Des milliers de personnes ont défilé une nouvelle fois dans les rues de La Paz, la capitale bolivienne, ce vendredi 22 mai 2026, pour exiger le départ du président Rodrigo Paz, figure de la droite bolivienne. Selon RFI, ces rassemblements, qui s’accompagnent toujours de blocages de routes à travers le pays, interviennent alors que le chef de l’État a annoncé un remaniement ministériel pour tenter de répondre à la crise politique. Pourtant, cette initiative n’a pas suffi à calmer les tensions, qui s’étendent désormais à une majorité des secteurs économiques du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 5 000 manifestants ont défilé à La Paz le 22 mai 2026 pour réclamer la démission du président Rodrigo Paz.
  • Le président a procédé à un remaniement ministériel, mais celui-ci n’a pas mis fin aux blocages de routes ni aux protestations.
  • Les blocages de routes, toujours en cours, paralysent une partie du pays et perturbent l’activité économique.
  • Les secteurs économiques s’inquiètent des pertes financières estimées à plusieurs millions de dollars en raison de la crise.
  • Les acteurs économiques craignent que l’image de la Bolivie ne soit durablement affectée par la situation.

Les manifestations, qui rassemblent des syndicats, des organisations sociales et des citoyens mécontents, visent directement le président Paz. Celui-ci, élu il y a deux ans, incarne une ligne politique perçue comme trop libérale par une partie de la population, notamment en matière économique. « Le gouvernement doit entendre notre colère. Les promesses ne suffisent plus, il faut des actes », a déclaré un représentant du mouvement lors d’une prise de parole improvisée sur la place principale de La Paz. Selon RFI, les organisateurs appellent désormais à une grève générale si leurs revendications ne sont pas satisfaites d’ici la fin de la semaine.

Côté économique, les blocages de routes, qui se multiplient depuis plus d’une semaine, commencent à avoir des répercussions sérieuses. Les transporteurs routiers dénoncent des pertes estimées à plus de 3 millions de dollars par jour, tandis que les producteurs agricoles de l’ouest du pays peinent à acheminer leurs récoltes vers les marchés. « Les exportations sont en chute libre, et les importations de produits de première nécessité, comme les médicaments, sont retardées », a indiqué un responsable de la Chambre de commerce de La Paz. Les entrepreneurs locaux s’alarment aussi de l’image dégradée du pays, alors que les investisseurs étrangers commencent à reporter ou annuler des projets dans le pays.

Le gouvernement, de son côté, minimise l’ampleur des perturbations. Le ministre des Transports a reconnu des « difficultés logistiques » mais a assuré que les services essentiels, comme l’approvisionnement en carburant, restaient assurés. « Nous travaillons à rétablir la circulation dans les meilleurs délais », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse. Pour autant, les observateurs soulignent que la situation pourrait s’aggraver si les négociations entre le gouvernement et les organisations protestataires n’aboutissent pas rapidement. Les précédents épisodes de tensions sociales en Bolivie ont souvent dégénéré en violences, comme en 2020, lorsque des manifestations contre les résultats électoraux avaient fait plus de 30 morts.

Et maintenant ?

Pour les prochaines 48 heures, les regards se tournent vers les discussions prévues entre le gouvernement et une délégation des manifestants. Si aucun compromis n’est trouvé, les organisateurs de la grève générale ont menacé de paralyser davantage le pays dès lundi 25 mai. Les observateurs politiques estiment que Rodrigo Paz dispose d’une marge de manœuvre limitée, alors que son parti, minoritaire au Parlement, peine à faire adopter ses réformes. Une issue pacifique dépendra en grande partie de la capacité des deux camps à trouver un terrain d’entente, sous peine de voir la crise s’enliser dans les semaines à venir.

Reste à savoir si le remaniement ministériel annoncé par le président suffira à apaiser les tensions. Pour l’heure, la rue ne semble pas prête à désarmer, et les acteurs économiques, eux, subissent déjà les conséquences d’une paralysie prolongée. La Bolivie, déjà fragilisée par une inflation persistante et un chômage élevé, pourrait voir sa situation sociale et économique se dégrader encore davantage si la crise actuelle n’est pas résolue rapidement.

Les manifestants dénoncent principalement la politique économique du président Rodrigo Paz, qu’ils jugent trop favorable aux entreprises privées et défavorable aux classes populaires. Ils réclament notamment une hausse des salaires, une réduction des prix des produits de base et la fin des blocages des négociations avec les syndicats.