La Conférence de Bonn sur le changement climatique (SB64) s’est achevée ce 18 juin 2026, posant les jalons de la COP31 qui se tiendra en Türkiye en novembre prochain. Selon Euronews FR, cette rencontre annuelle des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a permis de dégager des pistes concrètes, malgré des divergences persistantes.
Ce qu'il faut retenir
- Un objectif mondial d’électrification proposé par la Türkiye pour porter la part de l’électricité dans la demande finale d’énergie de 20 % aujourd’hui à 35 % d’ici 2035.
- Des progrès sur le Mécanisme de Belém Antalya (BAM), cadre visant à intégrer la « transition juste » dans les plans climatiques nationaux.
- Un blocage des discussions sur le triplement des financements pour l’adaptation climatique, notamment en raison de l’absence des États-Unis lors des négociations.
- Simon Stiell, secrétaire exécutif d’ONU Climat, a appelé les gouvernements à agir rapidement sur les questions les plus sensibles avant la COP31.
En clôturant les débats, Simon Stiell a souligné que « des divergences importantes subsistent, et un travail considérable nous attend pendant la période intermédiaire ». Il a cependant salué « un réel sérieux dans le traitement des questions clés et une détermination à trouver des solutions ». Ces propos, rapportés par Euronews FR, reflètent le double visage des négociations : des avancées réelles, mais aussi des blocages persistants.
L’électrification au cœur des débats : un levier pour accélérer la sortie des énergies fossiles ?
La COP30, tenue l’an dernier au Brésil, avait été critiquée pour l’absence de feuille de route claire concernant la sortie des énergies fossiles. À Bonn, une idée nouvelle a émergé en marge des discussions formelles : un objectif mondial d’électrification. Portée par la Türkiye, qui coorganisera la COP31 avec l’Australie, cette proposition vise à augmenter la part de l’électricité dans la demande finale d’énergie, passant de « un peu plus de 20 % aujourd’hui à 35 % d’ici 2035 », comme l’a précisé Euronews FR.
Cette initiative a été accueillie avec prudence par Climate Action Network (CAN) Europe. Özlem Katısöz, coordinatrice des politiques pour la Türkiye au sein du réseau, a rappelé que cet objectif devait s’appuyer « sur les énergies renouvelables et les gains d’efficacité, et non sur la prolongation de l’usage des combustibles fossiles via de nouvelles infrastructures ou de fausses solutions ».
Parallèlement, Simon Stiell a confirmé que la présidence de la COP31 avait annoncé de nouveaux objectifs dans le cadre de son programme d’action. Ceux-ci portent sur « l’électrification, la résilience et l’efficacité des villes, ainsi que sur la gestion des déchets ». Ces mesures, présentées comme aussi essentielles que les négociations formelles, devraient compléter les travaux en cours.
La transition juste : un enjeu central pour une action climatique équitable
Autre avancée notable : les négociateurs ont progressé sur la mise en œuvre du Mécanisme de Belém Antalya (BAM). Ce cadre, conçu pour aider les pays à intégrer les principes de « transition juste » dans leurs plans climatiques nationaux, couvre plusieurs dimensions : la reconversion des travailleurs, la diversification économique, et les modalités de déploiement des financements climat. Il devrait figurer parmi les principaux résultats de la COP31.
James Trinder, coordinateur des politiques climatiques internationales à CAN Europe, a estimé que « Bonn a montré que la transition juste n’est pas une question périphérique : elle est au cœur de la capacité à mener l’action climatique à la vitesse et à l’échelle requises, sans que personne ne soit laissé de côté ». Il a appelé l’UE à contribuer à la mise en place d’un mécanisme solide lors de la COP31, non pas sous la forme d’un nouveau fonds, mais comme un outil pour garantir que les financements existants parviennent là où ils sont nécessaires.
Financement de l’adaptation climatique : un blocage qui inquiète
En revanche, les discussions sur l’accord adopté à la COP30, visant à tripler les financements internationaux pour l’adaptation climatique, se sont enlisées à Bonn. Cette situation fait craindre que des différends politiques non résolus ne se reportent sur la COP31. Selon CAN Europe, l’absence des États-Unis des salles de négociation aurait incité d’autres pays riches à revoir à la baisse leurs engagements financiers.
Sven Harmeling, responsable climat de CAN Europe, a rappelé avec force que « le financement climatique n’est pas un geste facultatif de bonne volonté, c’est le socle même de la coopération climatique mondiale ». Il a pointé du doigt les coupes budgétaires observées dans certains États membres de l’UE, soulignant qu’elles « envoient exactement le mauvais signal ».
Simon Stiell a également mis en garde contre tout recul sur les engagements existants. Il a rappelé aux délégués que « toutes les Parties doivent être à l’aise et confiantes pour réaffirmer nos engagements mondiaux existants, sans sélectionner uniquement ceux qui les arrangent tactiquement sur le moment ». Il a visé en particulier les promesses relatives aux pertes et préjudices, au financement climatique et au triplement des financements pour l’adaptation.
Stiell a exhorté les gouvernements à ne pas attendre le prochain cycle officiel de négociations pour trouver un terrain d’entente. « Je vous demande d’associer vos ministres dès que possible, dans les semaines et mois à venir, a-t-il déclaré, en particulier sur les questions les plus épineuses ».
Alors que les débats sur l’électrification et la transition juste progressent, le sort des financements pour l’adaptation climatique reste incertain. La pression sera forte sur les négociateurs pour éviter que les blocages actuels ne se transforment en échecs à la COP31. Les prochaines réunions préparatoires, prévues avant novembre, devront permettre de clarifier les positions et de dégager des compromis.
L’objectif est de porter la part de l’électricité dans la demande finale d’énergie de 20 % aujourd’hui à 35 % d’ici 2035, selon les chiffres avancés lors de la conférence de Bonn.