Une affaire opposant un copropriétaire à son syndicat pour des travaux réalisés sans autorisation il y a une décennie vient de connaître un nouveau rebondissement devant la Cour de cassation. Celle-ci a récemment précisé les délais de prescription applicables dans ce type de litiges, alors que le syndicat exige un retour à la situation initiale. Selon nos confrères du Figaro, cette décision intervient alors que le copropriétaire concerné avait percé un plancher pour réunir deux lots, sans obtenir l’accord préalable de l’assemblée générale.

Ce qu'il faut retenir

  • La Cour de cassation a récemment clarifié les délais de prescription pour les travaux non autorisés en copropriété
  • Un copropriétaire avait percé un plancher il y a dix ans pour réunir deux lots sans autorisation
  • Le syndicat exige désormais la remise en état des lieux, mais la justice doit encore trancher
  • Cette affaire illustre les tensions récurrentes autour des travaux en copropriété

Des travaux réalisés sans autorisation il y a dix ans

Tout commence en 2016, lorsqu’un copropriétaire décide de percer un plancher afin de relier deux lots qu’il possède dans un immeuble. Or, cette modification structurelle n’a jamais été soumise à l’approbation de l’assemblée générale des copropriétaires. Comme le rapporte le Figaro, cette absence d’autorisation a fini par être découverte par le syndicat, qui exige aujourd’hui la remise en état des lieux aux frais du propriétaire concerné.

Le litige s’est rapidement transformé en un conflit juridique de longue haleine. Le syndicat des copropriétaires a engagé des procédures pour faire constater l’illégalité des travaux et obtenir leur annulation. Pour le copropriétaire, cette situation illustre les risques encourus lorsque des modifications sont apportées sans respecter les règles de copropriété.

La Cour de cassation clarifie les délais de prescription

C’est dans ce contexte que la Cour de cassation a récemment apporté des précisions sur les délais de prescription applicables dans ce type d’affaires. Jusqu’à présent, les interprétations variaient selon les juridictions, ce qui rendait difficile toute anticipation pour les parties. D’après le Figaro, la haute juridiction a rappelé que le délai de prescription pour agir en justice commence à courir à partir du moment où le syndicat a eu connaissance des travaux non autorisés.

Cette clarification est d’autant plus importante que, dans cette affaire, le syndicat a attendu près de dix ans avant de réagir. La Cour a ainsi rappelé que le délai de prescription de cinq ans, prévu par l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965, s’applique à compter de la date à laquelle le syndicat a eu connaissance des faits. Une nuance qui pourrait avoir des répercussions sur d’autres litiges similaires.

« La prescription commence à courir à compter du jour où le syndicat a eu connaissance des travaux non autorisés, et non à la date de leur réalisation »
Cour de cassation

Un retour à la situation initiale exigé

Le syndicat des copropriétaires ne se contente pas de demander des dommages et intérêts. Il exige également que le copropriétaire concerné rétablisse le plancher dans son état initial, aux frais de ce dernier. Une mesure qui, si elle est validée par la justice, pourrait entraîner des coûts importants pour le propriétaire.

Pour ce dernier, l’argument repose sur le fait que les travaux ont été réalisés il y a plus de dix ans et qu’aucun préjudice n’a été subi par la copropriété pendant cette période. Il estime que l’action du syndicat est prescrite, une position qui pourrait être confortée par la récente décision de la Cour de cassation. Selon nos confrères du Figaro, cette affaire met en lumière les tensions entre la liberté de disposer de son bien et le respect des règles collectives en copropriété.

Et maintenant ?

La décision définitive de la justice est désormais attendue pour trancher ce litige. Si la Cour de cassation a apporté des précisions sur les délais de prescription, il reste à savoir si le tribunal saisi retiendra l’argument de la prescription ou ordonnera le rétablissement du plancher. Cette affaire pourrait servir de référence pour d’autres conflits similaires en copropriété.

Dans l’attente de ce jugement, cette affaire rappelle l’importance de respecter les règles de copropriété avant d’engager des travaux, même mineurs. Les copropriétaires doivent ainsi s’assurer d’obtenir les autorisations nécessaires avant toute modification structurelle, sous peine de s’exposer à des contentieux longs et coûteux.