Plusieurs centaines d’exemplaires d’un numéro de l’Essor Savoyard, hebdomadaire local de Haute-Savoie, ont été retirés en masse des kiosques le 4 juin 2026, selon l’hebdomadaire lui-même. Ce numéro contenait une enquête mettant en cause le premier adjoint au maire d’Annecy, élu Renaissance, dans une affaire de viol présumé. La rédaction de l’Essor Savoyard évoque un achat groupé dans plusieurs points de vente du département, rendant « difficile de ne pas faire le lien » avec la publication de l’enquête.
Ce qu'il faut retenir
- Un numéro de l’Essor Savoyard a été massivement retiré des kiosques de Haute-Savoie le 4 juin 2026.
- Ce numéro contenait une enquête sur un viol présumé impliquant le premier adjoint au maire d’Annecy, élu Renaissance.
- La rédaction suppose un achat ciblé pour faire disparaître l’édition concernée.
- L’affaire intervient dans un contexte où les violences sexuelles sont de plus en plus médiatisées en France.
Une enquête sensible sur un élu local
L’édition du 4 juin 2026 de l’Essor Savoyard consacrait une partie de sa Une à une affaire judiciaire impliquant le premier adjoint au maire d’Annecy, membre du parti Renaissance. Selon les informations rapportées par l’hebdomadaire, une plainte pour viol présumé aurait été déposée à l’encontre de cet élu, sans que son nom ne soit officiellement révélé à ce stade. L’enquête, menée par la rédaction, s’appuyait sur des témoignages et des éléments recueillis auprès de sources proches du dossier.
Ce type de publication, dans un journal local, prend une dimension particulière dans une ville comme Annecy, où les élus sont souvent très exposés médiatiquement. La rédaction n’a pas précisé si l’élu visé avait réagi ou s’il avait porté plainte pour diffamation à ce stade.
Des achats massifs dans les points de vente
C’est la disparition soudaine de plusieurs centaines d’exemplaires qui a alerté la rédaction. Selon l’Essor Savoyard, des clients ont acheté en masse l’édition du 4 juin dans différents kiosques de Haute-Savoie, notamment à Annecy, Cran-Gevrier et Rumilly. Ces achats groupés, inhabituels pour un hebdomadaire local, ont conduit à l’épuisement rapide des stocks dans plusieurs points de vente dès la matinée du 4 juin.
« Difficile de ne pas faire le lien entre ces achats massifs et le contenu de l’enquête », a souligné la rédaction dans un communiqué publié en ligne. L’hebdomadaire n’a pas précisé qui étaient les acheteurs ni s’ils agissaient sur instruction ou de leur propre initiative. Aucune plainte n’a été déposée par l’hebdomadaire pour ces disparitions, mais la direction évoque une possible tentative de censure indirecte.
Un contexte judiciaire déjà tendu à Annecy
Cette affaire intervient alors que la ville d’Annecy est sous les projecteurs depuis plusieurs mois pour des questions de transparence et de gestion municipale. En 2025, une enquête administrative avait déjà été ouverte à l’encontre de plusieurs élus, sans qu’elle ne débouche sur des sanctions. L’élu visé par l’enquête de l’Essor Savoyard n’avait, à ce jour, jamais été inquiété par la justice, mais son nom circule désormais dans les cercles politiques locaux.
Les associations féministes de la région ont réagi avec prudence à cette affaire. « Nous prenons ces informations très au sérieux, mais nous attendons des preuves tangibles avant de nous prononcer », a déclaré une porte-parole du collectif « Femmes en Savoie ». La justice devra trancher dans les prochaines semaines, si une plainte est finalement déposée.
Reste à savoir si cette affaire prendra une dimension nationale, ou si elle restera cantonnée à l’échelle locale. Une chose est sûre : le climat politique à Annecy risque de se tendre dans les semaines à venir.