« Je bois six litres d’eau par jour » : cette déclaration d’un employé du restaurant L’Epi’Curieux, situé dans le Vieux-Mans, illustre l’ampleur des conditions extrêmes subies dans les cuisines des établissements de restauration face à la canicule. Selon Ouest France, des relevés thermométriques effectués vendredi dernier ont révélé une température de 57°C dans la cuisine du restaurant, un niveau exceptionnel même pour la saison estivale.

Ce qu'il faut retenir

  • Une température de 57°C a été enregistrée dans la cuisine de L’Epi’Curieux, un restaurant du Vieux-Mans, vendredi dernier
  • Un employé déclare boire jusqu’à six litres d’eau par jour pour supporter la chaleur
  • Les établissements de restauration s’adaptent tant bien que mal aux conditions de travail extrêmes
  • La canicule aggrave les difficultés pour les employés exposés à des températures élevées en cuisine

Une cuisine transformée en four à 57°C

Le restaurant L’Epi’Curieux, installé dans le cœur historique du Mans, fait partie des nombreux établissements confrontés à la surchauffe des cuisines en période de canicule. Selon Ouest France, la température relevée dans la cuisine vendredi dernier a atteint 57°C, un niveau record qui interroge sur les conditions de travail des employés. « C’est invivable, mais on n’a pas le choix », confie un membre du personnel sous couvert d’anonymat.

Les fours, plaques de cuisson et autres appareils électroménagers dégagent une chaleur constante, tandis que l’absence de climatisation aggrave la situation. « Les clients ont l’air de souffrir, mais eux peuvent sortir prendre l’air. Nous, on reste enfermés ici pendant des heures », explique un cuisinier. Les employeurs tentent de s’adapter, mais les solutions restent limitées face à des températures aussi élevées.

Les travailleurs de la restauration en première ligne

Les employés des cuisines de restaurants sont particulièrement exposés aux risques liés à la chaleur, notamment les coups de chaleur et la déshydratation. « Je bois six litres d’eau par jour, et encore, c’est insuffisant », a témoigné un employé de L’Epi’Curieux auprès d’Ouest France. « On transpire tellement qu’on a l’impression de perdre plusieurs kilos par jour. »

Les syndicats et les représentants du secteur appellent depuis longtemps à renforcer les mesures de prévention dans les cuisines professionnelles. « Les normes actuelles ne prennent pas assez en compte les réalités des cuisines de restauration, où les températures peuvent dépasser largement les seuils supportables », souligne un responsable syndical. Pour l’instant, aucune mesure contraignante n’a été adoptée par les pouvoirs publics pour encadrer ces situations.

Des solutions improvisées pour limiter les risques

Face à l’urgence, certains établissements tentent de réduire les températures en cuisant des plats moins exigeants en chaleur ou en aménageant des pauses supplémentaires. « On a réduit le nombre de plats à la carte pour limiter l’utilisation des fours », explique le gérant de L’Epi’Curieux. « On a aussi installé des ventilateurs, mais ça ne suffit pas. »

Les employés, eux, adaptent leurs horaires et leur hydratation. Certains portent des gants réfrigérants ou des vêtements techniques pour limiter la transpiration. « On fait ce qu’on peut, mais c’est épuisant. À un moment, le corps ne suit plus », confie un cuisinier.

Et maintenant ?

Alors que les prévisions météo annoncent une nouvelle vague de chaleur pour les prochains jours, les professionnels de la restauration pourraient devoir revoir leurs méthodes de travail. Les syndicats appellent à l’adoption de mesures urgentes, comme l’installation de climatisation dans les cuisines ou la réduction des horaires en période de canicule. Reste à voir si les pouvoirs publics ou les fédérations professionnelles prendront des initiatives dans ce sens.

La question des conditions de travail en cuisine en période de canicule reste entière : jusqu’où les employés devront-ils s’adapter avant que des solutions concrètes ne soient mises en place ?

Les normes françaises, notamment le Code du travail, imposent aux employeurs de prendre des mesures pour protéger leurs salariés contre les risques liés à la chaleur. Cependant, il n’existe pas de seuil précis en degrés Celsius pour les cuisines. Les recommandations se limitent à des principes généraux, comme l’aménagement des postes de travail ou l’hydratation des employés.