La France et l’Allemagne ont annoncé, ce lundi 22 juin 2026, leur intention de devenir coactionnaires à parts égales du groupe de défense KNDS, spécialisé dans l’armement terrestre. Selon RFI, cette décision vise à redynamiser une coopération bilatérale mise à mal par l’échec récent du programme de système de combat aérien du futur (Scaf), officiellement abandonné il y a deux semaines.
Ce qu'il faut retenir
- La France et l’Allemagne deviennent coactionnaires à parité de KNDS, groupe européen de défense terrestre.
- Cette décision intervient après l’échec du programme Scaf, abandonné il y a deux semaines, qui a fragilisé la coopération franco-allemande en matière d’armement.
- KNDS est le spécialiste européen de l’armement terrestre, né de la fusion entre les branches terrestres de Nexter (France) et Krauss-Maffei Wegmann (Allemagne).
- Les deux pays entendent ainsi renforcer leur souveraineté industrielle et technologique dans le secteur de la défense.
- La cotation de KNDS en Bourse est désormais envisagée pour accélérer son développement et son financement.
Une coopération relancée après l’échec du Scaf
L’annonce intervient à peine quinze jours après que Paris et Berlin ont acté l’abandon définitif du programme Scaf, un projet phare de coopération européenne en matière de défense aérienne. RFI souligne que cet échec avait jeté une ombre sur les relations franco-allemandes en matière d’armement, alors même que les deux pays cherchent à renforcer leur autonomie stratégique face aux tensions géopolitiques actuelles.
Dans ce contexte, la décision de devenir coactionnaires de KNDS à parité s’inscrit comme un signal fort de réengagement. « Cette initiative marque notre volonté de tourner la page et de réaffirmer notre coopération dans le domaine de la défense terrestre », a déclaré un responsable gouvernemental français, cité par RFI. De son côté, Berlin a souligné que cette opération permettrait de « consolider la base industrielle et technologique de défense européenne ».
KNDS, un géant européen de l’armement terrestre
KNDS (KMW+Nexter Defense Systems) est le résultat de la fusion, en 2015, des branches terrestres de deux géants européens : le français Nexter et l’allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW). Le groupe, basé en France et en Allemagne, est aujourd’hui l’un des principaux acteurs mondiaux dans les chars de combat, les systèmes d’artillerie et les véhicules blindés. Selon les données disponibles, KNDS emploie plus de 5 000 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 2 milliards d’euros.
Avec cette prise de participation à parité, Paris et Berlin entendent non seulement sécuriser leur accès à des technologies critiques, mais aussi préparer le terrain pour une cotation en Bourse de KNDS. L’objectif affiché est de lever des fonds supplémentaires pour financer l’innovation et les capacités industrielles nécessaires à la modernisation des équipements militaires européens.
Vers une cotation en Bourse pour accélérer le développement
La cotation de KNDS en Bourse figure désormais au rang des priorités pour les deux États. Selon des sources proches du dossier, cette opération pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026 ou début 2027, sous réserve des conditions de marché. « Nous travaillons à structurer une introduction en Bourse qui reflète la valeur industrielle et technologique de KNDS », a indiqué un cadre dirigeant du groupe, contacté par RFI.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’autonomie européenne en matière d’armement, alors que les tensions internationales poussent les États membres de l’Union à accélérer leurs investissements dans la défense. La guerre en Ukraine et les incertitudes sur les engagements américains en Europe ont en effet renforcé la nécessité pour l’UE de disposer de ses propres capacités industrielles.
Cette relance de la coopération franco-allemande en matière de défense intervient dans un contexte où les dépenses militaires des États européens atteignent des niveaux inédits. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les budgets de défense des pays de l’UE ont augmenté de plus de 20 % entre 2021 et 2025, une tendance qui devrait se poursuivre en 2026.
KNDS est le leader européen de l’armement terrestre, né de la fusion entre Nexter (France) et Krauss-Maffei Wegmann (Allemagne). Il développe des chars de combat, des systèmes d’artillerie et des véhicules blindés. Pour Paris et Berlin, il représente un outil clé pour renforcer la souveraineté industrielle et technologique européenne, alors que les tensions géopolitiques rendent cruciale l’autonomie stratégique.
L’abandon du programme Scaf, dédié à un avion de combat du futur, a révélé des divergences entre la France et l’Allemagne sur les priorités industrielles et les calendriers. Cela a temporairement fragilisé la confiance mutuelle, alors que les deux pays cherchent à réduire leur dépendance aux équipements américains. La décision concernant KNDS marque donc un effort pour rééquilibrer cette relation.