Selon BFM Bourse, le CAC 40 a terminé hier en baisse de 0,39% à 8 086 points, alors que l'indice parisien évoluait dans un climat de forte nervosité à l'approche des 8 000 points, seuil symbolique désormais en ligne de mire. Le marché a subi le contrecoup d'indicateurs économiques décevants en Zone euro, notamment les indices PMI (Purchasing Managers' Index) publiés pour le mois de mai.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 a clôturé à 8 086 points, en baisse de 0,39%, dans un contexte de forte volatilité autour des 8 000 points
  • Les indices PMI de la Zone euro, notamment celui des services, sont tombés à 46,4 en France, signalant une contraction marquée de l'activité
  • Le secteur industriel allemand repasse sous la barre des 50 à 49,9, confirmant un repli de l'activité
  • Le prix du baril de Brent reste élevé à 105 dollars, alimentant les craintes inflationnistes et les tensions sur les marchés obligataires
  • Deux valeurs parisiennes ont lourdement chuté : Elior (-26,76%) et Ubisoft (-2,28%)
  • À l'inverse, Eutelsat a bondi de 22,46% après l'annonce de l'effet « SpaceX »
  • La BCE se retrouve dans une position délicate, entre inflation persistante et risque de contraction économique

Des indicateurs PMI en Zone euro en net recul

L'indice PMI des services pour la Zone euro est tombé à 46,4 en mai, bien en dessous du seuil de 50 qui sépare expansion et contraction. Selon Chris Williamson, Chief Business Economist chez S&P Global Market Intelligence, « le secteur des services subit de plein fouet les répercussions de la guerre sur le coût de la vie, la hausse des prix de l'énergie ayant notamment fait chuter le niveau de la demande ». Il ajoute que « les fortes perturbations d'approvisionnement engendrées par la guerre s'intensifient », avec des retards de livraison de plus en plus importants.

Ces tensions sur les chaînes d'approvisionnement ne menacent pas seulement la croissance à venir, mais risquent aussi d'amplifier les tensions inflationnistes. « Compte tenu de la hausse des indices des prix enregistrée en mai, on peut d'ores et déjà anticiper un rythme d'inflation proche des 4% dans les prochains mois », précise-t-il. Avec des signes de contraction de plus en plus marqués dans la Zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) se retrouve dans une situation « de plus en plus délicate » pour mener sa politique monétaire.

L'Allemagne et la France en repli, des contrastes marqués

La composante industrielle allemande est repassée sous la barre symbolique des 50, à 49,9, confirmant un repli de l'activité. En France, la composante services est encore plus en difficulté, avec un score de 43, l'un des plus bas observés ces derniers mois. Ces chiffres reflètent une économie européenne en perte de vitesse, alors que les tensions géopolitiques et l'inflation persistent.

Les investisseurs, déjà nerveux, surveillent avec attention la situation au Moyen-Orient, où la guerre entre l'Iran et les États-Unis, toujours en cours au 84e jour, continue de peser sur les marchés. Le Pakistan multiplie les efforts de médiation, tandis qu'Israël intensifie ses frappes sur le Liban, aggravant un bilan humain déjà lourd. Dans ce contexte, la navigation dans le détroit d'Ormuz, sous contrôle iranien, reste un point de tension majeur pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Le baril de Brent reste ferme, alimentant les craintes inflationnistes

Le prix du baril de Brent s'échangeait hier autour de 105 dollars, un niveau élevé qui reflète les tensions persistantes sur l'approvisionnement énergétique. Cette fermeté des prix du pétrole a des répercussions directes sur les marchés obligataires, renforçant les craintes d'une inflation durable. Les autorités iraniennes ont d'ailleurs réaffirmé leur contrôle sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, exigeant désormais des autorisations pour les navires transitant par cette voie stratégique, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette situation géopolitique complexe pèse sur les anticipations des investisseurs, qui redoutent à la fois un ralentissement économique et une inflation persistante. Le marché obligataire réagit en conséquence, avec des rendements en hausse sur les Treasuries américains à 10 ans, qui dépassaient hier 4,60%.

Côté valeurs : Elior et Ubisoft en chute libre, Eutelsat en forte hausse

À Paris, deux valeurs ont particulièrement souffert hier. Elior a chuté de 26,76% après la publication d'un avertissement sur ses résultats (profit warning), tandis qu'Ubisoft a reculé de 2,28% malgré des efforts pour limiter les dégâts après l'annonce d'une perte nette annuelle record et des perspectives peu engageantes.

À l'inverse, Eutelsat a bondi de 22,46%, porté par l'effet « SpaceX » et les perspectives de croissance liées au secteur spatial. De l'autre côté de l'Atlantique, les indices américains ont terminé en légère hausse : le Dow Jones a progressé de 0,55%, le Nasdaq Composite de 0,09%, tandis que le S&P 500 a reculé de 0,17% à 7 445 points, malgré la baisse de NVidia (-1,77%) après la publication de ses résultats la veille.

Un marché des changes et des matières premières sous tension

Ce matin à 08h00, l'euro s'échangeait autour de 1,1620 dollar, tandis que le baril de WTI, autre référence majeure, se traitait à 99,16 dollars. Le VIX, indice de la volatilité du S&P 500, s'établissait à 17,44 à la clôture de la veille, confirmant un climat de prudence sur les marchés actions.

Les marchés restent donc très sensibles aux évolutions géopolitiques et économiques. Les investisseurs attendent avec attention les prochaines publications, notamment les données révisées de l'indice U-Mich de confiance des consommateurs américains, attendues ce vendredi à 16h00.

Et maintenant ?

À court terme, l'indice CAC 40 pourrait poursuivre ses oscillations autour des 8 000 points, avec un risque baissier vers 7 682 points en cas de rupture du support. Un franchissement des 8 362 points pourrait en revanche relancer la dynamique haussière. Les prochaines séances seront déterminantes, notamment en fonction de l'évolution des PMI et des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

La BCE, de son côté, se trouve dans une position complexe : entre la nécessité de lutter contre l'inflation et le risque d'étouffer une croissance déjà fragile. Les prochaines décisions monétaires, attendues dans les semaines à venir, pourraient peser lourdement sur la dynamique des marchés.

Analyse technique : un indice sous pression

D'un point de vue graphique, le test des 8 000 points en semaine 20 s'est soldé par un échec, libérant un potentiel baissier jusqu'à 7 682 points. Le gap baissier du 8 mai, en réponse directe au gap haussier du 6 mai, a envoyé un signal peu encourageant. Les analystes de BFM Bourse soulignent qu'il reste à voir si le pullback (rejet graphique) du 18 mai confirmera cette psychologie de marché. La situation reste très nerveuse à chaque approche de ce seuil symbolique.

Dans ce contexte, l'opinion des analystes de BFM Bourse sur l'indice CAC 40 à court terme est neutre. « Un franchissement des 8 362 points raviverait la tension à l'achat, tandis qu'une rupture des 7 940 points relancerait la pression vendeuse », estiment-ils.

Selon Chris Williamson, Chief Business Economist chez S&P Global Market Intelligence, « le secteur des services subit de plein fouet les répercussions de la guerre sur le coût de la vie, la hausse des prix de l'énergie ayant notamment fait chuter le niveau de la demande ». Les perturbations d'approvisionnement et la baisse de pouvoir d'achat des ménages expliquent cette contraction.

Le prix élevé du baril de Brent, à 105 dollars, alimente les craintes inflationnistes et pèse sur les marchés obligataires. Les rendements des obligations souveraines, comme les Treasuries américains à 10 ans, augmentent, ce qui renchérit le coût de la dette et peut freiner la croissance économique.