Selon RFI, la commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, Hadja Lahbib, se rend ce dimanche 7 juin à Bunia, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette visite éclair intervient alors que la ville, capitale de la province de l’Ituri, est confrontée depuis le 15 mai dernier à une nouvelle flambée de fièvre hémorragique due au virus Ebola.
Ce qu'il faut retenir
- Hadja Lahbib, commissaire européenne, est en visite à Bunia le 7 juin 2026 pour évaluer la situation épidémiologique.
- La ville de Bunia, en Ituri, fait face à une épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai 2026.
- Cette épidémie s’ajoute à une série de foyers récurrents dans l’est de la RDC depuis plusieurs années.
- La visite s’inscrit dans le cadre d’une mission humanitaire et de coordination avec les acteurs locaux et internationaux.
- L’objectif est d’examiner les besoins en assistance médicale et logistique pour contenir la propagation.
Une épidémie qui s’ajoute à un contexte sanitaire déjà fragile
La province de l’Ituri, située dans l’est de la RDC, est régulièrement touchée par des épidémies de maladies infectieuses, notamment en raison de l’instabilité sécuritaire et des déplacements massifs de populations. Selon RFI, cette nouvelle flambée d’Ebola intervient moins d’un an après le dernier épisode enregistré dans la région. Les autorités sanitaires locales ont déjà mis en place des mesures de riposte, incluant l’isolement des cas confirmés et la vaccination des personnes contacts. Pourtant, les défis logistiques et l’accès limité à certaines zones rurales compliquent la lutte contre le virus.
La visite de Hadja Lahbib s’inscrit dans une stratégie européenne plus large de soutien aux pays africains face aux crises sanitaires. L’Union européenne a déjà débloqué des fonds d’urgence pour renforcer les capacités de dépistage et de prise en charge des patients. « La solidarité européenne doit se traduire par des actions concrètes sur le terrain », a rappelé la commissaire lors d’une précédente déclaration.
Bunia, un carrefour humanitaire dans une région sous tension
Bunia, ville stratégique de l’Ituri, est un hub logistique essentiel pour l’acheminement de l’aide humanitaire dans une province marquée par des conflits intercommunautaires et la présence de groupes armés. Selon les Nations unies, plus de 1,6 million de personnes ont été déplacées dans la région en 2025 en raison de l’insécurité. La propagation d’Ebola dans ce contexte aggrave une crise humanitaire déjà complexe, avec des risques accrus de contamination dans les camps de déplacés surpeuplés.
Les équipes médicales sur place, soutenues par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Médecins Sans Frontières (MSF), multiplient les campagnes de sensibilisation pour limiter les risques de transmission. Pourtant, la méfiance d’une partie de la population envers les mesures sanitaires, alimentée par des rumeurs et des théories du complot, freine parfois l’efficacité des interventions.
Un enjeu qui dépasse les frontières de la RDC
Cette épidémie rappelle une fois de plus la nécessité d’une approche régionale et internationale pour endiguer les maladies infectieuses. L’OMS a déjà alerté sur le risque de propagation vers les pays voisins, comme l’Ouganda ou le Burundi, où les systèmes de santé sont fragiles. La crise d’Ebola en RDC illustre aussi les limites des réponses d’urgence face à des systèmes de santé sous-financés et à des contextes sécuritaires instables. Autant dire que la visite de la commissaire européenne s’inscrit dans une dynamique plus large de préparation aux crises sanitaires futures.
Pour l’instant, les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux misent sur une riposte rapide pour éviter une répétition des scénarios catastrophiques observés lors des précédentes épidémies. La mobilisation des ressources et la coordination entre acteurs restent les clés pour contenir le virus dans les semaines à venir.
Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique aiguë, accompagnée de symptômes tels que douleurs musculaires, vomissements, diarrhées et saignements internes ou externes. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels (sang, vomissements, selles) d’une personne infectée, vivante ou décédée. Le virus ne se transmet pas par voie aérienne.