En République centrafricaine, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) entame une nouvelle phase de son désengagement progressif. Ce retrait, qui passe par la fermeture de bases militaires et logistiques, suscite des interrogations parmi les habitants de Mbaïki, ville située à environ 100 kilomètres au sud-ouest de Bangui. Comme le rapporte France 24 dans un reportage signé Jefferson Cyrille Yapendé, cette transition interroge sur la capacité des autorités locales et des forces de sécurité nationales à assurer la stabilité sans le soutien onusien.
Ce qu'il faut retenir
- La MINUSCA réduit progressivement son emprise en RCA, avec la fermeture de bases comme celle de Mbaïki.
- Les habitants de cette localité expriment des craintes quant à la sécurité et à la stabilité après le départ des Casques bleus.
- Cette phase s'inscrit dans un désengagement global de la MINUSCA, dont le calendrier n'est pas précisé dans l'immédiat.
- La mission onusienne joue un rôle clé dans la protection des civils et le soutien aux forces nationales depuis 2014.
Un retrait qui s'accélère en RCA
La MINUSCA, déployée depuis 2014 en République centrafricaine, poursuit sa stratégie de retrait partiel. Cette mission, autorisée par le Conseil de sécurité de l'ONU, compte actuellement environ 11 650 militaires et policiers, selon les dernières données disponibles. Parmi ses priorités figuraient la protection des civils, le soutien au processus de désarmement et la formation des forces de sécurité centrafricaines. Cependant, les autorités onusiennes ont annoncé une réduction progressive de leur présence, en coordination avec les autorités locales.
À Mbaïki, l'une des dernières bases encore opérationnelles dans cette région du sud-ouest, les habitants observent avec appréhension les préparatifs de départ. Cette ville, stratégique en raison de sa position géographique, a souvent été le théâtre d'affrontements entre groupes armés. « On a peur que les choses empirent quand ils partiront », confie un commerçant local sous couvert d'anonymat, cité par France 24. Le retrait des Casques bleus y est perçu comme un risque potentiel pour la sécurité quotidienne.
Les défis de l'après-MINUSCA
Le désengagement de la MINUSCA intervient dans un contexte où la Centrafrique tente de consolider ses propres capacités de sécurité. Les Forces armées centrafricaines (FACA), soutenues par des partenaires internationaux comme la Russie et le Rwanda, ont vu leur rôle renforcé ces dernières années. Pourtant, des rapports d'ONG et des observateurs locaux soulignent les limites de ces forces, notamment en matière de couverture territoriale et de moyens logistiques.
Un responsable local, interrogé par France 24, a indiqué que « le vide sécuritaire pourrait être exploité par des groupes armés encore actifs dans la région ». Ces groupes, bien que affaiblis, conservent une influence dans certaines zones rurales. La MINUSCA a joué un rôle de stabilisateur, mais son départ laisse planer des incertitudes sur la capacité des FACA à maintenir l'ordre sans soutien extérieur.
Un calendrier encore flou
Si la MINUSCA n'a pas communiqué de date précise pour la fermeture définitive de sa base de Mbaïki, les observateurs s'attendent à ce que ce processus s'étale sur plusieurs mois. D'après des sources diplomatiques, la mission onusienne évalue régulièrement la situation sécuritaire avant de valider chaque étape de son retrait. En 2025, déjà, plusieurs bases avaient été transférées aux autorités centrafricaines, notamment dans le nord du pays.
Cependant, les critères de ce désengagement restent flous. La MINUSCA a toujours conditionné son départ à une amélioration durable de la situation sécuritaire et à la tenue d'élections crédibles. Or, la Centrafrique reste fragilisée par des tensions politiques persistantes et une économie en difficulté. « On ne sait pas si les FACA sont prêtes à assumer pleinement ce rôle », confie un analyste politique basé à Bangui.
Pour l'instant, la situation reste sous haute surveillance. Les organisations de défense des droits de l'homme appellent à une transition « ordonnée et transparente » pour éviter une recrudescence des violences. Quant aux habitants de Mbaïki, ils espèrent que leur quotidien ne sera pas profondément bouleversé par ce changement. « On veut juste vivre en paix », résume une enseignante interrogée par France 24.
La MINUSCA a pour principales missions la protection des civils, le soutien au processus de paix, la formation des forces de sécurité centrafricaines et l'aide humanitaire. Elle joue également un rôle dans la promotion des droits de l'homme et la lutte contre l'impunité.