Deux figures emblématiques de la littérature haïtienne, Yanick Lahens et Rodney Saint Eloi, ont partagé leur vision de l’écriture et de leur lien viscéral avec l’Afrique lors de la quatrième édition du Festival du livre africain de Marrakech (FLAM). Selon France 24, qui a couvert l’événement, ces deux auteurs ont mis en lumière le rôle de la littérature comme acte d’existence et de résistance, à travers leurs œuvres respectives récompensées ou publiées récemment.

Ce qu'il faut retenir

  • Yanick Lahens a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2025 pour son ouvrage « Passagères de nuit »
  • Rodney Saint Eloi, poète et écrivain, a publié le recueil de poésie « Fais du feu »
  • Les deux auteurs ont participé au Festival du livre africain de Marrakech (FLAM), dont c’était la quatrième édition
  • Ils ont souligné le lien « viscéral » qui les unit au continent africain à travers leur travail littéraire
  • Pour eux, écrire est à la fois un acte d’existence et un acte de résistance

Invités par Louise Dupont lors de cette édition du FLAM, Yanick Lahens et Rodney Saint Eloi ont échangé sur leur rapport à l’écriture et à leurs origines. Côté littérature, Lahens, dont le roman « Passagères de nuit » a été salué par le grand prix du roman de l’Académie française en 2025, a rappelé l’importance de raconter Haïti sous un angle à la fois intime et universel. « Écrire, c’est exister, mais c’est aussi résister à l’oubli et aux silences imposés », a-t-elle déclaré, selon France 24.

De son côté, Rodney Saint Eloi, poète reconnu pour son engagement littéraire et culturel, a présenté son dernier recueil « Fais du feu », un ouvrage où il explore les thèmes de la mémoire, de l’exil et de la résilience. Bref, pour lui aussi, la littérature est un outil pour donner voix à ceux que l’histoire a trop souvent effacés. « Le continent africain et Haïti partagent une histoire commune, une histoire de douleur mais aussi de création », a-t-il souligné lors de la rencontre.

Les deux écrivains ont également évoqué leur participation à ce festival, qui se positionne comme un carrefour des littératures africaines et diasporiques. Pour eux, des événements comme le FLAM sont essentiels pour valoriser les voix marginalisées et renforcer les échanges entre les écrivains du continent et de sa diaspora. « Ces rencontres permettent de montrer que la littérature ne connaît pas de frontières », a indiqué Lahens.

Et maintenant ?

La prochaine édition du Festival du livre africain de Marrakech, qui pourrait se tenir à l’automne 2026, devrait confirmer cette dynamique en accueillant de nouveaux auteurs et en abordant des thèmes toujours plus actuels, comme la migration ou la reconstruction postcoloniale. Reste à voir si d’autres écrivains haïtiens ou caribéens seront mis à l’honneur, comme ce fut le cas cette année avec Lahens et Saint Eloi.

Cette rencontre littéraire s’inscrit dans un contexte où la littérature haïtienne, riche et engagée, continue de gagner en visibilité sur la scène internationale. Les œuvres de Lahens et Saint Eloi, primées ou publiées récemment, illustrent cette vitalité. Autant dire que leur présence au FLAM a permis de mettre en lumière une littérature qui, bien que souvent associée à la douleur, se veut aussi porteuse d’espoir et de réinvention.

Pour les amateurs de littérature, cette édition du FLAM a donc offert une occasion rare de découvrir deux voix complémentaires, l’une ancrée dans la prose romanesque, l’autre dans la poésie engagée. Et si leur rencontre a surtout mis en lumière leur attachement commun à l’Afrique, elle a aussi rappelé que la littérature, quand elle est assumée comme acte de résistance, peut transcender les frontières géographiques et culturelles.

Parmi les auteurs haïtiens les plus reconnus figurent Dany Laferrière, Edwidge Danticat et Lyonel Trouillot. Dany Laferrière, membre de l’Académie française depuis 2023, est notamment connu pour son œuvre « L’Énigme du retour ». Edwidge Danticat, quant à elle, a reçu le National Book Critics Circle Award en 1997 pour « Breath, Eyes, Memory », et Lyonel Trouillot est salué pour ses romans comme « Yanvalou pour Charlie ».