Alors que la question des « congés climatiques » s’invite dans le débat public, le gouvernement affiche une réticence marquée à l’idée d’instaurer des jours de congés supplémentaires pour faire face aux canicules ou aux épisodes de pollution. Libération révèle en effet que l’exécutif n’est pas prêt à donner son feu vert à cette mesure, pourtant portée par une partie de la majorité présidentielle et certains syndicats.
Cette frilosité gouvernementale intervient dans un contexte où les vagues de chaleur se multiplient, avec des températures records enregistrées dès le mois de juin dans plusieurs régions de France. Selon Météo-France, 2025 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée en France métropolitaine, un phénomène qui devrait se confirmer en 2026. Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour demander des mesures d’adaptation, dont l’octroi de congés climatiques permettrait d’atténuer l’impact sur les salariés les plus exposés.
Ce qu'il faut retenir
- Un rejet clair de la mesure : le gouvernement n’envisage pas d’instaurer des congés climatiques, malgré les appels pressants de certains élus et syndicats.
- Des vagues de chaleur de plus en plus précoces et intenses : 2025 a battu des records de température, et 2026 s’annonce dans la même lignée.
- Des syndicats mobilisés : la CGT et Solidaires, notamment, défendent cette idée pour protéger les travailleurs exposés aux fortes chaleurs.
- Un débat qui divise la majorité présidentielle : certains députés LREM y sont favorables, mais l’exécutif reste sourd à leurs arguments.
Une mesure portée par la base, mais ignorée par l’exécutif
L’idée des congés climatiques n’est pas nouvelle, mais elle gagne en visibilité avec l’aggravation des épisodes caniculaires. Selon Libération, plusieurs députés de la majorité, dont certains proches d’Édouard Philippe, avaient plaidé en interne pour une réflexion sur le sujet dès 2024. Pourtant, l’Élysée et Matignon ont toujours opposé une fin de non-recevoir à cette proposition, jugée trop coûteuse ou trop complexe à mettre en œuvre.
« On nous explique que cela reviendrait à ajouter une couche de complexité administrative », confie un élu LREM sous couvert d’anonymat. « Pourtant, face à l’urgence climatique, il faut des réponses concrètes. » Certains observateurs rappellent que d’autres pays européens, comme l’Espagne, ont déjà adopté des mesures similaires pour protéger leurs travailleurs.
Les syndicats en première ligne pour défendre la proposition
Du côté des syndicats, l’enthousiasme est tout autre. La CGT a ainsi organisé en mai dernier une journée de mobilisation dans plusieurs grandes villes pour réclamer l’instauration de congés climatiques. « Les salariés des secteurs du BTP, de l’agriculture ou encore de la logistique sont les premiers exposés aux risques sanitaires liés aux canicules », rappelle Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. « Sans jours de repos supplémentaires, comment peuvent-ils se protéger ? »
Solidaires, de son côté, a déposé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 50 000 signatures. Le syndicat souligne que, selon une étude de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), le nombre d’accidents du travail augmente de 20 % lors des vagues de chaleur. Un argument que le gouvernement peine à contester, mais qui ne suffit pas à faire bouger les lignes.
Un gouvernement divisé, mais une ligne politique claire
Malgré les divisions internes, l’exécutif affiche une position unifiée sur le sujet. « Le gouvernement reste concentré sur des mesures structurelles, comme la rénovation énergétique des bâtiments ou le développement des énergies renouvelables », explique un conseiller de l’Élysée. « Les congés climatiques, c’est une mesure ponctuelle qui ne traite pas le fond du problème. »
Pourtant, certains observateurs pointent du doigt l’absence de calendrier précis pour ces grands projets. « Autant dire que, dans l’immédiat, on ne verra rien venir », ironise un député de l’opposition. « Le gouvernement préfère parler d’ambition climatique, mais sans action concrète. »
Pour l’heure, les salariés les plus exposés devront composer avec les dispositifs existants, comme les « pauses canicule » ou les aménagement d’horaires, souvent insuffisants face à l’ampleur des défis climatiques.
Les secteurs les plus exposés incluent le BTP, l’agriculture, la logistique et les services de livraison. Ces métiers, souvent en extérieur ou dans des environnements non climatisés, voient leurs risques sanitaires augmenter de manière significative lors des vagues de chaleur.