Un nouveau drame secoue la Colombie. Mateo Pérez, journaliste local, a été retrouvé sans vie vendredi 8 mai dans le département d’Antioquia, alors qu’il enquêtait dans une zone sous l’influence de groupes armés. Selon Ouest France, son assassinat serait lié à l’exploitation illégale de l’or, un secteur souvent contrôlé par des acteurs armés. Ce drame survient alors que le pays reste marqué par une violence endémique, malgré les accords de paix signés avec certaines guérillas.

Ce qu'il faut retenir

  • Mateo Pérez, journaliste colombien, porté disparu depuis mardi 5 mai, a été retrouvé mort le vendredi 8 mai 2026 dans le département d’Antioquia.
  • Son assassinat serait attribué à un individu lié à l’exploitation illégale d’or, selon les déclarations du président Gustavo Petro.
  • La zone où le journaliste enquêtait est sous influence de groupes armés, un contexte récurrent en Colombie.
  • Ce meurtre rappelle les risques encourus par les professionnels des médias dans les régions instables du pays.

Un journaliste porté disparu avant d’être retrouvé mort

Le corps de Mateo Pérez a été découvert vendredi 8 mai dans le département d’Antioquia, une région du nord-ouest de la Colombie souvent secouée par des conflits entre guérillas, milices et forces de l’ordre. Selon les informations rapportées par Ouest France, le journaliste avait disparu trois jours plus tôt, mardi 5 mai, alors qu’il menait une enquête dans cette zone sous tension. Les circonstances de sa disparition n’avaient pas été immédiatement élucidées, alimentant l’inquiétude quant à son sort.

Son assassinat présumé a été confirmé par les autorités locales, qui ont engagé des investigations pour déterminer les responsabilités. Ce drame intervient dans un contexte où les journalistes colombiens sont régulièrement menacés en raison de leurs investigations sur des sujets sensibles, notamment l’exploitation minière illégale et les activités des groupes armés.

Un meurtre lié à l’exploitation illégale d’or, selon le président

Le président colombien Gustavo Petro a pointé du doigt l’implication d’un individu lié à l’exploitation illégale d’or dans l’assassinat de Mateo Pérez. Dans une déclaration reprise par Ouest France, il a affirmé que le journaliste aurait été tué en raison de ses investigations sur ce secteur lucratif, souvent contrôlé par des acteurs armés ou des groupes criminels. L’orpaillage illégal représente un enjeu majeur en Colombie, générant des revenus estimés à plusieurs centaines de millions de dollars par an.

Ce secteur est également au cœur de violences, les groupes armés se disputant le contrôle des mines et des routes de contrebande. Les journalistes qui enquêtent sur ces sujets s’exposent donc à des représailles, comme en témoignent les nombreux cas de menaces et d’homicides recensés ces dernières années.

Antioquia, une région sous tension depuis des décennies

Le département d’Antioquia, où le drame s’est produit, est l’un des plus peuplés et des plus stratégiques de Colombie. Longtemps marqué par la présence des FARC avant leur désarmement en 2016, la région reste aujourd’hui sous l’influence de groupes dissidents, de l’ELN (Armée de libération nationale) et de milices criminelles. Ces acteurs se livrent des combats pour le contrôle des territoires, des ressources et des routes du trafic.

La présence de l’exploitation minière illégale, notamment de l’or, ajoute une couche supplémentaire de violence. Les communautés locales, les défenseurs de l’environnement et les journalistes sont souvent pris pour cible lorsqu’ils dénoncent ces activités ou leurs conséquences. Selon les ONG, plus de 200 journalistes ont été tués en Colombie depuis les années 1980, faisant du pays l’un des plus dangereux au monde pour les professionnels des médias.

Et maintenant ?

Les autorités colombiennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier les responsables de l’assassinat de Mateo Pérez et établir les motivations précises de ce meurtre. Une enquête parallèle devrait également évaluer les liens entre son travail d’investigation et les groupes impliqués dans l’exploitation minière illégale. Dans un pays où l’impunité reste élevée, notamment pour les crimes contre les journalistes, la pression internationale pourrait jouer un rôle clé pour garantir une enquête transparente.

Ce drame soulève à nouveau la question de la sécurité des journalistes en Colombie, un sujet qui devrait être au cœur des débats lors de la prochaine session de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), prévue en juin 2026.

Ce meurtre rappelle une fois de plus les dangers encourus par ceux qui osent braquer les projecteurs sur les zones d’ombre de la Colombie. Reste à savoir si cette fois-ci, les autorités parviendront à briser le cycle de l’impunité qui frappe si souvent les crimes contre les professionnels des médias.

La Colombie est considérée comme l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes en raison de la présence persistante de groupes armés, de milices criminelles et de l’impunité quasi systématique pour les crimes commis contre les professionnels des médias. Les journalistes qui enquêtent sur des sujets sensibles, comme l’exploitation minière illégale, le narcotrafic ou les violations des droits humains, s’exposent à des représailles. Selon Reporters sans frontières, plus de 200 journalistes ont été tués dans le pays depuis 1986.