Depuis plusieurs semaines, la Bolivie est secouée par une crise économique et politique d’ampleur. Des milliers de manifestants, principalement des partisans de l’ancien président Evo Morales, ont défilé dans les rues de La Paz ce lundi 19 mai 2026. Selon Euronews FR, ces rassemblements s’inscrivent dans un contexte de pénuries généralisées, d’inflation galopante et de tensions sociales croissantes, alors que le pays traverse l’une de ses pires crises depuis des décennies.

Ce qu'il faut retenir

  • Des milliers de manifestants ont défilé à La Paz pour réclamer la démission du président Rodrigo Paz, accusé de mauvaise gestion économique.
  • Les protestations s’accompagnent de barrages routiers organisés par les partisans de Morales, bloquant les transports depuis plus de deux semaines.
  • Les pénuries de carburant, de nourriture et de matériel médical s’aggravent, aggravant la crise humanitaire.
  • Les heurts avec les forces de l’ordre ont fait l’objet de tirs de gaz lacrymogènes et d’explosions de dynamite dans plusieurs quartiers de la capitale.
  • Les autorités ont arrêté au moins 90 personnes lors des opérations de levée des barrages routiers.
  • Le gouvernement de Rodrigo Paz est sous pression croissante, alors que l’inflation et le manque de dollars américains s’accentuent.

Une crise économique aux conséquences dramatiques

La Bolivie fait face à une crise économique sans précédent, marquée par des pénuries de carburant, une inflation record et un manque criant de dollars américains. Selon les autorités, ces difficultés sont aggravées par la chute des réserves de change et la baisse des exportations, notamment minières et agricoles. Les prix des denrées alimentaires ont flambé, tandis que les files d’attente pour obtenir du carburant s’allongent dans tout le pays. Côté finances publiques, le déficit budgétaire se creuse, forçant le gouvernement à recourir à des emprunts d’urgence auprès d’institutions internationales.

Dans les rues de La Paz, les manifestants brandissent des pancartes dénonçant la « gestion désastreuse » du président Rodrigo Paz. « Nous voulons un changement, pas plus de souffrances », déclare un représentant des syndicats, cité par Euronews FR. Les appels à la démission du chef de l’État se multiplient, alors que les partis d’opposition, alliés à Evo Morales, appellent à la tenue d’élections anticipées.

Des barrages routiers qui paralysent le pays

Depuis plus de deux semaines, les partisans de l’ancien président Evo Morales bloquent les principales routes du pays. Ces barrages, organisés par des groupes alliés à son parti, visent à exercer une pression maximale sur le gouvernement. Les perturbations sont telles que des milliers de camions restent immobilisés, bloquant la distribution de nourriture, de carburant et de médicaments dans plusieurs régions. À Santa Cruz, deuxième ville du pays, les habitants font état de pénuries de lait, de farine et d’essence, aggravant le mécontentement général.

Les autorités ont tenté à plusieurs reprises de lever ces barrages, mais chaque opération se solde par des affrontements violents. Les forces antiémeutes ont utilisé des gaz lacrymogènes et des grenades pour disperser les manifestants, tandis que des explosions de dynamite ont été signalées dans des quartiers périphériques de La Paz. Selon les bilans officiels, au moins 90 personnes ont été arrêtées depuis le début des opérations de rétablissement de l’ordre.

Heurts violents et tensions politiques

Les manifestations, qui se poursuivent depuis six jours dans les Andes, ont pris une tournure de plus en plus tendue. Les heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs blessés, sans qu’aucun bilan officiel des victimes ne soit pour l’instant communiqué. Les autorités accusent les partisans de Morales d’utiliser des méthodes violentes pour déstabiliser le gouvernement, tandis que l’opposition dénonce une « répression disproportionnée ».

Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur a justifié l’intervention des forces de l’ordre par la nécessité de « garantir la libre circulation des biens et des personnes ». Il a également rappelé que « la Bolivie est un État de droit », tout en reconnaissant que « la situation économique actuelle est extrêmement difficile ». De son côté, Evo Morales, en exil depuis 2020 après avoir tenté de contourner la limitation des mandats présidentiels, a appelé à la « résistance pacifique » contre le gouvernement de Rodrigo Paz.

Et maintenant ?

La situation en Bolivie reste extrêmement volatile. Le gouvernement de Rodrigo Paz pourrait tenter de négocier avec les partis d’opposition pour trouver une issue à la crise, mais les chances de succès semblent minces dans l’immédiat. Une nouvelle réunion de crise est prévue ce mercredi 21 mai au palais présidentiel, avec la participation des gouverneurs régionaux et des représentants des syndicats. Parallèlement, les barrages routiers pourraient s’étendre si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin de la semaine. Les observateurs s’interrogent également sur l’éventuelle intervention d’organisations internationales, comme l’ONU ou l’OEA, pour tenter de désamorcer la crise.

Pour l’heure, la Bolivie reste à l’arrêt, entre crise économique et blocages politiques. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si le pays parviendra à éviter un effondrement total de son système de distribution ou si, au contraire, les tensions sociales s’aggraveront encore.