La progression de la Bourse européenne depuis le début de l’année 2026 s’explique principalement par trois facteurs : l’embellie économique en Chine, la dynamique des valeurs technologiques et la stabilisation des cours du pétrole. François Gobron, gérant actions européennes et responsable du fonds GFA Actions Generali Investments, a détaillé ces éléments lors de l’émission Good Morning Market sur BFM Business, ce jeudi 14 mai.

Ce qu'il faut retenir

  • La Bourse européenne enregistre une hausse depuis janvier 2026, portée par trois secteurs clés : la Chine, les technologies et l’énergie.
  • François Gobron, gérant du fonds GFA Actions Generali Investments, a analysé ces tendances dans l’émission Good Morning Market sur BFM Business.
  • Les valeurs technologiques ont connu un « rallye impressionnant » ces derniers mois, selon Olivier Levy, président de Levy Capital Partners, intervenu précédemment dans la même émission.
  • Le CAC 40 a rebondi mercredi 13 mai après quatre séances consécutives de baisse, portées par les marchés américains et les espoirs de stabilité en Chine.
  • Les résultats financiers d’Alstom, Siemens et Vallourec ont également été passés au crible par les experts.
  • KKR prévoit d’injecter 300 millions de dollars sur le marché du crédit privé aux États-Unis, un signal de confiance malgré les craintes persistantes.

Une reprise européenne sous le signe de la Chine et des technologies

François Gobron a souligné que la croissance de la Bourse européenne en 2026 s’appuie sur un trio gagnant : l’essor de l’économie chinoise, la résilience des valeurs technologiques et la remontée des prix du pétrole. « Ces trois moteurs expliquent la majorité de la performance des marchés européens depuis le début de l’année », a-t-il déclaré lors de son intervention. La Chine, après des mois de ralentissement, montre des signes de reprise, notamment grâce à des politiques monétaires accommodantes et à une demande intérieure qui se redresse progressivement.

Côté technologies, Gobron a rappelé que les géants du secteur, portés par l’innovation et l’intelligence artificielle, continuent de séduire les investisseurs. Olivier Levy, président de Levy Capital Partners, avait déjà mis en avant ce phénomène lors de son passage dans l’émission le 7 mai, évoquant un « rallye impressionnant des valeurs tech ». Les marchés intègrent désormais ces dynamiques dans leurs valorisations, même si certains experts appellent à la prudence après une hausse aussi rapide.

Le CAC 40 rebondit, mais la volatilité persiste en Europe

Le rebond du CAC 40 mercredi 13 mai, après quatre séances consécutives de baisse, a été analysé par Matthieu Ceronne, trader et fondateur de Galileo Trading. « Les marchés européens restent fragiles, mais cette remontée reflète une certaine confiance retrouvée », a-t-il expliqué. Cette amélioration intervient dans un contexte où les investisseurs américains affichent une meilleure tenue, offrant un soutien indirect aux places européennes.

Cependant, la volatilité reste élevée. Selon Ceronne, les craintes d’un durcissement monétaire en Europe, couplées aux tensions géopolitiques persistantes, pourraient encore perturber les marchés dans les semaines à venir. « Les marchés intègrent déjà le scénario d’un relèvement des taux en Europe », a précisé Laurent Calvet, responsable de la gestion obligataire chez Tikehau Capital, lors du même épisode de l’émission.

Crédit privé : KKR injecte 300 millions de dollars malgré les incertitudes

Alors que le marché du crédit privé aux États-Unis suscite des interrogations, KKR a annoncé un investissement de 300 millions de dollars pour relancer l’activité. Laurent Calvet a analysé cette initiative lors de l’émission du 13 mai, soulignant que « cet apport de liquidités pourrait stabiliser le marché ». Malgré cela, les craintes d’un resserrement des conditions de crédit persistent, notamment en raison des incertitudes liées aux politiques monétaires futures.

Les investisseurs surveillent de près les signaux envoyés par la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, dont les décisions pourraient impacter directement le coût du crédit et, par ricochet, la croissance économique.

Alstom, Siemens et Vallourec dans le viseur des analystes

Les résultats financiers d’Alstom, Siemens et Vallourec ont été passés au crible par Alain du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, lors de l’émission du 13 mai. Ces trois entreprises, représentatives de secteurs stratégiques (transport, industrie et énergie), sont considérées comme des indicateurs de la santé économique en Europe. « Leur performance donne un bon aperçu des tendances sectorielles », a expliqué du Brusle.

Alstom, en particulier, suscite l’attention après des annonces récentes sur ses projets en Asie et en Amérique du Nord. Siemens, de son côté, confirme sa position de leader dans l’industrie 4.0, tandis que Vallourec mise sur la reprise des investissements dans le secteur pétrolier et gazier.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour les marchés européens. La visite officielle de Donald Trump en Chine, qui a débuté mercredi 13 mai, pourrait apporter des clarifications sur les tensions commerciales entre les deux puissances économiques. Par ailleurs, les décisions de la Banque centrale européenne concernant les taux d’intérêt, attendues pour juin, seront scrutées de près par les investisseurs. Enfin, la publication des résultats trimestriels des grandes entreprises technologiques, prévue dans les prochains jours, devrait confirmer ou infirmer la tendance haussière observée depuis le début de l’année.

François Gobron a conclu son intervention en rappelant que « la prudence reste de mise », malgré les signaux positifs. Les marchés pourraient continuer à progresser, mais les risques géopolitiques et économiques persistent.

La Chine joue un rôle clé car sa reprise économique stimule la demande en matières premières et en biens d’équipement, deux secteurs où l’Europe est fortement impliquée. De plus, les entreprises européennes réalisent une part importante de leurs revenus en Asie, notamment dans les technologies et l’industrie. La stabilisation de l’économie chinoise rassure donc les investisseurs sur la croissance mondiale.

Plusieurs facteurs de risque pèsent sur les marchés : un durcissement trop brutal des politiques monétaires en Europe ou aux États-Unis, une escalade des tensions géopolitiques (notamment en Asie ou au Moyen-Orient), ou encore un ralentissement inattendu de la croissance chinoise. Les experts surveillent également l’évolution des marges des entreprises technologiques, dont les valorisations dépendent largement des anticipations de profits futurs.