Selon Le Monde, à un mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, la relation entre les Brésiliens et leur équipe nationale semble s’effriter, comme en témoigne la polémique autour du maillot de la Seleção.

Ce qu'il faut retenir

  • La sortie du maillot 2026 de la Seleção a suscité des critiques inédites au Brésil, reflétant un désintérêt croissant pour l’équipe nationale.
  • Les réseaux sociaux brésiliens s’emballent contre le design jugé « trop commercial » et « déconnecté » des réalités du football local.
  • Le sélectionneur national, Dorival Júnior, a minimisé ces tensions, affirmant que l’objectif reste la performance sportive.
  • Les ventes de maillots ont chuté de 20 % par rapport à 2022, signe d’un désengagement des supporters.
  • La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, se profile comme un défi sportif et médiatique pour le Brésil.

Un maillot qui divise avant même le début de la compétition

Le nouveau maillot de la Seleção, dévoilé fin avril, a été vivement critiqué sur les réseaux sociaux brésiliens. Entre les motifs géométriques agressifs et les couleurs jugées « trop éloignées » du jaune emblématique, les internautes n’ont pas hésité à exprimer leur mécontentement. « Ce n’est plus le maillot du Brésil, c’est un produit marketing », a lancé un utilisateur sur X (ex-Twitter), résumant l’opinion d’une partie des supporters. Selon Le Monde, ces réactions reflètent un phénomène plus large : une perte d’attachement à l’équipe nationale, autrefois sacrée.

Un désamour qui dépasse le simple design vestimentaire

Le Brésil, cinq fois champion du monde, reste le pays du football par excellence. Pourtant, depuis plusieurs années, la Seleção peine à mobiliser autant qu’avant. Les résultats en dents de scie lors des dernières compétitions, couplés à des choix tactiques contestés, ont contribué à éroder la ferveur populaire. Les ventes de maillots, traditionnellement un indicateur fort de l’engouement, ont chuté de 20 % par rapport à 2022, année de la dernière Coupe du monde. « Les Brésiliens ne se reconnaissent plus dans cette équipe », analyse un sociologue interrogé par Le Monde.

Dorival Júnior sous pression, mais reste concentré sur le terrain

Nommé sélectionneur en janvier 2024, Dorival Júnior a hérité d’une équipe en reconstruction. Malgré les critiques, il assume pleinement les choix vestimentaires et sportifs. « Le maillot est un symbole, mais ce qui compte, c’est notre performance en Coupe du monde », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Pour l’ancien joueur de Flamengo, l’enjeu est clair : rassembler autour de l’équipe, malgré les divisions. Pourtant, les sondages montrent que seulement 45 % des Brésiliens ont une opinion favorable de la Seleção, un niveau historiquement bas.

Et maintenant ?

La Coupe du monde 2026, qui débutera le 11 juin, sera un test crucial pour la Seleção et son staff. Si les résultats ne sont pas à la hauteur, le désamour pourrait s’accentuer. À l’inverse, une bonne campagne pourrait relancer l’engouement populaire. Les observateurs s’attendent à ce que les discussions autour du maillot s’estompent une fois la compétition lancée, mais les enjeux de fond – résultats sportifs et attractivité du football brésilien – resteront entiers.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : le Brésil devra retrouver sa magie pour éviter que ce désintérêt ne se transforme en rejet définitif.

Le design du maillot, jugé trop éloigné des codes traditionnels (jaune et vert), a été perçu comme une décision commerciale déconnectée des supporters. Les motifs géométriques et les couleurs métallisées ont cristallisé un mécontentement plus large envers une équipe nationale en perte de vitesse sportive et symbolique.