Selon RFI, la déforestation des forêts primaires tropicales a connu un ralentissement en 2025 après une année 2024 marquée par des pertes record, notamment en raison d’incendies d’une intensité exceptionnelle. Le World Resources Institute, qui publie chaque année un bilan mondial des forêts, souligne une amélioration relative mais rappelle que la situation reste critique. Avec 4,3 millions d’hectares de forêts primaires tropicales détruits en 2025, les défenseurs de l’environnement estiment que les avancées, bien que réelles, ne suffisent pas à inverser la tendance.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 4,3 millions d’hectares de forêts primaires tropicales ont été perdus, selon le World Resources Institute.
  • Ce chiffre marque un ralentissement par rapport à 2024, année record en matière de déforestation.
  • Les incendies extrêmes de 2024 avaient fortement contribué à cette hausse des pertes.
  • Les associations environnementales jugent les résultats de 2025 encourageants, mais insuffisants pour garantir la préservation des écosystèmes.

Une légère amélioration après une année 2024 catastrophique

L’année 2024 avait été exceptionnellement mauvaise pour les forêts primaires tropicales. Les incendies, souvent d’origine humaine et amplifiés par des conditions climatiques défavorables, avaient ravagé des millions d’hectares. En 2025, la situation s’est améliorée, mais les chiffres restent alarmants. 4,3 millions d’hectares de forêts ont été détruits, un volume qui, bien que inférieur à celui de 2024, équivaut tout de même à la superficie de la Suisse.

Le World Resources Institute, qui suit ces données depuis plusieurs années, précise que cette baisse s’explique en partie par des conditions météorologiques moins propices aux grands incendies. Pourtant, les pertes enregistrées restent bien au-dessus des seuils considérés comme acceptables par les scientifiques pour préserver la biodiversité et lutter contre le changement climatique.

Des forêts primaires toujours en danger, malgré les progrès

Les forêts primaires, ces écosystèmes intacts et non exploités par l’homme, jouent un rôle clé dans la régulation du climat et abritent une biodiversité unique. Leur destruction s’accélère depuis plusieurs décennies, notamment en Amazonie, en Afrique centrale et en Asie du Sud-Est. En 2025, les régions les plus touchées ont été l’Indonésie, où les plantations de palmiers à huile continuent de grignoter les espaces naturels, et le bassin du Congo, où l’exploitation forestière illégale persiste.

« Les chiffres de 2025 montrent une amélioration, mais elle est loin d’être suffisante », a déclaré un porte-parole du World Resources Institute. « Les forêts primaires sont essentielles pour absorber le CO2 et maintenir l’équilibre des écosystèmes. Leur disparition accélérée aggrave la crise climatique et menace des milliers d’espèces animales et végétales. » Les experts rappellent que, pour inverser la tendance, il faudrait une réduction drastique de la déforestation, couplée à des politiques de reforestation ambitieuses.

Des solutions existent, mais leur mise en œuvre reste difficile

Face à cette situation, plusieurs pistes sont évoquées pour limiter la déforestation. Parmi elles, le renforcement des contrôles sur les exploitations forestières, l’adoption de pratiques agricoles durables et le soutien aux communautés locales qui protègent les forêts. Certains pays, comme le Brésil, ont récemment adopté des mesures pour réduire la déforestation illégale, mais les résultats se font encore attendre.

Les associations environnementales, comme Greenpeace ou WWF, appellent les gouvernements à agir plus fermement. « Les engagements internationaux, comme l’Accord de Paris, restent lettre morte si les États ne passent pas à l’action », a souligné une responsable de WWF France. « Il est urgent de mettre fin aux subventions accordées aux industries responsables de la déforestation et de soutenir les alternatives économiques pour les populations locales. »

Et maintenant ?

La publication des chiffres de 2025 par le World Resources Institute devrait alimenter les débats lors de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, prévue en novembre 2026. Plusieurs pays, dont ceux de l’Union européenne, pourraient annoncer de nouvelles mesures pour protéger les forêts tropicales, notamment via des accords commerciaux conditionnant l’importation de produits liés à la déforestation. Reste à savoir si ces initiatives suffiront à inverser la tendance ou si, au contraire, les pressions économiques et démographiques continueront de fragiliser ces écosystèmes essentiels.

En attendant, les scientifiques et les ONG appellent à ne pas baisser la garde. « Les forêts primaires ne se reconstituent pas en quelques années », rappelle un chercheur de l’Institut de recherche pour le développement. « Chaque hectare perdu est un échec pour la planète et pour les générations futures. »