Cinquante ans après la grande sécheresse qui avait frappé la Manche en 1976, le département normand fait à nouveau face à une crise hydrique d’une ampleur critique. Selon Le Monde, cette situation rappelle les heures les plus sombres de l’été 1976, lorsque les autorités avaient instauré un impôt exceptionnel de solidarité pour financer les mesures d’urgence. Aujourd’hui, les agriculteurs et les habitants de la région voient leurs craintes se confirmer : les nappes phréatiques sont à un niveau historiquement bas, et les restrictions d’eau s’intensifient.
Ce qu'il faut retenir
- 1976 : la sécheresse avait conduit à la création d’un impôt exceptionnel de solidarité en Manche pour faire face à la crise.
- En 2026, le département subit une nouvelle sécheresse critique, avec des nappes phréatiques à un niveau historiquement bas.
- Les restrictions d’eau s’intensifient, comme en témoignent les agriculteurs et les autorités locales.
Un passé qui pèse sur le présent
La Manche n’a pas oublié la sécheresse de 1976, l’une des plus sévères du XXe siècle en France. Selon les archives, 80 % des communes du département avaient été déclarées en état de catastrophe naturelle cette année-là. Les cultures étaient ravagées, les puits asséchés, et les habitants priaient pour que la pluie revienne. Cinquante ans plus tard, le scénario se répète, presque à l’identique. Les agriculteurs, dont certains ont connu les deux crises, avouent leur désarroi. « On priait pour la terre en 1976, on prie encore aujourd’hui », confie un éleveur de la région de Coutances, cité par Le Monde.
Des mesures d’urgence qui s’imposent
Face à la situation, la préfecture de la Manche a activé un plan de crise pour limiter l’usage de l’eau. Les restrictions concernent à la fois les particuliers, les agriculteurs et les industriels. Les prélèvements dans les cours d’eau sont désormais réglementés, et les arrosages des jardins sont interdits dans de nombreuses communes. Les syndicats agricoles, comme la FNSEA, ont demandé une reconnaissance en catastrophe naturelle pour les exploitations les plus touchées. « Les sols sont craquelés, les plantes ne poussent plus », explique un porte-parole de la fédération, avant d’ajouter : « Sans pluie dans les prochaines semaines, la situation deviendra ingérable ».
Un contexte climatique aggravant
Les experts du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) soulignent que la sécheresse de 2026 s’inscrit dans une tendance de long terme. Les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents et plus intenses en Normandie, en raison du réchauffement climatique. Selon leurs dernières données, les nappes phréatiques de la Manche affichent un déficit de 40 % par rapport à la normale saisonnière. « C’est une crise structurelle, pas un simple accident climatique », précise un hydrogéologue interrogé par Le Monde. Les collectivités locales, déjà en première ligne lors de la crise de 1976, appellent à une gestion durable de l’eau, loin des mesures ponctuelles.
En attendant, les habitants de la Manche gardent en mémoire les images de l’été 1976 : des champs jaunis, des troupeaux affaiblis, et cette prière collective pour que le ciel se dégage. Aujourd’hui, comme hier, la question reste entière : la pluie viendra-t-elle à temps ?
En 1976, la sécheresse avait conduit à la création d’un impôt exceptionnel de solidarité pour financer les mesures d’urgence. En 2026, les restrictions d’eau sont immédiates, et le contexte climatique (réchauffement global) aggrave la situation. Les nappes phréatiques, déjà fragilisées, peinent à se reconstituer.