Depuis plusieurs années, les révélations sur la présence de substances potentiellement cancérogènes dans l’alimentation et l’eau potable se multiplient. Selon Reporterre, des milliers de composés chimiques sont commercialisés sans avoir été suffisamment évalués sur leurs risques cancérogènes. Valentin Thomas, chercheur au CNRS, pointe du doigt le manque de données et l’influence des industriels dans ce système.
Ce qu'il faut retenir
- Plusieurs milliers de composés chimiques sont mis sur le marché chaque année sans tests approfondis sur leurs effets cancérogènes.
- Des substances comme le cadmium (présent dans les céréales du petit déjeuner) ou les PFAS (dans l’eau potable) sont régulièrement détectées.
- Valentin Thomas, chercheur au CNRS, dénonce un système où l’influence des industriels prime sur la protection de la santé publique.
Selon le chercheur, cette situation s’explique par un double phénomène : d’une part, le manque de moyens alloués à l’évaluation des risques, et d’autre part, la pression exercée par les lobbies industriels pour éviter des régulations strictes. «
Les composés chimiques s’accumulent sur le marché sans être testés correctement, et c’est inacceptable quand il s’agit de santé publique», a-t-il déclaré à Reporterre. Les exemples ne manquent pas : traces de cadmium dans les céréales du petit déjeuner, présence de PFAS dans l’eau potable, ou encore additifs alimentaires potentiellement dangereux dans les viandes transformées.
Les révélations sur ces expositions à des cancérogènes surviennent presque chaque mois, occupant régulièrement la Une des médias. Pourtant, malgré ces alertes répétées, le système de contrôle reste défaillant. Valentin Thomas souligne que les industriels bénéficient d’un avantage certain : « Ils ont accès à des données partielles et choisissent les tests à réaliser », a-t-il précisé. Une situation qui laisse des milliers de composés chimiques sans évaluation rigoureuse avant leur mise sur le marché.
Cette problématique n’est pas nouvelle, mais elle prend une ampleur particulière avec l’accumulation des scandales sanitaires. Les autorités sanitaires, comme l’ANSES en France, tentent de renforcer les contrôles, mais les ressources allouées restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. « On est dans un cercle vicieux », a expliqué Valentin Thomas. « Plus les industriels résistent, plus les données manquent, et plus les risques sont sous-estimés. »
Pour Valentin Thomas, la priorité est claire : « Il faut que les tests deviennent obligatoires pour tous les composés avant leur mise sur le marché ». Une mesure qui, si elle était adoptée, marquerait un tournant dans la protection de la santé publique. En l’état actuel, les consommateurs restent exposés à des risques dont l’ampleur reste difficile à évaluer, faute de données suffisantes.