Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur particulièrement intense, le parti écologiste et ses alliés multiplient les propositions pour atténuer les effets des canicules. Selon Le Figaro, Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts, ainsi que plusieurs élus parisiens, ont publié une tribune dans Libération le 9 juin 2026 pour promouvoir un « droit à la fraîcheur » juridiquement contraignant, inspiré du droit opposable au logement.
Ce droit, qui s’inscrit dans un « congé climatique » de cinq jours maximum par an pour les travailleurs exposés, vise à garantir l’accès à des espaces frais et ombragés, ainsi qu’à des bâtiments publics adaptés. Les signataires dénoncent par ailleurs la réduction des financements de l’État, notamment la baisse du fonds vert, passée de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 650 millions en 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Un « droit à la fraîcheur » porté par les écologistes, incluant un « congé climatique » de cinq jours pour les travailleurs exposés aux canicules.
- Ce droit s’inspire du modèle du droit opposable au logement, avec une dimension « contraignante » pour l’État.
- Les propositions visent à garantir l’accès à l’ombre, aux espaces de baignade et aux bâtiments publics adaptés thermiquement.
- Les écologistes nuancent leur opposition historique aux climatiseurs, reconnaissant leur utilité dans certains lieux comme les écoles ou les hôpitaux.
- Le fonds vert, destiné à financer des mesures d’adaptation au changement climatique, a été réduit de 80 % entre 2024 et 2026.
- À New York, une coalition d’associations milite pour une réglementation imposant aux propriétaires de limiter la température intérieure à 25 °C.
Un « congé climatique » pour les travailleurs exposés
Face à l’intensification des vagues de chaleur, les écologistes proposent un « congé climatique » de cinq jours par an, destiné aux salariés dont l’activité se déroule en extérieur ou dans des environnements non climatisés. Selon Le Figaro, cette mesure s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’adaptation au changement climatique, alors que les températures atteignent des niveaux records dans plusieurs régions de France.
Les signataires de la tribune, dont David Belliard, maire du XIe arrondissement de Paris, Alice Timsit et Amina Niakaté, rappellent que ce « droit à la fraîcheur » doit être « opposable », c’est-à-dire assorti de garanties juridiques pour en assurer l’effectivité. « Mettre en place un plan national fraîcheur, c’est affirmer que nul ne peut en être privé, que l’État en est le garant », écrivent-ils.
Un droit à la fraîcheur : ombre, baignade et bâtiments adaptés
Les écologistes détaillent les contours de ce « droit à la fraîcheur » dans leur tribune. Celui-ci inclut le « droit à l’ombre partout », y compris via des arbres, considérés comme des « climatiseurs naturels performants ». Les espaces de baignade et les bâtiments publics adaptés thermiquement figurent également parmi les priorités. « Pour que ce droit ne reste pas un vœu », insistent-ils, il doit s’appuyer sur une « force contraignante », à l’image du droit au logement.
Cette approche s’inspire de modèles étrangers, comme à New York, où une coalition d’associations réclame une réglementation obligeant les propriétaires à maintenir une température intérieure maximale de 25 °C. En France, la loi du 5 mars 2007 sur le droit opposable au logement sert de référence juridique, avec des voies de recours pour les citoyens et une obligation de résultat pour les pouvoirs publics.
Les écologistes nuancent leur opposition aux climatiseurs
Historiquement critiques envers les climatiseurs, accusés d’aggraver les îlots de chaleur urbains et de peser sur le réseau électrique, les écologistes semblent aujourd’hui adopter une position plus pragmatique. Marine Tondelier a ainsi déclaré ce 21 juin 2026 : « La climatisation n’est ni un tabou ni une solution à tout. On ne va pas dire aujourd’hui : “on n’en met pas, ça coûte de l’énergie”. La réalité, c’est qu’il faut en urgence équiper les services publics, notamment les écoles et les hôpitaux. Il y a des endroits où on ne peut plus se passer de clim. »
En juin 2025, le conseil fédéral des Écologistes qualifiait pourtant ces dispositifs de « mal-adaptation » aux vagues de chaleur, soulignant que « la climatisation individuelle réchauffe les quartiers et pèse sur le réseau électrique ». Marine Tondelier avait alors expliqué : « Dans les centres-villes, quand vous refroidissez une pièce avec de la clim, l’air chaud est rejeté à l’extérieur, générant des îlots de chaleur. »
Des critiques virulentes contre la climatisation, mais des exceptions reconnues
À gauche, certains élus maintiennent une opposition ferme aux climatiseurs. Rodrigo Arenas, député LFI des Hauts-de-Seine, avait ainsi affirmé en juin 2025 que « la climatisation occasionne près de 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit près de trois fois plus que le transport aérien ». Il avait également critiqué le « lobbying pour la clim », répondant aux propositions de Marine Le Pen d’un « grand plan d’équipement pour la climatisation » par cette question : « Quelqu’un peut-il dire à Marine Le Pen que la clim contribue au réchauffement climatique et crée des îlots de chaleur ? »
En 2023, Sandrine Rousseau, élue écologiste, défendait quant à elle sur RMC la rénovation de l’isolation des bâtiments, affirmant : « On ne peut pas développer les climatiseurs, ils font partie du problème. » Les programmes politiques d’Europe Écologie-Les Verts, de La France Insoumise et du Parti Socialiste, lors des élections présidentielles de 2022 ou législatives de 2024 sous la bannière de la NUPES, ne mentionnaient d’ailleurs pas les climatiseurs parmi leurs mesures.
Les prochains mois seront donc décisifs pour évaluer la recevabilité de ces propositions, alors que les températures continuent de battre des records et que la pression sur les services publics, notamment les écoles et les hôpitaux, s’accroît.
Il s’agit d’un droit juridique garantissant à chaque individu l’accès à des températures raisonnables, notamment via l’ombre, des espaces frais ou des bâtiments adaptés. Inspiré du droit opposable au logement, il permettrait aux citoyens de saisir la justice en cas de manquement de l’État ou des collectivités.
Les écologistes considéraient que les climatiseurs individuels aggravaient les îlots de chaleur urbains et contribuaient au réchauffement climatique, en plus de peser sur le réseau électrique. Cependant, ils reconnaissent désormais leur utilité dans certains lieux comme les écoles ou les hôpitaux.