Les quelque 450 000 électeurs cap-verdiens sont appelés aux urnes ce dimanche 17 mai 2026 pour renouveler les 72 sièges de l’Assemblée nationale. Ce scrutin législatif déterminera ensuite le nom du Premier ministre, en fonction de la majorité obtenue par les différents partis. Selon RFI, le camp sortant, mené par le Premier ministre Ulisses Correia e Silva et son Mouvement pour la démocratie (MPD), affronte une opposition historique : le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), dirigé par Francisco Carvalho, actuel maire de Praia, la capitale.
Ce qu'il faut retenir
- 72 députés à élire ce dimanche 17 mai 2026 au Cap-Vert pour former la nouvelle Assemblée nationale
- Le MPD, mené par le Premier ministre sortant Ulisses Correia e Silva, affronte le PAICV de Francisco Carvalho, maire de Praia
- Le résultat déterminera le nom du futur Premier ministre du pays
- Ces deux partis dominent la vie politique cap-verdienne depuis l’indépendance en 1975
Un duel politique récurrent depuis des décennies
Le Cap-Vert, archipel d’Afrique de l’Ouest indépendant depuis 1975, vit au rythme d’une vie politique marquée par l’alternance entre le MPD et le PAICV. Selon RFI, ces deux formations se disputent systématiquement la majorité à l’Assemblée, chacune ayant déjà gouverné à tour de rôle. Le MPD, classé au centre droit, a remporté les dernières élections en 2021, permettant à Ulisses Correia e Silva de conserver son poste de Premier ministre. De son côté, le PAICV, héritier du mouvement d’indépendance, reste le principal parti d’opposition, avec Francisco Carvalho comme figure centrale.
Un enjeu national : la stabilité politique et économique
Ce scrutin intervient dans un contexte où le Cap-Vert cherche à consolider sa réputation de démocratie stable en Afrique. Le pays mise sur son secteur touristique et ses investissements dans les énergies renouvelables pour soutenir sa croissance. « Le choix des électeurs portera sur les orientations économiques et sociales que le pays doit privilégier dans les années à venir », a indiqué un analyste politique cap-verdien à RFI. Le futur Premier ministre devra notamment gérer les défis liés à la transition énergétique et à la diversification de l’économie, après plusieurs années de ralentissement liées à la crise sanitaire.
Les deux principaux candidats ont axé leurs campagnes sur des promesses similaires : relance économique, création d’emplois et amélioration des services publics. Pourtant, leurs approches diffèrent. Le MPD met en avant son bilan en matière de réformes structurelles, tandis que le PAICV critique les inégalités persistantes et propose un plan de redistribution plus marqué.
Une campagne marquée par la mobilisation citoyenne
Les observateurs notent une participation citoyenne élevée pour ce scrutin, avec une forte implication des jeunes et des associations locales. Selon les dernières estimations de RFI, près de 60 % des électeurs inscrits sont attendus dans les bureaux de vote, un taux qui pourrait dépasser celui des dernières élections. Les débats télévisés et les meetings ont été suivis par une large audience, reflétant l’importance accordée à ces législatives par la population.
Les questions de transparence et de lutte contre la corruption ont également été au cœur des échanges. Plusieurs partis, dont le PAICV, ont promis de renforcer les mécanismes de contrôle si ils accèdent au pouvoir. « La crédibilité de nos institutions dépendra de notre capacité à répondre aux attentes des Cap-Verdiens », a souligné Francisco Carvalho lors d’un meeting à Praia.
Quelle que soit l’issue du scrutin, ce rendez-vous démocratique renforcera ou remettra en cause l’équilibre politique d’un pays souvent cité en exemple en Afrique. Les Cap-Verdiens, habitués à une alternance paisible entre les deux grands partis, attendent désormais les choix de leurs représentants pour les quatre prochaines années.
Le Premier ministre cap-verdien, nommé par l’Assemblée nationale après les élections législatives, est le chef du gouvernement. Il dirige la politique intérieure et extérieure du pays, supervise l’action des ministères et propose les grandes orientations économiques et sociales. Son mandat est lié à celui de la législature, soit quatre ans.