Cécile Rajngewic, une rescapée d’Auschwitz-Birkenau âgée aujourd’hui de 95 ans, a été déportée à l’âge de 13 ans après avoir été dénoncée par une personne non identifiée. Selon Ouest France, cette habitante de Vouvant, en Vendée, est l’une des dernières enfants encore en vie ayant connu l’horreur du camp nazi. Pour la première fois, elle a accepté de témoigner publiquement, révélant des détails inédits sur son arrestation et sa survie.
Ce qu'il faut retenir
- Cécile Rajngewic, déportée à 13 ans en 1944, est une des dernières enfants survivantes d’Auschwitz-Birkenau.
- Elle vivait à Vouvant, en Vendée, avec sa sœur Fanny avant d’être dénoncée et arrêtée.
- Elle a survécu à la déportation et n’avait presque jamais témoigné publiquement avant cette rencontre.
- Son témoignage, recueilli par Ouest France, éclaire un pan méconnu de l’histoire locale et nationale.
Une arrestation dans l’ombre, près de 80 ans après les faits
En 1944, Cécile Rajngewic et sa sœur Fanny se réfugient dans le village de Vouvant, en Vendée, où elles espèrent échapper à la traque des Juifs organisée par le régime de Vichy et l’occupant allemand. Pourtant, leur cachette ne suffit pas : quelqu’un les dénonce. « J’ignore toujours qui a pu nous trahir », confie-t-elle à Ouest France. Arrêtées, elles sont transférées vers le camp d’internement de Drancy, puis déportées à Auschwitz-Birkenau, où seule Cécile survivra à la Shoah.
Un silence de décennies, brisé pour transmettre
Pendant près de huit décennies, Cécile Rajngewic n’avait que rarement évoqué son expérience. « On ne parle pas de ces choses-là facilement », explique-t-elle. Pourtant, face à la disparition progressive des derniers témoins de la déportation, elle a accepté de rompre le silence. Son récit, recueilli par Ouest France, offre un témoignage brut sur la réalité des arrestations en zone rurale et les mécanismes de la déportation. — Autant dire que son parcours, longtemps resté dans l’ombre, éclaire un épisode peu documenté de l’histoire française.
Vouvant, un village marqué par l’histoire
Le village de Vouvant, situé en Vendée, est aujourd’hui connu pour son patrimoine médiéval. Pourtant, en 1944, il fut le théâtre d’une histoire bien plus sombre. La dénonciation de Cécile et Fanny Rajngewic s’inscrit dans un contexte où des milliers de Juifs, même réfugiés en zone rurale, restaient vulnérables. Selon les archives locales citées par Ouest France, plusieurs familles juives avaient trouvé refuge dans la région, espérant échapper à la rafle. Leur arrestation rappelle l’efficacité du système de dénonciation, qui permit aux nazis de localiser et déporter des milliers de personnes.
Un témoignage pour les générations futures
Cécile Rajngewic insiste sur l’importance de transmettre son histoire. « Il faut que les jeunes sachent ce qui s’est passé », déclare-t-elle. Son récit s’ajoute à ceux d’autres survivants, comme Simone Veil ou Elie Wiesel, pour rappeler l’horreur de la Shoah. Selon Ouest France, son témoignage a été recueilli dans le cadre d’un projet visant à préserver la mémoire des déportés originaires de Vendée et des Deux-Sèvres. Une initiative qui prend une urgence particulière à l’heure où les derniers témoins directs disparaissent.
Reste à voir si son histoire inspirera de nouvelles recherches sur les réseaux de résistance et de dénonciation en zone rurale pendant la Seconde Guerre mondiale. Une chose est sûre : son récit rappelle que l’horreur nazie n’a pas épargné les campagnes, et que chaque détail compte pour comprendre l’étendue de la Shoah.
Selon Ouest France, la rescapée a expliqué qu’il lui avait fallu des décennies pour surmonter l’épreuve et trouver la force de raconter son histoire. Elle a également souligné que le devoir de mémoire, devenu plus urgent avec la disparition des derniers témoins, l’a finalement incitée à briser le silence.
D’après Ouest France, Cécile Rajngewic ignore toujours l’identité de la personne qui l’a dénoncée. À l’époque, les dénonciations étaient fréquentes, et peu de dossiers ont donné lieu à des poursuites après la Libération, faute de preuves ou de témoignages suffisants.