En Belgique, les maîtres d’animaux de compagnie se tournent de plus en plus vers la taxidermie pour immortaliser leurs fidèles compagnons. Selon Courrier International, cette pratique, autrefois réservée aux trophées de chasse, connaît un essor remarquable auprès des propriétaires de chiens, chats et même de lapins. Sarah Reynders, taxidermiste en activité, confirme cette tendance : « Plus que jamais, les animaux de compagnie font partie de la famille ».

Ce qu'il faut retenir

  • Une trentaine de taxidermistes exercent en Belgique, majoritairement des femmes, selon De Tijd.
  • La demande porte surtout sur les chiens et chats, mais inclut aussi des lapins et d’autres animaux.
  • Les carnets de commandes sont pleins, faute de fédération professionnelle ou de données officielles pour mesurer l’ampleur du phénomène.
  • Les ateliers proposent des résultats hyperréalistes, avec des commandes de plus en plus variées.

Une activité autrefois réservée aux trophées, aujourd’hui centrée sur les compagnons domestiques

Autrefois associée aux trophées de chasse exposés dans les châteaux ou les musées, la taxidermie a connu une mutation notable. Selon Courrier International, elle est désormais principalement pratiquée pour des animaux de compagnie. « Il s’agit surtout de chiens et de chats, explique Sarah Reynders. Mais j’ai aussi régulièrement des lapins. » Les techniques employées permettent d’obtenir des résultats « hyperréalistes », donnant l’illusion que l’animal vient simplement de s’endormir sur un canapé ou un coussin.

Cette évolution reflète un changement profond dans la perception des animaux domestiques. Autrefois considérés comme de simples biens matériels, ils sont désormais perçus comme des membres à part entière de la famille. Cette transformation s’accompagne de pratiques funéraires adaptées, comme la crémation ou l’enterrement, et désormais l’empaillage, pour perpétuer leur présence au sein du foyer.

Une profession majoritairement féminine et en manque de données officielles

En Belgique, la taxidermie reste une activité artisanale et confidentielle. Selon De Tijd, une trentaine de taxidermistes y exerceraient, « pour la plupart des femmes ». L’absence de fédération professionnelle et de statistiques officielles rend difficile l’évaluation précise de ce secteur. Pourtant, un constat s’impose : les carnets de commandes sont pleins. « Je ne m’occupe pas que d’animaux de compagnie, explique Frauke Vandekerckhove, taxidermiste interviewée par De Tijd. Mais je pourrais, il y a bien assez de demande pour cela. »

Dans son atelier, Frauke Vandekerckhove a travaillé sur des animaux bien plus imposants que les chiens ou les chats : une lionne, des papillons ou encore un paon côtoient les commandes plus classiques. Cette diversité illustre l’étendue des possibilités offertes par la taxidermie moderne, qui ne se limite plus aux animaux sauvages ou de compagnie.

Des commandes variées et une demande en hausse

La demande en taxidermie ne se limite pas aux animaux domestiques. Les ateliers belges reçoivent des commandes allant des petits rongeurs aux oiseaux exotiques, en passant par des espèces plus rares. Les taxidermistes adaptent leurs techniques pour répondre à des attentes toujours plus précises. Les propriétaires souhaitent souvent que leur animal soit représenté dans une pose naturelle, comme s’il était en train de jouer ou de dormir.

Cette personnalisation pousse les artisans à innover. Certains intègrent des éléments spécifiques, comme des colliers ou des accessoires, pour renforcer l’aspect réaliste de la pièce. D’autres proposent des montages sur des supports originaux, comme des boîtes vitrées ou des socles en bois précieux. Autant dire que les possibilités sont quasi illimitées, à condition d’accepter le coût financier de ces prestations.

Et maintenant ?

La taxidermie des animaux de compagnie devrait continuer à se développer, portée par l’attachement croissant des maîtres à leurs compagnons. Cependant, l’absence de cadre réglementaire ou de données précises pourrait poser question dans les années à venir. Les professionnels du secteur pourraient être amenés à s’organiser pour répondre à la demande tout en garantissant des pratiques éthiques. Une réflexion sur la professionnalisation de ce métier, encore marginal, semble inévitable.

Pour l’heure, les taxidermistes belges, comme Sarah Reynders ou Frauke Vandekerckhove, voient leurs carnets de commandes rester pleins. Une chose est sûre : dans un pays où les animaux de compagnie occupent une place centrale, la demande pour immortaliser leur présence ne devrait pas faiblir.

Les tarifs varient considérablement en fonction de la taille de l’animal, de la complexité du travail et des finitions souhaitées. Pour un chien ou un chat, comptez généralement entre 500 et 2 000 euros. Les petits animaux comme les lapins ou les oiseaux sont moins chers, avec des prix démarrant autour de 200 euros. Les espèces exotiques ou les montages complexes peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.