Près de **1 300 écoles** ont fermé leurs portes en France au début de cette semaine de canicule, tandis que celles encore ouvertes doivent adapter leurs locaux pour limiter les risques de coup de chaleur. Selon Le Figaro, des températures dépassant **35 °C** ont été relevées dans certaines salles de classe dès dimanche après-midi, alors que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a rappelé vendredi dernier que « toutes les dispositions devaient être prises pour protéger élèves et enseignants ».

Cette vague de chaleur, qui s’installe durablement sur le territoire, met en lumière les difficultés persistantes du système éducatif face aux épisodes caniculaires, alors que les solutions structurelles comme la climatisation restent encore marginales. Le quotidien précise par ailleurs que plusieurs convocations au baccalauréat ont été reportées en raison des conditions météo.

Ce qu'il faut retenir

  • 1 300 écoles fermées dès le début de la semaine en raison de la canicule, selon les données disponibles.
  • Des températures atteignant 35 °C dans certaines salles de classe dès dimanche après-midi, selon des relevés effectués dans des établissements parisiens.
  • Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a appelé vendredi à prendre « toutes les dispositions » pour protéger les élèves et les enseignants.
  • Plusieurs convocations pour le baccalauréat ont été reportées en raison des conditions climatiques.
  • Les climatiseurs restent encore peu répandus dans les établissements scolaires, malgré la récurrence des épisodes de canicule.
  • Les parents et les équipes éducatives adaptent leurs pratiques pour limiter les risques, mais la situation reste tendue.

Des salles de classe transformées en fourneaux malgré les mesures d’urgence

À Paris, devant l’école primaire Eugénie-Cotton dans le 19e arrondissement, les parents s’organisent dès 8 h 15 pour s’assurer que leurs enfants sont prêts à affronter la journée. « Tu as bien pris ta bouteille d’eau ? », interroge un père à sa fille de 8 ans. « Oui, j’ai aussi ma casquette », répond-elle, tandis que d’autres élèves, vêtus de shorts et de robes légères, s’alignent à l’ombre du trottoir. Le thermomètre affiche déjà 25 °C, mais les craintes portent sur l’évolution des températures dans les salles de classe.

« À la fin de la semaine dernière, on nous a annoncé 30 °C dans les classes. Avec les prévisions actuelles, je n’ose pas imaginer à combien le mercure pourrait grimper d’ici la fin de semaine », confie un autre parent, dont l’enfant est scolarisé dans une école maternelle du même groupe scolaire. Ces craintes ne sont pas infondées : selon les relevés effectués dimanche, certaines salles affichaient déjà plus de **35 °C** au moment où les établissements fermaient leurs portes.

Un ministère sous pression, des solutions encore limitées

Face à l’urgence, Édouard Geffray avait indiqué vendredi sur la plateforme X (ex-Twitter) que « toutes les dispositions » devaient être prises pour garantir la sécurité des élèves. Pourtant, les moyens déployés peinent à suivre l’intensité et la récurrence des vagues de chaleur. Les climatiseurs, bien que de plus en plus évoqués comme une solution indispensable, restent rares dans les établissements, notamment en raison de contraintes budgétaires et écologiques.

Cette situation relance le débat sur la nécessité d’investir massivement dans la climatisation des écoles, un sujet qui divise la classe politique. Les écologistes, tout en affichant une certaine réticence face à cette solution, défendent désormais un « droit à la fraîcheur » contraignant pour les établissements. De leur côté, les responsables locaux et les équipes éducatives doivent improviser : ventilation renforcée, cours déplacés en début ou fin de journée, annulation des activités sportives en extérieur… Autant de mesures qui soulignent, selon plusieurs enseignants, un système « qui bricole à chaque épisode caniculaire ».

Baccalauréat perturbé : des épreuves reportées faute de conditions acceptables

Outre les fermetures d’écoles, la canicule a également des répercussions directes sur les épreuves du baccalauréat. Selon Le Figaro, plusieurs convocations ont été reportées pour permettre aux établissements de s’adapter aux températures élevées et d’éviter tout risque pour les candidats. Ces reports, bien que ponctuels, illustrent l’impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes sur le calendrier scolaire.

Les rectorats ont pour consigne de privilégier les salles les plus fraîches et de limiter les temps d’attente en extérieur pour les épreuves écrites. Une organisation qui, si elle évite le pire, n’en reste pas moins précaire, alors que les prévisions annoncent une poursuite de la canicule dans les prochains jours.

Et maintenant ?

Alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur précoce, les autorités devraient annoncer dans les prochains jours des mesures complémentaires pour les établissements scolaires. Une circulaire ministérielle, attendue avant la fin de la semaine, pourrait préciser les modalités d’adaptation pour les semaines à venir. Parallèlement, le débat sur l’équipement en climatisation des écoles devrait s’intensifier, notamment dans les régions les plus exposées aux épisodes caniculaires. Reste à voir si ces annonces s’accompagneront de financements dédiés ou si les établissements devront, une fois encore, composer avec des moyens limités.

Pour les familles, la question des solutions pérennes se pose avec acuité. Beaucoup s’interrogent : comment protéger durablement les enfants des canicules à répétition, alors que les infrastructures actuelles peinent à suivre ? La rentrée scolaire de septembre pourrait, à ce titre, devenir un nouveau terrain de confrontation entre les attentes des parents, les contraintes budgétaires et les impératifs écologiques.

En attendant, les prochains jours s’annoncent décisifs pour évaluer l’efficacité des mesures d’urgence mises en place. Une chose est sûre : avec l’aggravation des phénomènes météorologiques extrêmes, le système éducatif français devra, tôt ou tard, trouver des réponses structurelles.

Plusieurs établissements misent sur la ventilation naturelle renforcée, l’installation de stores extérieurs, ou encore le report des cours aux heures les plus fraîches de la journée. Certains utilisent également des brumisateurs ou des ventilateurs portatifs, bien que ces solutions restent limitées face à des températures dépassant 30 °C.

Les reports sont pour l’instant temporaires et dépendent des conditions locales. Chaque rectorat évalue au cas par cas les possibilités de reprogrammer les épreuves, en concertation avec les centres d’examen concernés. Une décision définitive sera prise en fonction de l’évolution des températures.