Alors que la France affronte un nouvel épisode de canicule intense, la question d’un « congé climatique » refait surface dans le débat public. Sabrina Sebaihi, députée écologiste et sociale, ainsi que Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts (EELV), défendent cette proposition face aux risques sanitaires encourus par les travailleurs en extérieur. Selon BFM - Politique, Sabrina Sebaihi a rappelé ce lundi 22 juin 2026 que « on ne va laisser des personnes mourir sur des chantiers », soulignant l’urgence d’agir face aux températures record.

Ce qu'il faut retenir

  • 1 352 établissements scolaires fermés ce 22 juin 2026 en raison de la canicule, d’après Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
  • Sabrina Sebaihi, députée écologiste, propose un congé climatique pour les travailleurs exposés à des conditions extrêmes.
  • Marine Tondelier (EELV) a relayé cette idée, estimant qu’elle pourrait s’appliquer « pour les situations extrêmes ».
  • Le ministre de l’Éducation a confirmé que « l’écrasante majorité des élèves » convoqués aux examens passeront comme prévu, malgré les fermetures.
  • Emmanuel Macron s’est entretenu avec Sébastien Lecornu sur la gestion de la canicule avant la Fête de la Musique à l’Élysée.

Une proposition née du constat des risques sanitaires

Face à l’intensification des vagues de chaleur, Sabrina Sebaihi (LFI-NUPES) a réitéré son soutien à un dispositif de congé climatique. Interrogée par BFM - Politique, elle a insisté sur la nécessité de protéger les travailleurs des chantiers, rappelant que les températures extrêmes peuvent entraîner des coups de chaleur mortels. « Nous ne pouvons plus ignorer que des vies sont en jeu », a-t-elle déclaré, tout en critiquant l’inaction du gouvernement. Son appel intervient alors que les prévisions météorologiques annoncent des pics à plus de 40°C dans plusieurs régions françaises.

De son côté, Marine Tondelier (EELV) a proposé une version ciblée de ce congé, réservée aux « situations extrêmes ». Selon elle, ce mécanisme pourrait s’inspirer des dispositifs existants pour les travailleurs en milieu hostile, comme ceux des plateformes pétrolières ou des mines. « Il faut une réponse proportionnée à l’urgence climatique », a-t-elle expliqué, tout en rappelant que les canicules de 2022 et 2023 avaient déjà causé des centaines de décès en France.

Le gouvernement entre fermetures scolaires et gestion de crise

La canicule a déjà des répercussions concrètes sur le fonctionnement des établissements scolaires. D’après Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, 1 352 écoles ou établissements ont été fermés ce 22 juin 2026, principalement dans les départements les plus touchés par la chaleur. Le ministre a toutefois rassuré sur la tenue des examens, affirmant que « l’écrasante majorité des élèves » convoqués passeront leurs épreuves comme prévu. Il a précisé que les fermetures visaient à protéger les élèves et les personnels, sans compromettre l’organisation des concours nationaux.

Parallèlement, le gouvernement tente de coordonner sa réponse. Emmanuel Macron s’est entretenu avec Sébastien Lecornu, ministre de la Transition écologique, sur les mesures à mettre en place pour limiter l’impact de la canicule. Avant la Fête de la Musique à l’Élysée, le président a évoqué la nécessité d’une « réponse fondamentalement déclinée au niveau local », selon les termes du ministre de l’Éducation. Cette approche décentralisée soulève cependant des questions sur l’homogénéité des mesures appliquées sur le territoire.

Un débat qui dépasse le cadre des canicules

Derrière la question du congé climatique se profile une réflexion plus large sur l’adaptation du marché du travail aux bouleversements climatiques. Les syndicats, comme la CGT ou Solidaires, appellent depuis des années à une meilleure protection des travailleurs exposés. Pour Sabrina Sebaihi, cette proposition s’inscrit dans une logique plus large de « droit à la déconnexion climatique », permettant aux salariés de refuser des conditions de travail dangereuses en cas de canicule ou d’épisode de pollution intense.

Côté employeurs, la mesure divise. Si certains secteurs, comme le BTP ou l’agriculture, reconnaissent les risques, d’autres craignent des perturbations économiques. Un patronat interrogé par BFM - Politique a souligné que « l’application d’un congé climatique généralisé pourrait désorganiser des chantiers entiers », notamment en pleine période de travaux estivaux. Le gouvernement n’a pour l’heure pas tranché, se contentant de rappeler que les employeurs avaient « l’obligation légale de protéger leurs salariés » en cas de températures extrêmes.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient être explorées dans les prochaines semaines. Une mission parlementaire pourrait être chargée d’étudier la faisabilité juridique et économique du congé climatique, avec un rapport attendu avant la fin de l’été. Par ailleurs, des discussions sont en cours au niveau européen pour harmoniser les règles en matière de protection des travailleurs face aux aléas climatiques. Reste à voir si le gouvernement, confronté à une crise sociale et environnementale, osera franchir le pas d’une réforme structurelle.

Cette proposition survient alors que la France, comme une grande partie de l’Europe, doit composer avec des étés de plus en plus chauds. Entre urgence sanitaire et réalités économiques, le débat sur le congé climatique illustre les tensions d’une société en train de mesurer l’ampleur des défis posés par le réchauffement global.

Il s’agit d’un dispositif permettant aux travailleurs de suspendre leur activité en cas de conditions climatiques extrêmes (canicule, grand froid, pollution intense), sans perte de salaire ni sanction. Cette idée est portée par des élus écologistes et sociaux comme Sabrina Sebaihi ou Marine Tondelier.

Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite. Le gouvernement a simplement rappelé l’obligation légale des employeurs de protéger leurs salariés. Une mission parlementaire pourrait étudier la faisabilité du dispositif dans les mois à venir.