Avec l’arrivée des beaux jours, les occasions de s’exposer au soleil se multiplient. Pourtant, les dermatologues rappellent qu’une exposition excessive peut causer des dommages irréversibles sur la peau. Selon Franceinfo - Santé, le professeur Tu Anh Duong, dermatologue à l’hôpital Ambroise-Paré à Paris, insiste sur l’importance de respecter les règles de prévention, notamment en choisissant les bons produits de protection et en adaptant son comportement aux conditions météo.

Ce qu'il faut retenir

  • Les coups de soleil sont dangereux pour tous, mais certains phototypes sont plus vulnérables que d’autres : les peaux claires, rousses ou blondes aux yeux bleus sont les plus exposées.
  • Les enfants de moins de trois ans ne doivent pas être exposés directement au soleil, car leurs risques de brûlures sont accrus.
  • Le « capital soleil » correspond aux expositions accumulées au fil de la vie : plus elles sont nombreuses, plus les risques de taches solaires et de lésions augmentent.
  • Un indice SPF 50 bloque jusqu’à 98 % des UVB, à condition d’être appliqué uniformément et régulièrement.
  • Les tendances comme les « burn lines », popularisées sur les réseaux sociaux, peuvent provoquer des brûlures du premier ou du deuxième degré.
  • Par temps nuageux, l’indice UV peut rester élevé : une exposition de 15 à 20 minutes suffit parfois à provoquer un coup de soleil.

Les inégalités face au soleil : tout le monde n’est pas égal face aux coups de soleil

Le soleil n’a pas le même effet selon les individus. Comme l’explique le professeur Tu Anh Duong, dermatologue à l’hôpital Ambroise-Paré, « le soleil, lorsqu'on en abuse, peut provoquer des dommages pour tout le monde ». Cependant, certains phototypes sont plus sensibles que d’autres. Les personnes à la peau très claire, aux cheveux blonds ou roux et aux yeux bleus sont ainsi plus exposées aux brûlures que celles dont la peau est plus mate ou foncée.

Cette différence s’explique par la quantité de mélanine présente dans la peau, un pigment qui joue un rôle de bouclier naturel contre les rayons ultraviolets. Plus la peau est foncée, plus elle est protégée. À l’inverse, les peaux claires brûlent plus vite et nécessitent une vigilance accrue, surtout lors des premières expositions de la saison.

Les enfants de moins de trois ans : une exposition à proscrire absolument

Parmi les publics les plus vulnérables, les nourrissons et les jeunes enfants occupent une place particulière. Selon le dermatologue, « il n'est pas recommandé d'exposer au soleil les enfants de moins de trois ans ». Leurs peaux, encore très fines et peu pigmentées, sont particulièrement sensibles aux brûlures. Une exposition précoce aux UVB, responsables des coups de soleil, augmente également le risque de développer des lésions cutanées à l’âge adulte, comme des taches ou des mélanomes.

Les parents sont donc invités à limiter au maximum l’exposition directe de leurs enfants, à privilégier les vêtements couvrants et à utiliser des crèmes solaires adaptées, même pour de courtes durées. Les promenades en poussette ou les jeux à l’ombre restent les options les plus sûres pour les tout-petits.

Le « capital soleil » : un compteur qui ne pardonne pas

On parle souvent de « capital soleil » pour désigner la quantité totale d’exposition aux UV que peut supporter une peau au cours de sa vie. Plus on s’expose, plus ce capital s’épuise, et plus les risques de dommages cutanés augmentent. Comme le souligne le professeur Tu Anh Duong, « on peut l'observer avec le temps : avec des expositions solaires répétées, des taches solaires peuvent apparaître ».

Cette réalité est particulièrement visible chez les personnes nées dans les années 1940 à 1960, une époque où les protections solaires étaient moins répandues. Beaucoup d’entre elles développent aujourd’hui des taches brunes ou des lésions précancéreuses, conséquences d’une exposition prolongée sans protection adaptée. Aujourd’hui, les dermatologues rappellent qu’il est essentiel de préserver ce « capital » en adoptant des gestes simples : appliquer une crème solaire, porter des vêtements couvrants et éviter les heures où le soleil est le plus intense (entre 12h et 16h).

Crème solaire : comment bien la choisir et l’utiliser ?

Face à la multitude de produits disponibles sur le marché, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Le premier critère à prendre en compte reste l’indice de protection, appelé SPF (Sun Protection Factor). Un SPF 50, par exemple, bloque environ 98 % des UVB, à condition d’être appliqué correctement. Comme le rappelle le dermatologue, « l'indice SPF est clairement un critère important. Il correspond à la capacité d'une crème solaire à protéger des rayons UV ».

