L’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda a poussé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à déclencher, dimanche 16 mai 2026, une urgence de santé publique de portée internationale – son deuxième niveau d’alerte le plus élevé. Selon Franceinfo – Santé, cette décision intervient alors que le nouveau variant du virus, encore mal connu, aurait déjà causé la mort de plus de 80 personnes et contaminé près de 250 individus.
Face à cette menace, l’infectiologue Xavier Lescure, responsable de la mission nationale de Coordination opérationnelle du risque épidémique et biologique (Coreb), a alerté dès samedi sur le risque de propagation du virus à Mayotte. « On sait que dans l’océan Indien, Mayotte est une porte d’entrée d’une migration, parfois illégale, qui vient de la région des Grands Lacs », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’anticiper dès la source de cette épidémie.
Ce qu’il faut retenir
- Nouveau variant d’Ebola en circulation en RDC et en Ouganda, avec un taux de létalité estimé entre 20 et 40 %, selon Xavier Lescure.
- 80 décès et 250 cas confirmés enregistrés à ce jour, selon les dernières données de l’OMS.
- L’OMS a déclenché une alerte maximale le 16 mai 2026, son deuxième niveau d’urgence sanitaire.
- Mayotte, porte d’entrée migratoire depuis la région des Grands Lacs, pourrait être exposée à un risque de contamination.
- Lescure appelle à une recherche urgente pour évaluer l’efficacité des vaccins et traitements existants sur ce nouveau variant.
Un variant « très mortel » et encore mal maîtrisé
L’infectiologue Xavier Lescure, praticien à l’hôpital Bichat à Paris, qualifie ce variant d’Ebola de « champion du monde des maladies émergentes et du risque de létalité ». Selon lui, la souche actuelle, « récente et peu connue », présente une cinétique « explosive » et une mortalité « effroyable en termes de maladie et de sévérité ». « Les traitements et les vaccins, développés sur une souche différente, ne sont pas validés pour cette version », précise-t-il. « Il faut lancer une recherche en urgence pour évaluer la thérapeutique préventive et curative, ainsi que l’efficacité vaccinale. »
Ce variant se distingue par son taux de létalité très important, sans vaccin ni traitement spécifique disponibles à ce jour. Lescure évoque une « mortalité entre 20 à 40 % », un chiffre qui alerte d’autant plus que les zones touchées par l’épidémie souffrent de capacités de détection et de soins limitées. « Les structures sanitaires sont peu nombreuses, et l’accès aux populations est rendu difficile par les conflits et l’insécurité », explique-t-il.
Mayotte, une zone à risque en raison des flux migratoires
Mayotte, département français situé dans l’océan Indien, pourrait devenir un point de propagation du virus en raison de sa position géographique. « Mayotte est une porte d’entrée de migrations, parfois illégales, en provenance de la région des Grands Lacs », rappelle Xavier Lescure. Cette région, située en Afrique centrale, est un foyer historique d’Ebola, où les épidémies récurrentes ont déjà causé des milliers de morts depuis les années 1970.
Selon l’infectiologue, la situation sanitaire dans les zones touchées est particulièrement préoccupante. « Les régions où circule actuellement le virus ont une densité de population importante, ce qui favorise les transmissions », note-t-il. « Par ailleurs, la diffusion transfrontalière de l’épidémie augmente la complexité de sa prise en charge, notamment en raison des frontières poreuses et des pays très pauvres concernés. » Lescure insiste sur la nécessité d’une collaboration internationale renforcée pour limiter la propagation, mais aussi pour sécuriser l’accès des soignants aux populations affectées.
L’OMS sonne l’alerte maximale face à une épidémie « explosive »
L’urgence de santé publique de portée internationale, déclarée par l’OMS le 16 mai 2026, marque un tournant dans la réponse à cette épidémie. Ce niveau d’alerte, le deuxième plus élevé, est généralement réservé aux crises sanitaires dont l’impact peut s’étendre au-delà des frontières nationales. Pour l’OMS, cette décision reflète à la fois la gravité de la situation et le risque de diffusion régionale, voire mondiale, en l’absence de mesures rapides et ciblées.
Selon les dernières données relayées par l’OMS, le nouveau variant d’Ebola se propage dans des zones où l’accès aux soins est limité, notamment en raison de l’insécurité persistante. « Les capacités de détection et de prise en charge sont insuffisantes, et les structures sanitaires, lorsqu’elles existent, sont souvent submergées », constate Xavier Lescure. « C’est une zone de conflit, ce qui rend l’intervention des équipes médicales encore plus complexe. »
Alors que le variant d’Ebola continue de se propager en Afrique centrale, la crainte d’une propagation vers d’autres régions, dont Mayotte, impose une vigilance accrue. « Il faut anticiper dès la source de cette épidémie », insiste Xavier Lescure. « Sans une réponse rapide et coordonnée, le risque de voir le virus franchir de nouvelles frontières reste bien réel. »
Mayotte, située dans l’océan Indien, est un point d’entrée de migrations en provenance de la région des Grands Lacs en Afrique centrale, où l’épidémie d’Ebola sévit actuellement. Les flux migratoires, parfois illégaux, augmentent le risque d’introduction du virus sur l’île, selon Xavier Lescure, infectiologue et responsable de la mission Coreb.
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’a encore été validé pour ce nouveau variant d’Ebola. Les vaccins et traitements existants, développés pour d’autres souches, ne sont pas efficaces à ce stade, ce qui rend la situation d’autant plus critique. Une recherche en urgence est nécessaire pour évaluer leur efficacité, selon Xavier Lescure.