Alors que le gouvernement affichait jusqu’ici une certaine réticence à encourager l’installation des pompes à chaleur air-air, jugées moins performantes que leurs cousines géothermiques, une volte-face est en cours. Comme le rapporte Ouest France, l’exécutif s’apprête désormais à réduire la TVA sur ces équipements, une mesure qui pourrait accélérer leur adoption par les ménages français.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement baisse la TVA sur les pompes à chaleur air-air, passant de 20 % à 10 % pour encourager leur installation
  • Ces équipements, autrefois considérés comme peu efficaces par l’État, sont désormais reconnus pour leur utilité face aux canicules répétées
  • La mesure vise à soutenir la transition énergétique et à réduire la dépendance aux énergies fossiles
  • Les particuliers pourront bénéficier de cette baisse dès septembre 2026, sous conditions

Une volte-face motivée par l’urgence climatique

Longtemps perçues comme un pis-aller face aux pompes à chaleur géothermiques ou aux systèmes de climatisation classiques, les pompes à chaleur air-air subissaient un manque d’engouement de la part des pouvoirs publics. Pourtant, avec l’intensification des épisodes caniculaires en France, ces équipements apparaissent désormais comme une solution pragmatique pour rafraîchir les logements sans recourir à des climatiseurs énergivores. Ouest France souligne que cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la consommation énergétique des bâtiments, responsables de près de 45 % des émissions de CO₂ en France.

Interrogé sur cette évolution, un conseiller du ministère de la Transition écologique a indiqué : « Les pompes à chaleur air-air ne sont plus considérées comme un simple gadget, mais comme un outil utile et nécessaire pour adapter nos logements aux nouvelles réalités climatiques ». Une reconnaissance tardive, mais qui pourrait bien marquer un tournant dans les politiques publiques.

Quels changements concrets pour les ménages ?

À partir de septembre 2026, les particuliers qui souhaitent installer une pompe à chaleur air-air pourront bénéficier d’une TVA réduite à 10 %, contre 20 % auparavant. Cette baisse représente une économie significative, alors que le coût moyen d’un tel équipement oscille entre 5 000 et 10 000 euros. Selon les estimations du gouvernement, cette mesure pourrait concerner jusqu’à 300 000 installations par an d’ici 2028, un volume susceptible de dynamiser un secteur encore émergent.

Pour en profiter, les ménages devront respecter plusieurs critères : l’équipement doit être installé par un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), et le logement doit être construit depuis plus de deux ans. Les aides MaPrimeRénov’ et les certificats d’économie d’énergie (CEE) pourront, en outre, être cumulés avec cette réduction de TVA, offrant ainsi un coup de pouce financier supplémentaire aux ménages les plus modestes.

Un secteur en pleine mutation

Le marché des pompes à chaleur air-air reste encore marginal en France, représentant à peine 5 % des ventes de systèmes de chauffage et de climatisation. Pourtant, les professionnels du secteur saluent cette décision, qui pourrait relancer une filière encore fragile. « Cette mesure va donner un coup de fouet à notre activité », a déclaré le président de l’association des professionnels de la pompe à chaleur (AFPAC), tout en précisant que « la formation des installateurs et la qualité des équipements restent des enjeux majeurs ».

Côté constructeurs, certains acteurs comme Daikin ou Atlantic ont déjà adapté leur stratégie commerciale pour profiter de ce nouveau créneau. Des offres promotionnelles sont d’ailleurs prévues dès l’automne prochain, afin d’accompagner la transition. Autant dire que les prochains mois s’annoncent décisifs pour un secteur appelé à jouer un rôle clé dans la stratégie énergétique française.

Et maintenant ?

La mise en œuvre de cette baisse de TVA, effective à partir de septembre 2026, devrait être accompagnée d’un suivi strict pour éviter les dérives. Le gouvernement a annoncé qu’un bilan serait dressé d’ici la fin 2027, afin d’évaluer l’impact réel de cette mesure sur le marché et sur les émissions de CO₂. Par ailleurs, d’autres ajustements réglementaires pourraient voir le jour, notamment pour renforcer les normes de performance des équipements éligibles.

Alors que les canicules s’intensifient et que la facture énergétique des Français continue de peser sur leur pouvoir d’achat, cette décision marque un pas supplémentaire vers une adaptation des politiques publiques aux réalités climatiques. Reste à voir si cette mesure suffira à convaincre les réticents ou si d’autres leviers devront être actionnés pour accélérer la transition.

La pompe à chaleur air-air puise les calories dans l’air extérieur pour chauffer ou rafraîchir l’air intérieur, via des ventilo-convecteurs. Elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire. À l’inverse, la pompe à chaleur air-eau récupère la chaleur de l’air pour alimenter un circuit de chauffage central (radiateurs ou plancher chauffant) et peut également produire de l’eau chaude. Cette dernière est plus performante mais aussi plus coûteuse à installer.