Ce mercredi 20 mai 2026, la Centrafrique participe aux célébrations de la Journée mondiale de l’abeille, une initiative instaurée en 2017 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) afin de souligner l’importance cruciale de ces insectes pollinisateurs dans l’équilibre des écosystèmes et la sécurité alimentaire mondiale. Selon RFI, le pays mise sur des projets locaux pour préserver ces acteurs essentiels de la biodiversité, notamment dans des villages comme Mboko, situé à 17 kilomètres à l’est de Bangui.
Ce qu'il faut retenir
- La Journée mondiale de l’abeille, célébrée chaque 20 mai depuis 2017, vise à sensibiliser sur le rôle des abeilles dans la pollinisation et la santé planétaire.
- En Centrafrique, des communautés locales s’engagent activement dans la protection des abeilles et la promotion d’une apiculture durable.
- Le village de Mboko, à 17 km de Bangui, incarne ces efforts par la conjugaison de savoir-faire traditionnel et d’initiatives modernes.
La date du 20 mai n’a pas été choisie au hasard. Elle coïncide avec l’anniversaire d’Anton Janša, apiculteur slovène du XVIIIe siècle, considéré comme un pionnier de l’apiculture moderne. En Centrafrique, comme ailleurs, les abeilles sont bien plus que de simples insectes : elles sont des maillons indispensables à la survie de nombreuses cultures. « Sans elles, des cultures comme le café, le cacao ou les fruits locaux seraient menacées », rappelle un spécialiste en agronomie interrogé par RFI. Autant dire que leur déclin entraînerait des répercussions économiques et écologiques majeures dans un pays où l’agriculture représente près de 60 % du PIB.
Dans le village de Mboko, les habitants ont fait de la protection des abeilles une priorité. Les ruchettes en terre cuite, héritage des techniques ancestrales, côtoient désormais des ruches modernes en bois, installées dans des zones boisées éloignées des zones d’habitation. « On a appris à ne plus brûler les forêts pour cultiver, car cela détruit les habitats des abeilles », explique Marie-Gabrielle Koyamba, une apicultrice locale. Elle souligne aussi l’importance de la formation : « Des ateliers sont organisés chaque trimestre pour enseigner aux jeunes les bonnes pratiques de l’apiculture. »
Les initiatives ne se limitent pas à la préservation des essaims. Des programmes de reboisement sont menés en collaboration avec des ONG internationales, tandis que des coopératives locales commercialisent le miel produit, offrant une source de revenus complémentaire aux ménages. Selon les chiffres de la FAO, la production de miel en Centrafrique a augmenté de 15 % entre 2020 et 2025, grâce à ces dynamiques. « On voit une prise de conscience progressive », confirme un responsable du ministère de l’Environnement, qui rappelle que le pays abrite plus de 500 espèces d’abeilles, dont certaines endémiques.
Des défis persistants malgré les avancées
Malgré ces efforts, des obstacles subsistent. La pression foncière et l’extension des terres agricoles réduisent les espaces naturels propices à la nidification. Les pesticides, bien que réglementés, restent un risque pour les colonies. « On a encore des cas d’intoxication, surtout pendant la saison des pluies », confie un apiculteur de Mboko. Par ailleurs, les violences communautaires dans certaines régions du pays perturbent parfois les activités apicoles. « Quand les routes sont coupées, on ne peut plus acheminer les ruches ou former les villageois », explique un membre d’une association partenaire.
Pourtant, les acteurs locaux refusent de baisser les bras. Des projets financés par l’Union européenne visent à renforcer les capacités des apiculteurs et à cartographier les zones à haut potentiel pollinifère. Un réseau national de surveillance des colonies d’abeilles a également été lancé en 2024, en partenariat avec des universités locales. « L’objectif est de mieux comprendre les migrations des abeilles et leurs besoins », précise un chercheur de l’Université de Bangui.
Pour l’instant, les habitants de Mboko continuent leur combat au quotidien. « Chaque ruche que l’on sauve, c’est un peu de notre avenir que l’on préserve », confie Marie-Gabrielle Koyamba. En cette Journée mondiale des abeilles, leur message résonne bien au-delà des frontières du pays : la protection de ces insectes n’est pas une option, mais une nécessité.
Selon les dernières estimations de la FAO, la production annuelle de miel en Centrafrique s’élève à environ 1 200 tonnes, un chiffre en hausse grâce aux programmes d’apiculture durable mis en place ces dernières années.