Le thermomètre affiche des records. Selon Ouest France, la canicule qui s’abat sur la France à la fin du mois de juin 2026 pousse les établissements scolaires, les familles et les collectivités à des mesures d’urgence pour protéger les plus vulnérables. Une situation qui rappelle les contraintes du premier confinement lié au Covid-19 en 2020, mais cette fois sous l’effet d’une chaleur étouffante.
Ce qu'il faut retenir
- Des températures dépassant les 40°C dans plusieurs régions, selon les relevés de Météo-France.
- Des écoles fermées dans au moins 12 départements, notamment en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, où les classes sont évacuées dès 10 heures.
- Des cours organisés en forêt ou dans des salles climatisées, avec des effectifs réduits pour limiter les risques.
- 1 200 communes ont activé le niveau « vigilance rouge canicule », un chiffre inédit pour un mois de juin.
- Des familles optant pour l’exil vers des zones côtières ou des logements secondaires en bord de mer.
Des écoles contraintes de fermer ou de s’adapter
Dans le sud-ouest, où les températures ont dépassé les 42°C à Bordeaux et Toulouse, la préfecture de la Gironde a ordonné la fermeture de 85 établissements scolaires dès le 24 juin. « On ne peut pas exposer les enfants à des risques sanitaires », a justifié la rectrice de l’académie de Bordeaux, Sophie Béjean. Dans les Pyrénées-Atlantiques, certaines écoles ont délocalisé leurs cours en forêt, comme à Pau, où les élèves suivent les leçons à l’ombre des pins.
Cette organisation improvisée concerne aussi les crèches. À Bayonne, une crèche municipale a réduit ses effectifs de moitié et déplacé ses activités dans un parc public équipé de brumisateurs. « On a fait avec les moyens du bord, mais c’est loin d’être idéal », a confié la directrice, Claire Martin, à Ouest France.
Les familles fuient vers la fraîcheur des côtes
Face à la chaleur, certains parents ont choisi de quitter temporairement leur domicile. Selon une enquête menée par Ouest France auprès de 500 familles en Nouvelle-Aquitaine, près de 30 % ont opté pour un séjour en bord de mer, notamment dans les stations balnéaires de la Charente-Maritime ou des Landes. « On a loué une maison à Royan pour une semaine. Avec des enfants en bas âge, c’était la seule solution », explique Thomas Leroy, père de deux enfants de 3 et 5 ans.
Les routes vers les côtes sont saturées. Les péages de l’A10 affichent des bouchons de 30 km entre Bordeaux et La Rochelle, et les campings affûtent leur capacité d’accueil. « On a enregistré une hausse de 40 % des réservations par rapport à l’été dernier à la même période », indique Sophie Durand, porte-parole des campings de Lacanau.
Des mesures exceptionnelles pour les plus fragiles
Les Ehpad et les hôpitaux ont mis en place des protocoles renforcés. À l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, les services d’urgence ont vu affluer 28 % de patients supplémentaires liés à des coups de chaleur, notamment des personnes âgées. « Les lits en réanimation sont saturés, et nous manquons de personnel pour faire face », a déclaré le docteur Laurent Fabre, chef du service d’urgence. Les associations caritatives, comme la Croix-Rouge, ont déployé des 150 points de rafraîchissement dans les grandes villes, ouverts 24h/24.
« Cette canicule est un signal d’alarme. Le changement climatique n’est plus une projection, c’est une réalité que nous vivons au quotidien. »
— Isabelle Veissier, climatologue à l’INRAE
Cette vague de chaleur précoce pourrait s’inscrire dans la durée. Selon les projections de l’IPCC, les étés caniculaires pourraient devenir la norme d’ici 2030 en France. Autant dire que les prochains jours seront déterminants pour évaluer la résilience du pays face à ce nouveau défi climatique.