Marine Tondelier, cheffe de file des Écologistes et candidate déclarée à l’élection présidentielle de 2026, a relancé le débat sur le congé climatique en France. Lors des célébrations du 1er mai, elle a proposé la création d’un congé climatique payé de cinq jours par an, destiné aux salariés ne pouvant recourir au télétravail. Cette mesure, inspirée par l’expérience espagnole, s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’adaptation du marché du travail aux enjeux environnementaux, comme le rapporte Reporterre.
En Espagne, le congé climatique existe déjà depuis 2024, mais son application n’a pas été sans heurts. Le patronat local a en effet manifesté des réticences face à cette avancée sociale, soulignant les défis économiques que pourrait engendrer une telle mesure pour les entreprises. La proposition française, bien que récente, s’appuie donc sur un retour d’expérience concret, où les avantages et les limites du dispositif commencent à se dessiner.
Ce qu'il faut retenir
- Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle 2026, propose un congé climatique payé de cinq jours par an en France.
- Cette idée s’inspire du modèle espagnol, en vigueur depuis 2024, mais qui a suscité des résistances du patronat.
- Le congé vise à permettre aux salariés de participer à des activités liées à la transition écologique, notamment lorsqu’ils ne peuvent pas télétravailler.
- En Espagne, le dispositif a été adopté malgré l’opposition des organisations patronales, offrant un premier bilan à observer.
Une proposition portée par Marine Tondelier dans un contexte politique tendu
Lors de la fête du Travail, Marine Tondelier a officialisé sa proposition de congé climatique, un thème qu’elle compte placer au cœur de sa campagne présidentielle. Selon ses propos, cette mesure permettrait aux salariés de s’engager dans des projets locaux — reforestation, rénovation énergétique ou encore sensibilisation aux enjeux climatiques — sans subir de perte de salaire. « Il s’agit de donner les moyens à chacun de contribuer concrètement à la transition écologique, sans que cela ne pénalise leur situation professionnelle », a-t-elle indiqué à l’issue de son allocution.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les questions environnementales occupent une place croissante dans le débat public, notamment après les épisodes de canicules précoces et les catastrophes naturelles qui ont marqué les dernières années. Le congé climatique pourrait ainsi devenir un outil supplémentaire pour répondre à l’urgence écologique, tout en offrant une réponse sociale aux travailleurs les plus exposés aux aléas climatiques.
L’Espagne, un laboratoire pour le congé climatique en Europe
Depuis 2024, l’Espagne est le premier pays européen à avoir instauré un congé climatique, une mesure saluée par les défenseurs de l’environnement mais critiquée par une partie du monde économique. D’après Reporterre, le gouvernement espagnol a acté ce droit dans le cadre de sa loi sur le climat, reconnaissant ainsi l’importance de mobiliser la société civile dans la lutte contre le réchauffement. Les salariés peuvent désormais bénéficier de cinq jours par an pour des activités liées à la protection de l’environnement, sous réserve d’obtenir l’accord de leur employeur.
Cependant, les syndicats et les associations écologistes espagnoles pointent du doigt les limites de ce dispositif. D’une part, son application reste inégale selon les secteurs d’activité et la taille des entreprises. D’autre part, le patronat a obtenu des aménagements, notamment en limitant le nombre de jours et en excluant certaines professions jugées essentielles. Bref, si l’Espagne a ouvert la voie, le modèle reste perfectible.
Quels pourraient être les obstacles en France ?
En France, l’idée d’un congé climatique soulève plusieurs interrogations, à commencer par son financement. Contrairement à l’Espagne, où le congé est pris en charge par l’État, le projet de Marine Tondelier n’a pas encore précisé le mode de financement envisagé. Les syndicats, comme la CFDT ou la CGT, pourraient s’opposer à une mesure perçue comme une charge supplémentaire pour les entreprises, déjà confrontées à des difficultés économiques.
Autre point de vigilance : l’accueil réservé par le patronat. En Espagne, les organisations patronales ont dénoncé un « dispositif coûteux et peu efficace », craignant une désorganisation des services. En France, le Medef a d’ores et déjà fait savoir qu’il étudiait la proposition avec prudence, tout en rappelant que la priorité devait rester la compétitivité des entreprises. Les négociations, si elles aboutissent, s’annoncent donc ardues.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large, où plusieurs pays européens réfléchissent à des dispositifs similaires. L’Allemagne et les pays nordiques, notamment, observent avec attention l’expérience ibérique. Autant dire que la question du congé climatique pourrait bien s’imposer comme un sujet central des prochaines années, au-delà des frontières françaises.