La compagnie électrique nationale cubaine a annoncé jeudi 14 mai 2026 qu’une panne massive avait privé d’électricité sept des quinze provinces du pays, plongeant à nouveau l’île dans l’obscurité. Selon BFM Business, la déconnexion partielle du réseau s’est produite à 6h09, heure locale (11h00, heure de Paris), dans un contexte de restrictions drastiques de carburant imposées par Washington.

Ce qu'il faut retenir

  • Une panne électrique massive a privé d’électricité sept provinces sur quinze à Cuba, selon la compagnie nationale UNE.
  • La déconnexion s’est produite à 6h09 (11h00, heure de Paris) ce jeudi 14 mai 2026.
  • Les restrictions de carburant imposées par les États-Unis aggravent une crise énergétique déjà profonde.
  • À La Havane, les coupures dépassent désormais 19 heures par jour, selon les experts de l’ONU.
  • Un seul pétrolier russe a pu accoster à Cuba depuis fin janvier, apportant une cargaison de 100 000 tonnes de brut.

L’île, soumise à un blocus énergétique américain, subit une crise électrique « tendue » depuis plusieurs jours. La situation s’est particulièrement dégradée en raison de pénuries de combustible, essentiel au fonctionnement des centrales thermiques qui produisent la majorité de l’électricité du pays. « À 6h09 (11h00 heure de Paris) s'est produit une déconnexion partielle du réseau » électrique, a indiqué la compagnie nationale d’électricité (UNE) dans un communiqué publié sur son site internet.

Parmi les provinces touchées figurent des régions clés comme Santiago de Cuba, Holguín ou encore Granma, toutes situées dans l’est du pays. Cette nouvelle panne survient alors que Cuba tente de faire face à une situation énergétique de plus en plus précaire. Depuis le 16 mars 2026, une coupure généralisée avait déjà plongé l’ensemble de l’île dans le noir, illustrant la fragilité d’un système électrique dépendant de centrales vieillissantes et de livraisons irrégulières de pétrole.

Les centrales thermiques, dont certaines fonctionnent depuis plus de quarante ans, subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance. Depuis fin janvier, Washington limite drastiquement les livraisons de carburant à Cuba, autorisant un seul pétrolier russe à accoster fin mars avec une cargaison de 100 000 tonnes de brut. Un répit de courte durée, car les besoins du pays dépassent largement cette quantité.

À La Havane, la capitale, les coupures quotidiennes dépassent désormais 19 heures, et dans plusieurs provinces, les pannes s’étendent sur des journées entières. « La plupart des Cubains passent donc plus de temps sans électricité qu’avec », constate-t-on sur place. Les habitants doivent s’adapter à ce nouveau quotidien, où l’accès à l’eau potable, aux soins et à l’éducation est régulièrement perturbé.

Cette situation a provoqué des manifestations sporadiques dans la capitale. Mercredi soir, des centaines d’habitants ont manifesté leur colère en faisant du bruit avec des casseroles, malgré une forte présence policière. Un témoin cité par Reuters a confirmé que des rassemblements avaient eu lieu dans plusieurs quartiers de La Havane, sans que les autorités ne communiquent sur d’éventuelles interpellations.

Les experts de l’ONU ont tiré la sonnette d’alarme début mai en qualifiant le blocus pétrolier imposé par les États-Unis de « privation énergétique » aux « conséquences graves » pour les droits de l’homme. Dans un communiqué, trois rapporteurs spéciaux des Nations unies ont souligné que « Cuba est soumise à une privation énergétique imposée par les États-Unis, une situation dans laquelle le manque de carburant paralyse le fonctionnement des services essentiels nécessaires à une vie digne ».

« En privant la population de l'énergie nécessaire au fonctionnement des services essentiels, ce décret (...) porte atteinte à ses droits à l'alimentation, à l'éducation, à la santé, ainsi qu'à l'eau et à l'assainissement. »

Communiqué des experts de l’ONU, début mai 2026

Selon eux, le système de santé cubain recense désormais plus de 96 000 interventions chirurgicales en attente, dont 11 000 pour des enfants, tandis que des retards dans le programme national de vaccination ont touché des milliers de nourrissons. Les infrastructures sanitaires, déjà fragilisées, peinent à fonctionner normalement en raison des coupures répétées. « L'utilisation de la privation d'énergie comme outil de coercition est incompatible avec les normes internationales en matière de droits de l'homme », ont-ils ajouté.

La situation humanitaire se dégrade également dans d’autres secteurs. L’approvisionnement en eau potable est régulièrement interrompu, tout comme le transport et les communications. Les entreprises locales, déjà en difficulté, voient leur productivité chuter, aggravant une crise économique qui dure depuis des années. Le blocus américain, renforcé depuis le début de l’année, limite non seulement l’accès au pétrole, mais aussi aux pièces détachées et aux technologies nécessaires au maintien des infrastructures.

Et maintenant ?

Pour les prochaines semaines, aucune amélioration significative n’est attendue. Les autorités cubaines ont appelé la population à économiser l’énergie au maximum, mais les solutions à long terme dépendent largement de la levée des sanctions américaines ou de l’obtention de nouveaux approvisionnements. Une réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, prévue en juin 2026, pourrait aborder la question de l’impact du blocus sur la population civile. Dans l’immédiat, les Cubains devront continuer à composer avec des coupures prolongées et une précarité énergétique croissante.

Cette nouvelle panne survient dans un contexte où les tensions entre Washington et La Havane restent vives, notamment sur la question des droits de l’homme et de la démocratie. Les autorités américaines justifient les restrictions par la nécessité de faire pression sur le gouvernement cubain, tandis que ce dernier dénonce une politique « asphyxiante » qui touche en premier lieu la population.

Alors que l’été approche, avec des températures souvent élevées, les risques de surchauffe des équipements et d’aggravation des pannes ne font qu’ajouter à la pression. Les Cubains, habitués depuis des décennies à vivre dans l’incertitude, doivent une fois de plus faire preuve de résilience face à une crise qui ne semble pas près de s’achever.

Reste à voir si des négociations en coulisses, ou une éventuelle médiation internationale, pourraient débloquer la situation d’ici les prochains mois. En attendant, l’île continue de s’adapter à ce nouveau cycle de pénuries, où l’ombre du manque de courant plane plus que jamais sur le quotidien de ses habitants.

Washington impose ces restrictions depuis début 2026 dans le cadre de son embargo renforcé contre le gouvernement cubain. Les autorités américaines justifient ces mesures par des raisons de politique étrangère, visant à faire pression sur le régime en place pour qu’il adopte des réformes démocratiques. Cette politique est critiquée par plusieurs pays et organisations, qui y voient une atteinte aux droits de la population cubaine.

D’après la compagnie nationale UNE, sept provinces sur quinze ont été privées d’électricité. Parmi les régions concernées figurent Santiago de Cuba, Holguín et Granma, toutes situées dans l’est du pays. Ces zones sont particulièrement vulnérables en raison de leur dépendance aux centrales thermiques et de leur éloignement des rares sources d’approvisionnement en carburant.