Avec près de 30 % des ventes de véhicules neufs en France désormais représentées par des modèles électriques ou hybrides rechargeables en 2026, la question de l’accès à la recharge dans les copropriétés s’impose comme un enjeu majeur pour les résidents et les gestionnaires d’immeubles. Selon BFM Immo, les parkings collectifs doivent désormais s’adapter à cette transition énergétique, entre cadre réglementaire, dispositifs financiers et solutions techniques.

Ce qu'il faut retenir

  • Le droit à la prise permet à tout copropriétaire ou locataire d’installer une borne sur sa place, sous réserve d’une notification au syndic.
  • L’installation d’une infrastructure collective évite la multiplication d’équipements individuels et facilite la gestion du réseau électrique.
  • Le programme ADVENIR, financé par les certificats d’économies d’énergie, prend en charge une partie des coûts d’installation.
  • Des opérateurs comme Hellio proposent des solutions clés en main, avec préfinancement par le gestionnaire du réseau de distribution (GRD).
  • Le pré-équipement des parkings, sans coût pour les copropriétaires, permet d’anticiper les futures installations.

Un cadre réglementaire incitatif pour les copropriétés

La transition vers la mobilité électrique, accélérée par les politiques publiques et l’évolution du marché automobile, impose aux copropriétés de repenser leurs parkings. Selon BFM Immo, le cadre juridique français a évolué pour encourager l’installation de bornes de recharge, tout en encadrant leur déploiement. Le droit à la prise, instauré par la réglementation, constitue l’un des piliers de cette adaptation. Ce dispositif permet à tout résident – copropriétaire ou locataire – disposant d’une place de stationnement d’installer une borne sur son emplacement.

Pour activer ce droit, le résident doit notifier son projet au syndic de copropriété. À moins d’une impossibilité technique sérieuse ou de l’existence d’une solution collective équivalente, la copropriété ne peut s’opposer à l’installation. Ce principe vise à lever les freins historiques à l’équipement des parkings collectifs et à garantir un accès équitable à la recharge pour tous les résidents souhaitant adopter un véhicule électrique. « Ce cadre juridique a permis de fluidifier les démarches et de réduire les délais d’installation », souligne un expert cité par BFM Immo.

Infrastructures collectives : une solution optimisée pour les immeubles

Au-delà du cadre légal, l’installation d’infrastructures collectives répond à une logique d’efficacité et de pérennité. Avec une demande croissante de recharge à domicile – portée par l’augmentation continue du parc automobile électrique –, les copropriétés ont tout intérêt à anticiper l’équipement de leurs parkings. Une infrastructure commune permet d’éviter la multiplication d’installations individuelles, souvent coûteuses et peu optimisées sur le plan technique.

« Anticiper l’équipement électrique du parking permet de préparer le bâtiment à l’augmentation future des besoins », explique un responsable du secteur. Une gestion centralisée facilite également le dimensionnement des installations et limite les risques de saturation du réseau. Pour les copropriétés, cette approche représente aussi un argument de valorisation du patrimoine immobilier, en répondant aux attentes des résidents actuels et des futurs acquéreurs.

Financement : des aides publiques et des modèles innovants

Pour encourager le déploiement des infrastructures de recharge, plusieurs dispositifs financiers ont été mis en place. Le programme ADVENIR, soutenu par les certificats d’économies d’énergie (CEE), permet de financer jusqu’à 50 % des coûts d’installation des bornes dans les parkings collectifs. Cette aide, accessible sous conditions, couvre une part significative des investissements liés aux infrastructures partagées.

Par ailleurs, des modèles de déploiement innovants permettent aujourd’hui d’installer ces infrastructures sans avance de frais pour la copropriété. Des opérateurs spécialisés, comme Hellio, prennent en charge l’installation et la gestion du réseau, les résidents ne payant que leur borne individuelle et leur consommation. « Ces solutions contribuent à simplifier la mise en place des infrastructures et à limiter l’impact financier pour les copropriétaires », précise BFM Immo. Une approche qui séduit de plus en plus de gestionnaires d’immeubles.

Des solutions clés en main pour les syndics et copropriétaires

Face à la complexité technique et administrative du projet, des acteurs spécialisés proposent désormais des solutions clés en main. Hellio, par exemple, propose une installation préfinancée par le gestionnaire du réseau de distribution (GRD) dès la première demande. Ce modèle permet de déployer l’infrastructure sans coût initial pour la copropriété, avec une facturation ultérieure des utilisateurs.

Le dispositif inclut également un pré-équipement du parking, sans frais pour les copropriétaires qui ne souhaitent pas installer immédiatement une borne. Cette option facilite les installations futures, en évitant des travaux de remise à niveau coûteux. Les solutions proposées s’adaptent à différentes configurations : places intérieures, extérieures ou boxes, avec des options techniques spécifiques (éclairage LED, prises renforcées, électrification de porte, etc.). « Chaque immeuble a ses spécificités, et il est essentiel de proposer des solutions sur mesure », indique un porte-parole de l’entreprise.

Et maintenant ?

D’ici la fin 2027, les professionnels du secteur s’attendent à une accélération des installations de bornes dans les copropriétés, portée par l’extension des dispositifs d’aide et la montée en puissance du parc automobile électrique. Les prochaines étapes pourraient inclure un renforcement des obligations légales pour les immeubles neufs, ainsi qu’une harmonisation des normes techniques à l’échelle européenne. Reste à voir si les copropriétés parviendront à suivre le rythme, malgré les contraintes budgétaires et organisationnelles.

Pour les résidents et syndics souhaitant se lancer, les experts recommandent de se rapprocher d’un opérateur agréé ou de consulter les plateformes dédiées, comme celles proposées par les fournisseurs d’énergie ou les gestionnaires de réseaux. Une démarche proactive permettra d’anticiper les besoins et de bénéficier des dispositifs d’aide avant leur éventuelle évolution.

Le résident doit notifier son projet au syndic de copropriété par courrier recommandé. La copropriété ne peut s’opposer à l’installation sauf en cas d’impossibilité technique sérieuse ou d’existence d’une solution collective équivalente. Le coût et l’entretien de la borne restent à la charge du demandeur.

Plusieurs aides sont disponibles : le programme ADVENIR (jusqu’à 50 % du coût), les certificats d’économies d’énergie (CEE), et des solutions de préfinancement par des opérateurs comme Hellio. Ces derniers prennent en charge l’installation et la gestion, avec une facturation différée pour les utilisateurs.