Alors que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, affirmait mardi 19 mai 2026 être « très rassuré » quant aux conditions de détention du journaliste français Christophe Gleizes, le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, appelle à un « dialogue de fermeté » avec l’Algérie. Selon Franceinfo - Culture, le député RN du Nord dénonce l’inefficacité de la stratégie française actuelle et réclame des mesures plus fermes, notamment sur le sort de Christophe Gleizes, incarcéré depuis près d’un an en Algérie, ou encore sur la question des OQTF (obligations de quitter le territoire français).

Ce qu'il faut retenir

  • Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie depuis mai 2025, a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » après avoir couvert un reportage en Kabylie.
  • Sébastien Chenu, vice-président du RN, exige un « dialogue de fermeté » avec Alger, incluant des rétentions de visas ou de crédits si nécessaire, pour obtenir la libération de Gleizes.
  • Gérald Darmanin, en déplacement à Alger lundi 18 mai 2026, a déclaré se sentir « très rassuré » sur les conditions de détention de Gleizes, dans un contexte de réchauffement des relations franco-algériennes.
  • Depuis février 2026, seulement 150 laissez-passer consulaires ont été délivrés par l’Algérie pour des ressortissants sous OQTF, alors que 51 000 Algériens en situation irrégulière ont été contrôlés en France.
  • Sébastien Chenu critique la gestion politique des relations avec Alger, évoquant une « construction de discours » en vue de l’élection présidentielle de 2027.

Un journaliste détenu depuis près d’un an en Algérie

Christophe Gleizes, spécialiste des questions sportives, a été interpellé en mai 2025 en Kabylie alors qu’il réalisait un reportage. Condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », il est incarcéré depuis près d’un an sans perspective de libération immédiate. Selon Franceinfo - Culture, cette détention s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Paris et Alger, malgré les efforts récents de rapprochement diplomatique. Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national et député du Nord, a réagi mardi 19 mai 2026 sur franceinfo pour dénoncer cette situation et appeler à une réaction plus ferme de la part de l’État français.

« Christophe Gleizes n’a rien à faire derrière les barreaux algériens. Il faut avoir un dialogue de fermeté avec l’État algérien. Il faut avoir dans ce dialogue de fermeté la capacité à faire de la rétention de visas si besoin, de la rétention de crédits, de coopération si besoin. Il faut aussi que l’Algérie comprenne qu’elle doit nous rendre immédiatement notre compatriote », a déclaré Sébastien Chenu.

Gérald Darmanin « très rassuré » sur les conditions de détention

Gérald Darmanin, ministre de la Justice, s’est rendu à Alger lundi 18 mai 2026 pour évoquer, entre autres, le cas de Christophe Gleizes. À l’issue de ce déplacement, il a affirmé être « très rassuré » quant aux conditions de détention du journaliste français. Ce voyage s’inscrit dans une série de déplacements ministériels français en Algérie, après ceux du ministre de l’Intérieur puis de la ministre déléguée aux Armées, visant à améliorer la coopération bilatérale. Cependant, Sébastien Chenu estime que ces efforts restent insuffisants et ne produisent aucun résultat tangible.

Pour le député RN, la stratégie actuelle de la France envers l’Algérie est marquée par un manque de fermeté. « Il n’y a jamais eu de bras de fer. Il n’y a jamais eu de résultats », a-t-il souligné, ajoutant que « rien n’est réglé ». Il cite notamment le cas des ressortissants algériens sous OQTF, dont le retour est jugé trop lent par les autorités françaises.

150 laissez-passer contre 51 000 Algériens en situation irrégulière

Depuis février 2026, l’Algérie n’a délivré que 150 laissez-passer consulaires à des ressortissants algériens sous OQTF, alors que 51 000 Algériens en situation irrégulière ont été contrôlés en France sur la même période. Sébastien Chenu utilise cette disproportion pour illustrer son propos : « On peut vider l’océan avec une cuillère à café, (...) on ne verra pas les résultats. » Il dénonce une politique trop conciliante, qui, selon lui, ne fait que renforcer les attentes algériennes sans obtenir de concessions.

Sur les réseaux sociaux, il a partagé un message clair : « Le gouvernement vide l’océan avec une cuillère à café ! Face à l’Algérie, il faut imposer un bras de fer et un vrai rapport de force. »

Des tensions persistantes malgré le réchauffement diplomatique

Les relations entre la France et l’Algérie connaissent une période de réchauffement, marquée par des déplacements ministériels et une reprise de la « coopération judiciaire opérationnelle ». Pourtant, Sébastien Chenu estime que cette approche est avant tout politique et vise à « dégager la problématique algérienne avant les présidentielles ». Il critique ainsi la gestion de ce dossier sensible, qu’il juge trop timorée.

Pour le vice-président du RN, les tensions persistent en raison de divergences structurelles. « L’Algérie est irritée par le fait qu’il y a un certain nombre de dissidents ou de contestataires algériens sur notre sol qui continuent à parler. Et nous, nous avons des irritants qui sont plus que des irritants, les OQTF, et Christophe Gleizes qui est retenu », a-t-il expliqué. Il souligne ainsi le double standard perçu par Alger dans les relations bilatérales.

Et maintenant ?

La question d’un « bras de fer » avec l’Algérie pourrait s’intensifier dans les semaines à venir, notamment à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Sébastien Chenu a d’ores et déjà indiqué que le RN continuerait à faire pression pour une approche plus ferme, tant sur la question des OQTF que sur celle de Christophe Gleizes. Du côté du gouvernement, la priorité reste la poursuite du dialogue, tout en surveillant de près l’évolution de cette affaire, qui pourrait influencer la campagne électorale.

Reste à voir si cette stratégie de fermeté portera ses fruits ou si elle conduira à une escalade des tensions entre Paris et Alger. Une chose est sûre : le dossier de Christophe Gleizes ne manquera pas de resurgir dans le débat public, alors que son cas continue de mobiliser les associations de défense des droits humains et les médias.

Christophe Gleizes a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » après avoir couvert un reportage en Kabylie en mai 2025. Les autorités algériennes lui reprochent d’avoir relayé des positions qualifiées de favorables au terrorisme, une accusation qu’il conteste.

Le député RN propose d’appliquer un « dialogue de fermeté » incluant des rétentions de visas, de crédits ou de coopération si nécessaire, afin d’obtenir la libération de Christophe Gleizes et accélérer le retour des Algériens sous OQTF. Il critique la politique actuelle, jugée trop conciliante.