Plusieurs acteurs économiques ont partagé leur inquiétude face à l’inflation persistante lors d’un forum organisé par BFMTV, selon BMF - International. Propriétaires de commerces, agriculteurs, producteurs et responsables politiques ont tour à tour alerté sur l’impact de la hausse des coûts, des marges réduites et des difficultés d’approvisionnement.
Ce qu'il faut retenir
- Les propriétaires de crêperies et garages dénoncent une inflation qui menace leur viabilité économique.
- Les professionnels du secteur agroalimentaire soulignent des marges insuffisantes et des coûts de production en hausse.
- La députée Danièle Obono (LFI) appelle à une meilleure répartition des superprofits liés aux crises géopolitiques.
- Le Liban reste une priorité diplomatique pour la France, selon la ministre chargée de la Francophonie.
- Donald Trump revendique l’efficacité du blocus sur le détroit d’Ormuz.
Des restaurateurs sous pression face à la hausse des coûts
Médéric, propriétaire de plusieurs crêperies, a tiré la sonnette d’alarme sur l’inflation qui frappe aussi les restaurateurs. « L’inflation est valable aussi pour les restaurateurs », a-t-il souligné, rappelant que la hausse des prix des matières premières et de l’énergie pèse lourdement sur leur trésorerie. Un constat partagé par Joao, garagiste, qui a expliqué que son activité ne serait plus viable sans une clientèle composée majoritairement d’entreprises. « Les gens roulent moins », a-t-il précisé, ajoutant que la baisse du nombre de clients particuliers avait des répercussions directes sur son chiffre d’affaires.
L’agroalimentaire en première ligne face à la crise
Côté production, les acteurs du secteur avicole dénoncent une situation alarmante. Laurent, producteur de volailles, a alerté sur la disparition des producteurs français : « Les producteurs ne produisent plus et ça va empirer ». Domenico, artisan, a pointé du doigt les choix politiques : « Si on avait privilégié nos éleveurs, on aurait assez de poulet, de fruits et légumes ». Corinne, en reconversion professionnelle, a fait part d’une observation contrastée : « Chez moi, la viande est moins chère en boucherie qu’au supermarché », un paradoxe qui illustre les tensions sur les circuits de distribution.
Florian, agriculteur, a évoqué les sacrifices imposés par la crise. « On réfléchit à faire des économies sur l’alimentation, mais c’est notre santé, c’est le plus important », a-t-il déploré. Sabrina, en reconversion, a dénoncé le comportement des distributeurs : « À chaque fois qu’il y a une crise, les distributeurs en profitent et c’est nous les consommateurs qui sommes pris au piège ». Tidjan, étudiant, a rappelé un principe fondamental : « L’alimentation est un droit qu’on devrait tous avoir, de pouvoir bien se nourrir ».
Une géopolitique qui aggrave les tensions économiques
Les tensions au Moyen-Orient ont également été évoquées comme un facteur aggravant. Philippe, directeur d’une structure d’aide à domicile, a indiqué que son entreprise payait « environ 900 euros de plus par mois » en carburant depuis le début des hostilités. Mikaa Blugeon-Mered, enseignant, a souligné l’enjeu des importations : « Il y a un enjeu de gérer la question des imports ». De son côté, Donald Trump a revendiqué l’efficacité du blocus sur le détroit d’Ormuz : « Notre blocus a été infaillible », a-t-il déclaré, sans préciser les conséquences de cette mesure sur les prix du pétrole.
La députée Danièle Obono (La France insoumise) a appelé à une régulation des superprofits générés par les crises internationales. « Il faut demander à ceux qui ont profité de la guerre, qui ont fait des milliards de superprofits, d’accepter que leur marge soit un peu moins grande », a-t-elle déclaré. Une proposition qui s’inscrit dans un débat plus large sur la justice économique et la redistribution des richesses.
Une pauvreté déjà élevée avant la guerre en Iran
Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement National, a rappelé que la pauvreté en France atteignait déjà des niveaux records avant le conflit en Iran. « Avant la guerre en Iran, le taux de pauvreté en France était déjà à un record depuis 1996 », a-t-il indiqué, soulignant que la crise actuelle ne faisait qu’aggraver une situation déjà précaire pour de nombreux ménages.
Pour les acteurs économiques touchés, la priorité reste la survie de leur entreprise. « Si on avait des marges plus stables, on pourrait investir et embaucher », a résumé un artisan rencontré lors du forum. Une phrase qui résume à elle seule l’enjeu de cette crise : l’équilibre entre compétitivité et justice sociale.
Les secteurs les plus touchés sont ceux des restaurateurs, des garages, de l’agroalimentaire (notamment les producteurs de volailles) et des structures dépendantes des carburants comme les services à domicile.
La députée Danièle Obono (LFI) a proposé que les entreprises ayant réalisé des superprofits grâce aux crises internationales acceptent de réduire leurs marges, afin de limiter l’impact sur les consommateurs.