre dérogatoire de deux pesticides interdits en France : le chlorpyrifos et le thiophanate-méthyl. Des substances que Benoît Biteau qualifie sans détour de « puissants destructeurs de la biodiversité ». « Le gouvernement n’a rien compris », a-t-il déploré, estimant que ces décisions illustrent l’incapacité des autorités à anticiper les crises environnementales.
Incendies et agriculture : des pistes alternatives pour protéger les écosystèmes
Le député écologiste s’est également exprimé sur la gestion des incendies en France, où 116 000 hectares de forêts ont été ravagés par les flammes depuis le début de l’année 2026. Une situation qui a donné lieu à des accusations répétées contre les Écologistes, accusés de freiner les politiques de débroussaillage intensif. Benoît Biteau a tenu à clarifier sa position : « À aucun moment les écologistes n’ont dit qu’il ne fallait pas débroussailler ». Pour lui, la solution réside plutôt dans des méthodes de prévention intégrées, comme l’éco-pastoralisme.
Cette approche consiste à laisser des troupeaux d’animaux domestiques (ovins, bovins) maîtriser naturellement la végétation inflammable, plutôt que de recourir à des méthodes mécaniques coûteuses et énergivores. « On pourrait vraiment soutenir les agriculteurs. Ils seraient de vrais acteurs dans la lutte contre les incendies », a-t-il souligné, insistant sur le rôle clé que pourraient jouer les éleveurs dans la préservation des paysages. « Au lieu de vouloir les enfermer dans des bâtiments d’élevage, il faut les encourager à redevenir des gestionnaires de territoires », a-t-il conclu, rappelant que cette solution présente aussi l’avantage de relancer des filières agricoles locales.
Quoi qu’il en soit, les propos de Benoît Biteau soulignent une réalité : le dérèglement climatique s’impose comme un sujet central, capable de structurer — ou de fracturer — le paysage politique à l’approche de 2027.
Le député écologiste dénonce les méga-bassines car, selon lui, ces infrastructures accélèrent le dérèglement climatique en asséchant les nappes phréatiques et en privant les petits agriculteurs d’un accès équitable à l’eau. Il défend à la place la restauration du « grand cycle de l’eau » via des zones humides et une gestion territoriale de la ressource.
Plutôt que de recourir au débroussaillage intensif, le député écologiste prône l’éco-pastoralisme, une méthode consistant à utiliser des troupeaux pour maîtriser la végétation inflammable. Il voit dans cette approche une solution gagnante pour les agriculteurs, les écosystèmes et la prévention des feux de forêt.