Le 3 juin 2026, l’aéroport international de Koweït a été la cible d’une attaque menée par des drones et des missiles iraniens, illustrant une nouvelle fois les tensions régionales et les interrogations croissantes des pays du Golfe quant à la fiabilité de leur partenariat avec Washington. Selon Courrier International, cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des alliances traditionnelles, alors que les États-Unis, sous l’administration Trump, semblent réévaluer leur engagement militaire et politique au Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • Les attaques du 3 juin 2026 contre l’aéroport de Koweït ont été attribuées à l’Iran, mettant en lumière les vulnérabilités des pays du Golfe face aux tensions régionales.
  • Depuis janvier 2025, l’administration Trump multiplie les déclarations remettant en cause l’engagement américain en Europe et au Moyen-Orient, notamment via l’OTAN et les accords d’Abraham.
  • Les États-Unis ont déjà réduit leur présence militaire en Europe, retirant environ 5 000 soldats d’Allemagne sur les 35 000 initialement déployés.
  • Les pays du Golfe s’inquiètent de voir les États-Unis se désengager progressivement, alors que les tensions avec l’Iran persistent.
  • Donald Trump a récemment critiqué le manque de soutien européen dans le conflit ukrainien et a évoqué des désaccords sur la gestion des accords d’Abraham.

L’Europe face à un désengagement américain progressif

Depuis le début de l’année 2025, les Européens prennent progressivement conscience que leur alliance avec les États-Unis n’est plus aussi solide qu’auparavant. Les déclarations répétées de Donald Trump, qui remet en cause l’utilité de l’OTAN et reproche à l’Europe de ne pas contribuer suffisamment financièrement, ont ébranlé la confiance des dirigeants européens. « L’Amérique ne doit plus payer pour protéger l’Europe », a-t-il affirmé à plusieurs reprises, tout en insistant sur la nécessité pour les Européens de prendre en main leur propre sécurité. Ces propos interviennent alors que les États-Unis réduisent leur présence militaire sur le continent, comme en témoigne le retrait de 5 000 soldats d’Allemagne, réduisant ainsi les effectifs de 35 000 à 30 000.

Cette situation a provoqué un électrochoc en Europe, où certains responsables politiques commencent à envisager un avenir sans le parapluie américain. Le soutien des États-Unis à l’Ukraine, déjà fragilisé par les hésitations de Trump, pourrait également s’amenuiser, laissant les Européens face à une responsabilité accrue dans la gestion des crises régionales. Les accords d’Abraham, qui avaient permis une normalisation des relations entre certains pays arabes et Israël, sont désormais perçus comme un levier de pression supplémentaire utilisé par Washington pour obtenir des concessions.

Les pays du Golfe face à une alliance de plus en plus incertaine

Alors que l’Europe commence à envisager un désengagement américain, les pays du Golfe, eux, s’interrogent sur la pérennité de leur alliance avec les États-Unis. Les attaques du 3 juin 2026 contre l’aéroport de Koweït, attribuées à l’Iran, ont rappelé à ces pays la vulnérabilité de leur sécurité face à des menaces régionales persistantes. Pourtant, les signaux envoyés par Washington ces derniers mois ne rassurent guère. Donald Trump a non seulement exprimé sa déception quant au soutien apporté par les pays du Golfe dans le conflit contre l’Iran, mais il a également multiplié les déclarations ambiguës sur l’engagement américain dans la région.

« Comment pouvons-nous encore compter sur une alliance aussi fragile ? », s’interroge un éditorialiste du quotidien koweïtien Al-Jarida, cité par Courrier International. Ce titre, propriété de la famille Saqr, est souvent perçu comme le reflet de la bourgeoisie libérale de l’émirat. Fondé en 2007 après une loi autorisant la création de nouveaux médias, il s’est rapidement imposé grâce à la qualité de ses éditorialistes, souvent issus d’autres rédactions. Pour les pays du Golfe, la question n’est plus seulement de savoir si les États-Unis maintiendront leur présence militaire, mais aussi s’ils continueront à jouer un rôle actif dans la stabilité régionale.

Les accords d’Abraham sous pression

Les accords d’Abraham, signés en 2020 sous l’impulsion de l’administration Trump, avaient marqué un tournant dans les relations entre Israël et plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn. Ces accords avaient permis une coopération économique et sécuritaire inédite, mais leur avenir semble désormais incertain. Washington utilise ces accords comme un moyen de pression pour obtenir des soutiens dans sa politique étrangère, notamment face à l’Iran. Pourtant, les pays du Golfe, tout en bénéficiant de cette normalisation, craignent de devenir les otages des priorités américaines.

La réduction des troupes américaines en Europe et les déclarations de Trump sur l’OTAN ont également semé le doute quant à la fiabilité des États-Unis en tant que partenaire militaire. Les pays du Golfe, qui dépendent en grande partie de la protection américaine pour leur sécurité, doivent désormais envisager des scénarios où cette protection ne serait plus garantie. Cette incertitude pourrait les inciter à renforcer leurs propres capacités militaires ou à chercher de nouveaux alliés, comme la Russie ou la Chine, malgré les risques géopolitiques que cela comporterait.

Et maintenant ?

Dans les mois à venir, les pays du Golfe devraient multiplier les consultations pour évaluer les options disponibles. Une réévaluation des accords de défense avec les États-Unis pourrait être envisagée, tout comme le renforcement des alliances régionales. Pour l’Europe, la question du maintien de son engagement en Ukraine et de sa propre autonomie stratégique sera au cœur des débats, notamment lors du sommet de l’OTAN prévu en juillet 2026. Reste à voir si ces dynamiques conduiront à une réorganisation des alliances ou à une fragmentation accrue des partenariats existants.

Une chose est sûre : l’équilibre des forces au Moyen-Orient et en Europe est en train de se redessiner, sous l’effet des changements politiques aux États-Unis. Pour les pays du Golfe, comme pour l’Europe, l’heure est à l’adaptation.

Les principaux accords incluent des traités de défense bilatéraux, des bases militaires américaines (comme celle d’Al-Udeid au Qatar) et des partenariats dans le cadre des accords d’Abraham, qui prévoient une coopération sécuritaire entre Israël et plusieurs pays arabes, avec le soutien des États-Unis.

Donald Trump critique régulièrement l’OTAN, qu’il accuse de ne pas contribuer suffisamment financièrement à sa propre défense. Il estime que les États-Unis dépensent trop pour protéger l’Europe, tout en reprochant aux Européens de ne pas respecter leurs engagements en matière de dépenses militaires.