Selon Euronews FR, la compagnie aérienne low cost britannique easyJet a rejeté trois offres informelles de rachat formulées par le fonds d’investissement américain Castlelake. La dernière proposition, évaluée à près de 5,9 milliards d’euros, a été présentée alors que le cours de l’action de la compagnie a reculé et que ses pertes se sont creusées, notamment en raison de la hausse des coûts du kérosène liée au conflit au Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • EasyJet a rejeté trois offres informelles de rachat du fonds américain Castlelake, dont la dernière était valorisée à 5,9 milliards d’euros.
  • Castlelake propose 6,25 livres sterling par action, soit une prime de 59 % par rapport au cours de fin mai.
  • Le conseil d’administration d’EasyJet qualifie l’offre de « extrêmement opportuniste », évoquant un contexte économique difficile.
  • Castlelake a jusqu’à vendredi 27 juin 2026 pour déposer une offre formelle ou se retirer pendant six mois.
  • Le titre easyJet progressait de 3,4 % lundi, s’échangeant à 5,21 livres sterling.

Un fonds américain en quête de contrôle sur easyJet

Comme l’indique Euronews FR, Castlelake a rendu public son intérêt pour le rachat d’easyJet le mois dernier. Ce fonds américain, qui n’a pas encore précisé ses intentions stratégiques, cherche à acquérir la compagnie aérienne qui dessert principalement l’Europe. Lundi 22 juin 2026, Castlelake a directement sollicité les actionnaires d’easyJet pour qu’ils examinent « les mérites » de sa dernière proposition, sans passer par le conseil d’administration.

Cette démarche intervient alors que les règles britanniques en matière d’offre publique d’achat (OPA) imposent à Castlelake de déposer une offre formelle d’ici vendredi 27 juin 2026. À défaut, le fonds devra attendre six mois avant de pouvoir formuler une nouvelle proposition. Pour l’instant, easyJet n’a pas communiqué sur une éventuelle contre-proposition ou stratégie de défense.

Un conseil d’administration sceptique face à l’offre

Dans un communiqué publié lundi, le conseil d’administration d’easyJet a réitéré son opposition à l’offre de Castlelake, la qualifiant d’« extrêmement opportuniste ». La compagnie justifie cette position par un contexte économique dégradé : le cours de son action a reculé, tandis que ses pertes se sont creusées en raison de l’envolée des coûts du kérosène, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient. « Nous restons très confiants dans la stratégie d’easyJet et dans notre capacité à générer une valeur attractive à long terme pour les actionnaires », a déclaré la direction dans le même communiqué.

Les tensions sur les prix du carburant pèsent en effet lourdement sur les comptes des compagnies aériennes. EasyJet, comme ses concurrents, subit de plein fouet cette hausse des coûts, qui impacte directement sa rentabilité. Dans ce contexte, une offre de rachat à prime élevée peut sembler attractive pour certains actionnaires, mais elle reste controversée au sein de la direction.

Une prime de 59 % qui divise les observateurs

La troisième proposition de Castlelake s’élevait à 6,25 livres sterling par action, soit une prime d’environ 59 % par rapport au cours de l’action fin mai, avant l’annonce de l’intérêt du fonds pour un rachat. Cette valorisation a suscité des réactions contrastées. D’un côté, elle représente une opportunité financière pour les actionnaires minoritaires. De l’autre, elle soulève des questions sur la viabilité à long terme d’easyJet, confrontée à des défis structurels.

Lundi, le titre easyJet enregistrait une progression de 3,4 %, s’échangeant à 5,21 livres sterling. Cependant, comme l’a souligné Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell, « le marché ne croit pas que Castlelake ira au bout, dans la mesure où le cours de l’action reste très nettement inférieur à la dernière offre ». Cette analyse reflète les doutes persistants sur la capacité du fonds à finaliser une transaction à ce prix.

« Nous restons très confiants dans la stratégie d’easyJet et dans notre capacité à générer une valeur attractive à long terme pour les actionnaires. »
— Communiqué du conseil d’administration d’easyJet, 22 juin 2026

Les prochaines étapes et les enjeux pour easyJet

D’ici vendredi, Castlelake doit trancher entre le dépôt d’une offre formelle ou un retrait temporaire. Si le fonds choisit de ne pas donner suite, il devra attendre six mois avant de pouvoir relancer une proposition. Dans le cas contraire, une OPA pourrait être engagée, soumettant easyJet à une pression accrue de la part de ses actionnaires et du marché.

Pour easyJet, l’enjeu est double : d’une part, rassurer ses actionnaires sur la pertinence de sa stratégie à long terme, d’autre part, démontrer sa résilience face aux chocs externes, comme la hausse des coûts énergétiques. La compagnie mise sur une reprise du trafic aérien et une stabilisation des prix du kérosène pour retrouver des marges confortables. Reste à savoir si cette confiance sera suffisante pour dissuader Castlelake ou, au contraire, incitera d’autres acteurs à se manifester.

Et maintenant ?

La décision de Castlelake d’ici vendredi 27 juin 2026 déterminera la suite des événements. Si une offre formelle est déposée, les actionnaires d’easyJet devront se prononcer sur une possible vente de leurs titres. À l’inverse, un retrait du fonds pourrait laisser le champ libre à d’autres initiatives, ou confirmer la stratégie autonome de la compagnie. Dans tous les cas, les prochains mois seront décisifs pour easyJet, alors que le secteur aérien reste sous haute tension.

Avec la guerre au Moyen-Orient qui persiste et les coûts du carburant toujours volatils, easyJet doit non seulement convaincre ses actionnaires de la solidité de son modèle, mais aussi naviguer dans un environnement économique incertain. La capacité de la compagnie à générer des profits dans ce contexte sera un facteur clé pour son avenir.

Castlelake n’a pas détaillé publiquement ses motivations, mais les fonds d’investissement ciblent souvent des entreprises jugées sous-évaluées ou stratégiques dans leur secteur. Dans le cas d’easyJet, la prime de 59 % proposée suggère une volonté de contrôler la compagnie pour en tirer des synergies ou une revente ultérieure.

Une OPA hostile pourrait fragiliser la gouvernance d’easyJet et imposer une restructuration forcée. La direction craint également que l’offre ne reflète pas la vraie valeur de la compagnie, d’où son qualificatif d’« extrêmement opportuniste ». Enfin, une telle opération pourrait entraîner une fuite de talents ou une perte de confiance des partenaires commerciaux.