Selon Le Figaro, la direction du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) à Marseille traverse une crise sans précédent depuis près de trois mois. Cette situation met en lumière les difficultés entourant Pierre Olivier Costa, directeur du musée depuis 2022 et proche d’Emmanuel et Brigitte Macron. Catherine Pégard, présidente de l’Établissement public du palais de la Découverte et de la Cité des sciences et de l’industrie, devrait prochainement trancher sur son avenir professionnel, une décision « imminente » selon l’entourage de la ministre de la Culture.
Ce qu’il faut retenir
- Pierre Olivier Costa, directeur du Mucem depuis 2022 et ancien chef de cabinet de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, puis directeur de cabinet de la première dame jusqu’en 2022, est au cœur d’une crise institutionnelle.
- Plusieurs signalements ont été adressés à la ministre de la Culture, dont une enquête pour harcèlement sexuel ouverte par le parquet de Marseille et une plainte déposée au collège de déontologie du ministère.
- Un rapport de l’Inspection générale des Affaires culturelles (Igac), dont le contenu reste confidentiel, pourrait déterminer l’issue de cette affaire.
- 79 des 129 salariés du Mucem ont signé une lettre ouverte dénonçant la situation, tandis que l’intersyndicale du musée a également interpellé les autorités.
- La décision de Catherine Pégard, attendue dans les prochains jours, pourrait entraîner le départ de Pierre Olivier Costa du musée marseillais.
Une accumulation de signalements et d’enquêtes
Depuis plusieurs semaines, le bureau de la ministre de la Culture est submergé de documents mettant en cause Pierre Olivier Costa. Parmi les pièces les plus lourdes, une enquête pour harcèlement sexuel a été ouverte par le parquet de Marseille, tandis qu’une plainte a été déposée auprès du collège de déontologie du ministère de la Culture. Ces éléments s’ajoutent à une lettre ouverte signée par 79 des 129 salariés du Mucem, qui dénoncent un management jugé problématique.
L’intersyndicale du musée a également pris position publiquement, relayant les inquiétudes des employés. « Les signalements pleuvent depuis deux semaines, et c’est surtout un rapport de l’Inspection générale des Affaires culturelles (Igac) qui a retenu l’attention des autorités », précise Le Figaro. Réalisé dans le cadre d’une enquête interne, ce document doit déterminer l’existence de dysfonctionnements au sein de l’institution et servir de base à la décision de Catherine Pégard.
Un parcours marqué par une proximité avec l’Élysée
Pierre Olivier Costa incarne une trajectoire politique et administrative étroitement liée à l’entourage présidentiel. Ancien chef de cabinet de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, il a ensuite occupé le poste de directeur de cabinet de Brigitte Macron à l’Élysée jusqu’en 2022, avant d’être nommé à la tête du Mucem. Cette proximité avec le pouvoir exécutif a souvent été soulignée dans les débats publics, notamment lors de sa prise de fonction à Marseille.
« Son profil politique a parfois suscité des interrogations, mais c’est avant tout son management qui est aujourd’hui remis en cause », analyse un observateur du monde culturel marseillais. La question de son maintien à la direction du musée dépasse ainsi le cadre strict des compétences professionnelles pour toucher à des enjeux de gouvernance et d’éthique au sein d’une institution publique.
Une décision attendue dans les prochains jours
La ministre de la Culture, Rachida Dati, devrait prochainement recevoir les conclusions de l’enquête de l’Igac. « La décision est imminente », confie une source proche du dossier. Si le contenu du rapport reste confidentiel, il pourrait contenir des éléments déterminants pour évaluer la responsabilité de Pierre Olivier Costa dans les dysfonctionnements dénoncés.
En cas de départ forcé, la question de sa succession se poserait rapidement. Le Mucem, institution majeure du paysage culturel français, ne peut se permettre une vacance prolongée de sa direction. « Le musée a besoin de stabilité pour poursuivre ses missions, notamment après les perturbations liées à la pandémie », rappelle un membre de l’équipe dirigeante.
Quelles conséquences pour le Mucem ?
Au-delà de l’affaire individuelle, cette crise interroge sur la gouvernance des grandes institutions culturelles françaises. Le Mucem, créé en 2013, est devenu un symbole de la politique de décentralisation culturelle. Son directeur, nommé sur des critères politiques autant que professionnels, doit concilier des attentes parfois contradictoires : excellence scientifique, attractivité touristique et gestion des ressources humaines.
« L’affaire Costa rappelle que la légitimité d’un directeur ne repose pas seulement sur ses liens avec le pouvoir, mais aussi sur sa capacité à fédérer les équipes et à porter un projet culturel ambitieux », estime un historien spécialiste des musées. Alors que le musée prépare sa prochaine saison, cette instabilité pourrait impacter ses projets à moyen terme, notamment en matière d’expositions et de partenariats.
Les reproches portent principalement sur des signalements de harcèlement sexuel, une plainte pour favoritisme au collège de déontologie du ministère de la Culture, ainsi que des dysfonctionnements managériaux dénoncés par une majorité des salariés du Mucem. Aucun détail précis n’a encore été rendu public, mais ces éléments sont au cœur des enquêtes en cours.