À Céaux, dans la Manche, Raphaël Morin pratique un métier ancestral revisité par la modernité. Selon Ouest France, cet éleveur de moutons de pré-salé fait appel à un allié inattendu pour gérer son troupeau : un cheval nommé Shorty. Une méthode qui allie tradition et efficacité dans l’un des paysages les plus emblématiques de Normandie.

Ce qu'il faut retenir

  • Raphaël Morin est éleveur de moutons de pré-salé dans la baie du Mont-Saint-Michel, une zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
  • Il utilise Shorty, son cheval, pour rassembler ses animaux dispersés sur plusieurs kilomètres dans l’estran, une technique peu courante dans la région.
  • La bergerie de l’éleveur se situe à Céaux, en Normandie, où il élève ses bêtes sur des pâturages salés.
  • Le travail à cheval permet de couvrir de grandes distances dans un environnement où les véhicules motorisés sont souvent inutilisables.

Un métier façonné par la nature

La baie du Mont-Saint-Michel n’est pas un terrain ordinaire pour un éleveur. Selon Ouest France, ses vastes étendues de sable et de vase, soumises aux marées, rendent l’accès difficile, surtout pour des engins motorisés. C’est dans ce décor que Raphaël Morin, installé à Céaux, fait paître ses moutons de pré-salé, une race réputée pour sa viande persillée. « La baie, c’est un milieu unique, où la nature impose ses règles », explique-t-il. « On ne peut pas y travailler comme ailleurs. »

Shorty, partenaire indispensable de l’éleveur

Pour rassembler ses animaux, dispersés sur plusieurs kilomètres, Raphaël Morin a choisi une méthode originale : le cheval. Shorty, son fidèle compagnon, lui permet de couvrir de vastes zones sans abîmer les sols fragiles de l’estran. « Avec Shorty, je peux voir beaucoup plus de choses, repérer les moutons plus facilement, et surtout, me déplacer sans laisser de traces », confie l’éleveur. Une approche qui séduit aussi les visiteurs de la baie, habitués à voir des tracteurs ou des quads, mais rarement un cavalier guidant un troupeau.

Une tradition qui résiste au temps

Le travail à cheval dans la baie n’est pas une pratique courante, mais elle s’inscrit dans une longue histoire. D’après Ouest France, cette méthode rappelle les techniques utilisées avant la motorisation, lorsque les chevaux étaient les seuls moyens de transport dans ces zones hostiles. Aujourd’hui, elle représente une alternative écologique et respectueuse de l’environnement. « Ce n’est pas juste une question de tradition, c’est aussi une question de survie pour notre métier », souligne Raphaël Morin. « Dans la baie, on doit s’adapter en permanence. »

Et maintenant ?

Si cette méthode séduit de plus en plus d’éleveurs locaux, elle reste marginale dans la baie du Mont-Saint-Michel. Pour Raphaël Morin, la prochaine étape pourrait être de transmettre cette pratique à d’autres agriculteurs, afin de préserver ce savoir-faire. Une initiative qui pourrait, à terme, convaincre d’autres professionnels de la région d’adopter le cheval comme outil de travail. Reste à voir si cette tendance prendra de l’ampleur d’ici la fin de l’année.

Pour l’heure, Raphaël Morin et Shorty continuent de sillonner la baie, prouvant que les méthodes traditionnelles ont encore de beaux jours devant elles. Une preuve que, parfois, le progrès se niche dans le retour aux origines.

Dans la baie du Mont-Saint-Michel, les sols sont extrêmement fragiles et imprévisibles en raison des marées. Un véhicule motorisé peut s’enliser ou endommager les pâturages salés, tandis qu’un cheval, plus léger, préserve l’écosystème tout en permettant à l’éleveur de se déplacer facilement.