Deux plaintes pour agressions sexuelles présumées ont été déposées contre un animateur d’un centre aéré à Morières-lès-Avignon, dans le Vaucluse, a annoncé ce lundi 22 juin le parquet d’Avignon et le maire de la commune, Grégoire Souque. Ces signalements, confirmés par Le Figaro, visent un employé en poste depuis sept ans, dont les fonctions incluaient notamment l’encadrement d’enfants dans une école maternelle.
Ce qu'il faut retenir
- Un animateur périscolaire de Morières-lès-Avignon (Vaucluse) est visé par deux plaintes pour des soupçons d’attouchements sur des mineurs.
- Il a été suspendu pendant quatre mois dès la première plainte, déposée le 10 juin, avant l’ouverture de la seconde procédure.
- L’employé, en poste depuis sept ans, intervenait dans un centre aéré situé dans une école maternelle de la commune.
- La mairie a renforcé les mesures de sécurité : aucun animateur ne pourra désormais être seul avec un enfant aux toilettes.
- Une victime présumée est en petite section de maternelle, selon la FCPE locale.
Un premier signalement suivi d’une suspension immédiate
Le premier dépôt de plainte remonte au 10 juin, pour des soupçons d’agression sexuelle imputés à l’animateur. Dès ce signalement, l’employé a fait l’objet d’une mesure conservatoire de suspension, confirmée par le maire Grégoire Souque. Cette décision, prise en attendant les résultats de l’enquête, l’a contraint à cesser toute activité au contact des enfants pendant quatre mois. Le parquet d’Avignon a confirmé l’existence d’une seconde plainte déposée « contre X », a indiqué la procureure Stéphanie Aouine à l’AFP, précisant que « des auditions sont en cours » sans en dévoiler davantage.
Les deux plaintes concernent des faits similaires, visant des attouchements selon les termes utilisés par les autorités locales. L’animateur, dont l’identité n’a pas été révélée, ne peut plus s’approcher d’aucune école pendant la durée de la suspension, a précisé Grégoire Souque. Cette mesure s’ajoute à une sanction disciplinaire déjà prononcée à son encontre en 2025, après qu’il avait reçu une photo « non suggestive » d’une collégienne, pour laquelle il avait écopé d’une mise à pied de cinq jours.
Des mesures renforcées et des inquiétudes persistantes
Face à cette affaire, la mairie de Morières-lès-Avignon a décidé de durcir les règles encadrant les activités périscolaires. Désormais, aucun animateur ou animatrice ne pourra être seul avec un enfant demandant à se rendre aux toilettes, une mesure adoptée dès vendredi dernier. Cette décision intervient alors que la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) de la commune a exprimé ses craintes quant à l’accompagnement des familles et des enfants concernés.
Jessica Cattier, représentante élue de la FCPE locale, a révélé à l’AFP que l’une des victimes présumées est scolarisée en petite section de maternelle. Les parents, réunis lundi matin lors d’une rencontre organisée par la mairie, ont exprimé leur besoin d’être rassurés et informés sur les dispositifs mis en place pour garantir la sécurité des enfants. La FCPE a regretté, dans un communiqué diffusé après une première réunion avec l’équipe municipale le 15 juin, l’absence d’une « cellule d’urgence » dédiée à l’accompagnement psychologique et à l’écoute des familles.
« Les familles ont besoin d’être rassurées, informées sur les mesures de protection mises en place et assurées que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir la sécurité des enfants », peut-on lire dans ce communiqué. Une réunion s’est tenue ce lundi pour discuter avec les parents, mais les attentes en termes de soutien restent fortes.
Un passé disciplinaire et des questions sur la prévention
L’animateur mis en cause avait déjà fait l’objet d’une procédure disciplinaire en 2025 pour avoir reçu une photo d’une collégienne, jugée « non suggestive » par les autorités. Cette affaire avait alors conduit à une mise à pied de cinq jours, une sanction qui n’a visiblement pas permis d’éviter la survenue de nouveaux signalements. Interrogé sur les éventuelles lacunes dans les procédures de recrutement ou de contrôle, le maire n’a pas détaillé d’éventuels dysfonctionnements, se contentant de rappeler que les mesures actuelles visent à « éviter tout risque de récidive » pendant la durée de l’enquête.
Cette situation soulève des questions plus larges sur les dispositifs de prévention au sein des structures périscolaires. La FCPE de Morières-lès-Avignon a appelé à la mise en place d’une « cellule d’urgence » pour accompagner les familles, un dispositif qui n’existe pas actuellement dans la commune. La procureure Stéphanie Aouine a indiqué que les auditions se poursuivent, sans préciser de calendrier pour la suite de l’enquête.
« Il ne peut plus s’approcher d’aucune école pendant quatre mois minimum. »
— Grégoire Souque, maire de Morières-lès-Avignon
Un contexte local marqué par des tensions
Cette affaire intervient dans un contexte où les questions de protection de l’enfance dans les structures périscolaires sont particulièrement scrutées. Morières-lès-Avignon, commune de près de 9 000 habitants située à proximité d’Avignon, n’est pas épargnée par ce type de signalements. En 2024, plusieurs communes du Vaucluse avaient déjà été confrontées à des affaires similaires, conduisant certaines à revoir leurs protocoles de recrutement et de surveillance.
Les associations de parents d’élèves, comme la FCPE, multiplient les alertes sur l’insuffisance des moyens dédiés à la prévention et à la prise en charge des victimes présumées. Jessica Cattier a souligné que « les familles ont besoin d’être accompagnées, pas seulement informées ». La mairie a tenté de répondre à ces attentes en organisant une réunion d’information, mais l’absence de cellule dédiée reste un point de friction.
Cette affaire rappelle aussi les enjeux liés à la gestion des antécédents des employés dans le secteur périscolaire, un sujet qui pourrait faire l’objet de nouvelles discussions entre la mairie et les associations de parents dans les semaines à venir.
L’animateur a été suspendu de ses fonctions pour une durée minimale de quatre mois, le temps de l’enquête. Il lui est interdit de s’approcher des écoles pendant cette période. En 2025, il avait déjà écopé d’une mise à pied de cinq jours pour avoir reçu une photo d’une collégienne, jugée « non suggestive ».
La mairie a décidé qu’aucun animateur ne pourrait plus être seul avec un enfant demandant à se rendre aux toilettes. Ces règles s’ajoutent à la suspension de l’employé mis en cause et visent à éviter tout risque de récidive pendant la durée de l’enquête.