L’indice parisien a cédé du terrain vendredi 5 juin, sous la pression des anticipations d’un resserrement monétaire aux États-Unis. Selon BFM Bourse, le CAC 40 a clôturé en baisse de 0,32 %, à 8 218,24 points, après avoir brièvement progressé en milieu de séance.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 recule de 0,32 % à 8 218,24 points le 5 juin 2026, après un rapport sur l’emploi américain plus robuste que prévu.
  • Les États-Unis ont créé 172 000 emplois en mai 2026, contre 80 000 attendus, tandis que le taux de chômage reste stable à 4,3 %.
  • Les valeurs technologiques, notamment les semi-conducteurs, subissent de nouvelles pressions après des résultats décevants de Broadcom.
  • L’euro se déprécie face au dollar, tombant à 1,1525 $, tandis que le cours du pétrole recule légèrement.
  • Sur la semaine, le CAC 40 affiche une progression de 0,43 %.

Un rapport sur l’emploi américain qui relance les spéculations sur les taux

Le CAC 40 a perdu du terrain en fin de séance, après la publication du rapport sur l’emploi américain pour mai 2026. Selon les données officielles, l’économie américaine a enregistré 172 000 créations d’emplois le mois dernier, un chiffre bien supérieur aux 80 000 postes attendus par les économistes interrogés par le Wall Street Journal. Le taux de chômage, lui, s’est maintenu à 4,3 %, sans changement par rapport au mois précédent.

Cette surprise statistique a immédiatement relancé les spéculations autour d’une possible hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) avant la fin de l’année. « Une nouvelle fois, les chiffres de l’emploi américain, meilleurs que prévu dans un contexte d’inflation persistante, alimentent les anticipations d’une hausse des taux », soulignent les économistes d’ING. Ils précisent cependant que « la création d’emplois manque d’ampleur et que la croissance des salaires ralentit, ce qui signifie que les ménages subissent une pression financière croissante ».

Les semi-conducteurs en difficulté après les résultats de Broadcom

Côté corporate, le secteur des semi-conducteurs reste sous pression. Les investisseurs s’interrogent sur le rythme réel de croissance du secteur, après une année marquée par une envolée spectaculaire des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle. Ces doutes se sont encore renforcés après les résultats décevants du groupe américain Broadcom, un acteur clé du marché.

Dans ce contexte, les valeurs françaises du secteur ont lourdement chuté. Soitec a abandonné 6,29 %, tandis que STMicroelectronics reculait de 5,85 %. « Les craintes d’une bulle dans l’IA refont surface progressivement », analyse John Plassard, gestionnaire chez Cité Gestion. Bref, le marché semble prendre ses distances avec un secteur qui avait pourtant été l’un des moteurs de la croissance boursière en 2025.

Airbus résiste, Air France-KLM en retrait

Parmi les valeurs du CAC 40, Airbus a affiché une performance positive de 1,1 %, après avoir dévoilé ses livraisons d’appareils pour mai 2026. Ces chiffres « crédibilisent son objectif annuel de 870 avions livrés », a rappelé la direction. Un signal rassurant pour un groupe qui avait connu des mois difficiles en 2024 et 2025.

À l’inverse, Air France-KLM a reculé de 1,2 %, pénalisé par un abaissement de recommandation de la part de Barclays. La compagnie aérienne reste sous surveillance, dans un contexte de tensions sur les coûts et de demande volatile. Du côté des autres secteurs, Carrefour (+2,00 %), Sanofi (+1,98 %) et Hermès International (+2,31 %) ont enregistré des hausses significatives, portées par des performances opérationnelles solides ou des perspectives positives.

Le conflit au Moyen-Orient surveillé, mais sans impact immédiat

Sur le plan géopolitique, les marchés ont également suivi les dernières évolutions du conflit au Moyen-Orient. Selon Deutsche Bank, le président américain Donald Trump a critiqué un vote de la Chambre des représentants exigeant le retrait des troupes américaines d’Iran. Ce vote, jugé « symbolique » par les observateurs, n’a pas de portée contraignante en raison du droit de veto dont dispose le locataire de la Maison Blanche.

« Cela semblait indiquer que les négociations se poursuivaient et qu’un accord était peut-être proche », a commenté Deutsche Bank. Pour l’heure, aucun élément concret ne permet d’anticiper un dénouement rapide. Les investisseurs restent donc en attente de signaux forts, tant sur le plan économique que géopolitique.

L’euro et le pétrole en baisse

Sur le marché des changes, l’euro a perdu 0,7 % face au dollar, s’échangeant à 1,1525 $. Cette dépréciation reflète les anticipations de hausses de taux aux États-Unis, qui rendent le billet vert plus attractif. Du côté des matières premières, le pétrole a également reculé. Le contrat d’août sur le Brent a cédé 1,6 %, s’établissant à 93,54 $ le baril, tandis que le WTI a perdu 2,35 %, à 90,85 $.

Performance hebdomadaire positive, malgré la baisse du jour

Sur la semaine écoulée, le CAC 40 affiche une progression de 0,43 %, malgré la baisse enregistrée vendredi. Cette performance reste modeste, reflétant une volatilité persistante sur les marchés. Les investisseurs restent divisés entre les craintes d’un ralentissement économique et les espoirs d’une stabilisation des taux directeurs.

« Le marché reste dans l’expectative, entre des données économiques contrastées et des tensions géopolitiques persistantes », résume un analyste de BFM Bourse. Autant dire que la prudence reste de mise pour les prochains jours.

Et maintenant ?

La semaine prochaine s’annonce décisive, avec la publication des indices des prix à la consommation aux États-Unis et en zone euro. Ces données pourraient confirmer ou infirmer les anticipations de hausses de taux. Par ailleurs, les résultats d’entreprises du secteur technologique, attendus dans les prochains jours, pourraient apporter des éclairages sur la santé réelle de l’IA. Enfin, les négociations en cours au Moyen-Orient pourraient, si elles aboutissent, modifier l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués.

En attendant, les marchés restent sous haute surveillance. La volatilité pourrait persister, dans un contexte où chaque donnée économique ou politique est susceptible de faire basculer les anticipations. Une chose est sûre : les prochains jours seront déterminants pour la suite de l’année boursière.

Les résultats de Broadcom, publiés la semaine dernière, ont révélé un ralentissement de la croissance dans le secteur des semi-conducteurs, notamment dans les segments liés à l’intelligence artificielle. Les investisseurs craignent désormais que la demande ne soit pas aussi soutenue qu’anticipé, ce qui a provoqué un mouvement de vente sur l’ensemble du secteur, y compris en Europe.

Les prochaines publications clés incluent les indices des prix à la consommation aux États-Unis (11 juin) et en zone euro (12 juin), ainsi que les chiffres de l’inflation en Chine (9 juin). Ces données pourraient influencer les décisions des banques centrales et, par ricochet, les marchés actions.