« Ça m’embêtait de poursuivre dans une école qui ne serait pas la meilleure. » Cette déclaration, rapportée par plusieurs anciens étudiants de l’Université de Saint-Gall (Suisse), illustre la perception qu’ont certains candidats des classements internationaux des formations supérieures. Selon Le Monde, ces palmarès, notamment celui du Financial Times, jouent depuis quinze ans un rôle central dans la stratégie de communication de l’établissement, qui y occupe régulièrement la première place dans la catégorie des meilleurs masters en management.
Ce qu'il faut retenir
- Depuis 2011, l’Université de Saint-Gall truste la première place du classement mondial des masters en management du Financial Times.
- Ce classement sert d’outil marketing pour l’établissement suisse, selon des observateurs et anciens étudiants cités par Le Monde.
- L’université est accusée d’utiliser ce palmarès pour renforcer sa notoriété internationale, malgré les critiques sur la méthodologie employée.
- Le classement du Financial Times prend en compte des critères comme l’employabilité des diplômés, l’internationalisation et la satisfaction des anciens élèves.
Pour l’Université de Saint-Gall, ce classement représente bien plus qu’un simple indicateur de qualité. Comme le rappelle Le Monde, la publication annuelle du Financial Times a permis à l’établissement suisse de se positionner comme une référence mondiale en matière de management. Depuis 2011, l’université occupe systématiquement la première place dans la catégorie des masters en management, une performance qui a contribué à attirer des étudiants et des partenariats internationaux. — Autant dire que, pour un établissement dont les frais de scolarité s’élèvent à plus de 40 000 francs suisses par an, ce classement est devenu un argument commercial de premier plan.
Pourtant, cette vitrine médiatique n’est pas sans susciter des interrogations. Plusieurs anciens étudiants, interrogés par Le Monde, ont exprimé des réserves sur la pertinence réelle de ce classement. « Ça m’embêtait de poursuivre dans une école qui ne serait pas la meilleure », a confié l’un d’eux, soulignant ainsi l’influence que peut exercer ce type de palmarès sur les choix des futurs étudiants. — Certains critiquent en effet la méthodologie du Financial Times, qui pondère certains critères de manière discutable et ne reflète pas nécessairement la qualité pédagogique globale des formations.
« Le classement du Financial Times est avant tout un instrument marketing pour l’Université de Saint-Gall. » — Un ancien étudiant cité par Le Monde
La méthodologie du classement du Financial Times repose sur plusieurs indicateurs, dont l’employabilité des diplômés trois ans après leur sortie, le salaire moyen perçu, ou encore l’internationalisation de l’établissement. — Pour l’Université de Saint-Gall, ces critères ont joué en sa faveur, lui permettant de devancer des institutions comme HEC Paris ou l’ESSEC dans ce palmarès. Pourtant, des experts en éducation ont déjà pointé du doigt le caractère parfois subjectif de ces évaluations, qui peuvent favoriser les écoles disposant de réseaux d’anciens élèves particulièrement actifs.
Cette affaire soulève une question plus large sur l’influence des classements internationaux dans le choix des formations supérieures. Si certains étudiants les considèrent comme un gage de qualité, d’autres, comme ceux interrogés par Le Monde, y voient avant tout un outil de communication. — Une chose est sûre : tant que ces palmarès continueront d’exister, les établissements, comme l’Université de Saint-Gall, n’hésiteront pas à en faire un argument central de leur stratégie de recrutement.
Le classement du Financial Times des masters en management prend en compte plusieurs critères, dont l’employabilité des diplômés (30 %), le salaire moyen trois ans après l’obtention du diplôme (20 %), l’internationalisation de l’établissement (15 %) et la satisfaction des anciens élèves (15 %). Les données sont collectées via des enquêtes auprès des écoles et des anciens étudiants.