Deux types de crèmes existent : les minérales et les chimiques. Les premières, à base d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane, laissent souvent une trace blanche sur la peau mais reflètent les rayons UV. Les secondes, plus fluides, pénètrent rapidement mais peuvent irriter les peaux sensibles. Quel que soit le type choisi, il est impératif de renouveler l’application toutes les deux heures, et après chaque baignade ou transpiration. Autre option, les vêtements anti-UV, qui offrent une protection constante sans contrainte de réapplication : « la contrainte des crèmes solaires, c'est qu'il faut en remettre régulièrement », rappelle le professeur Duong.

Les dangers des tendances virales et des expositions prolongées

Les réseaux sociaux, et notamment TikTok, sont devenus des vecteurs de tendances parfois dangereuses. En 2025, le phénomène des « burn lines » a marqué les esprits. Cette pratique consiste à afficher des marques de maillot de bain après une exposition volontaire au soleil, en cherchant à obtenir un contraste entre la peau brûlée et la zone couverte. Pourtant, comme le souligne le dermatologue, « cette pratique peut être très dangereuse, car elle peut conduire à d'authentiques brûlures du premier ou du deuxième degré, avec l'apparition de cloques sur la peau ».

Ces brûlures, bien que souvent banalisées, peuvent laisser des cicatrices permanentes et augmenter le risque de cancer de la peau à long terme. Les dermatologues appellent à la prudence et invitent les utilisateurs de réseaux sociaux à vérifier la fiabilité des conseils avant de les suivre. D’autres pratiques, comme l’utilisation de compléments alimentaires ou de cabines à UV pour « préparer la peau », sont également déconseillées et peuvent aggraver les risques.

Même par temps nuageux, la protection reste indispensable

Une idée reçue consiste à penser que les nuages protègent des UV. Pourtant, jusqu’à 80 % des rayons ultraviolets traversent les nuages, ce qui explique pourquoi les coups de soleil peuvent survenir même par temps couvert. L’indice UV, qui mesure le niveau d’ensoleillement, reste un indicateur fiable. Comme l’explique le professeur Tu Anh Duong, « si l'indice UV est faible, il faudra environ 40 minutes d'exposition pour obtenir un véritable coup de soleil. En revanche, si l'indice est au-delà de 5 ou 6, quelques 15 à 20 minutes peuvent suffire ».

Pour adapter sa protection, il est donc conseillé de consulter les prévisions météo, qui incluent désormais l’indice UV. Par temps nuageux mais avec un indice élevé, une crème solaire reste indispensable, tout comme le port de lunettes de soleil et d’un chapeau à large bord. Ces mesures simples permettent de profiter du soleil sans mettre sa santé en danger.

Et maintenant ?

Avec l’été qui s’installe, les dermatologues s’attendent à une hausse des cas de coups de soleil, notamment chez les jeunes et les personnes peu habituées à se protéger. Les autorités sanitaires pourraient renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment sur les réseaux sociaux, où circulent encore des conseils dangereux. Une étude publiée en 2026 par l’AP-HP pourrait également mettre en lumière l’évolution des comportements des Français face au soleil, avec un focus sur l’utilisation des crèmes solaires et des alternatives comme les vêtements anti-UV.

En attendant, les spécialistes rappellent que la prévention reste le meilleur remède. Des gestes simples, comme appliquer une crème solaire adaptée, éviter les heures les plus chaudes ou privilégier les vêtements couvrants, permettent de profiter du soleil sans risque. Comme le souligne le professeur Tu Anh Duong, « le soleil n’est pas un ennemi, mais il doit être apprivoisé avec prudence ».

Les crèmes solaires minérales, à base d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane, agissent comme un bouclier en réfléchissant les UV. Elles laissent souvent une trace blanche mais sont moins irritantes pour les peaux sensibles. Les crèmes chimiques, en revanche, pénètrent la peau et absorbent les UV avant qu’ils ne causent des dommages. Leur texture est généralement plus légère, mais elles peuvent provoquer des réactions chez certaines personnes.

Plusieurs signes permettent d’évaluer le niveau d’UV. Par temps dégagé, un soleil intense et une ombre courte indiquent un indice UV élevé. À l’inverse, un ciel voilé ou une ombre longue suggèrent un indice plus faible. En cas de doute, il est préférable de se protéger systématiquement, car jusqu’à 80 % des UV traversent les nuages.