La Colombie s’apprête à désigner son prochain président ce dimanche 21 juin lors du second tour d’un scrutin marqué par une campagne serrée. Selon RFI, Iván Cepeda, candidat de la gauche et figure de proue du Pacte historique, aborde ce rendez-vous électoral dans une position moins favorable qu’attendu. Favori des intentions de vote avant le premier tour du 31 mai, il se retrouve désormais distancé dans les sondages, à quelques heures du scrutin.

Ce recul inattendu intervient après une campagne de second tour jugée difficile, au cours de laquelle son adversaire, issu des rangs de la droite, a su mobiliser un électorat plus large. Autant dire que la surprise est de taille pour le candidat, dont le programme reposait sur un dialogue exigeant avec les groupes armés et une refonte des politiques de sécurité et de justice sociale.

Ce qu'il faut retenir

  • Iván Cepeda, candidat de la gauche colombienne, était donné favori avant le premier tour du 31 mai 2026.
  • Après une campagne de second tour difficile, il apparaît désormais distancé dans les sondages avant le scrutin du 21 juin 2026.
  • Son programme met l’accent sur le dialogue avec les groupes armés et une approche alternative en matière de sécurité.
  • La Colombie doit élire son président pour un mandat de quatre ans lors de ce second tour.

Un candidat en recul après un premier tour prometteur

Lors du premier tour, organisé le 31 mai dernier, Iván Cepeda avait réalisé une performance remarquée. Avec près de 30 % des suffrages, il s’était imposé comme le candidat le plus en vue parmi les onze prétendants au palais de Nariño. Selon les analyses de RFI, son avance était alors confortable, même si la fragmentation de l’échiquier politique colombien laissait planer une incertitude sur les reports de voix en vue du second tour.

Pourtant, depuis cette date, la dynamique électorale a basculé. Les derniers sondages publiés par des instituts colombiens et relayés par RFI placent désormais Cepeda derrière son rival, avec un écart estimé entre 5 et 8 points. Cette inversion de tendance s’explique notamment par une mobilisation accrue de l’électorat conservateur et par une campagne de second tour jugée moins percutante que celle de son adversaire.

Un programme fondé sur le dialogue et la justice sociale

Sur le fond, Iván Cepeda incarne une ligne politique radicalement différente de celle de ses prédécesseurs. Son projet repose sur deux piliers principaux : la négociation avec les groupes armés, notamment les dissidences des FARC et l’Esercito de Liberación Nacional (ELN), ainsi que la réforme des institutions judiciaires et policières, souvent critiquées pour leur corruption et leur brutalité.

« La paix ne se construit pas par la répression, mais par la justice et le dialogue », avait-il déclaré lors d’un meeting à Bogotá le 10 juin. Une position qui lui a valu le soutien d’une partie de la société civile, mais aussi des critiques acerbes de la droite, qui lui reproche de vouloir « négocier avec des criminels ».

Une campagne marquée par les tensions et les divisions

La campagne de second tour a été émaillée de tensions. Les meetings de Cepeda ont parfois été perturbés par des contre-manifestations, tandis que son adversaire a mis en avant les risques d’une politique perçue comme trop conciliante envers les groupes armés. Selon RFI, les débats télévisés ont révélé un clivage profond entre les deux visions de la Colombie : l’une prônant une approche sécuritaire renforcée, l’autre défendant une sortie de crise par la négociation.

Bref, l’enjeu dépasse désormais le simple cadre électoral. Il s’agit de trancher entre deux modèles de société, dans un pays encore marqué par des décennies de conflit armé et de violence politique.

Et maintenant ?

Quels que soient les résultats, la Colombie s’apprête à vivre une période charnière. Si Cepeda l’emporte, son élection pourrait marquer un tournant dans la politique de sécurité nationale, avec des négociations à engager rapidement avec les groupes armés. À l’inverse, une victoire de son rival maintiendrait la ligne dure adoptée ces dernières années, avec un risque de durcissement des tensions internes.

Les observateurs s’attendent à une mobilisation record des électeurs, dans un contexte où l’abstention pourrait jouer un rôle décisif. Les premiers résultats sont attendus dès la fermeture des bureaux de vote à 16 heures, heure locale.

Reste à voir si les promesses de changement portées par Cepeda trouveront un écho suffisant auprès des Colombiens pour inverser la tendance. Une chose est sûre : le scrutin du 21 juin s’inscrit comme l’un des plus disputés de l’histoire récente du pays.