L’artiste et plasticien palestinien Sliman Mansour s’est éteint le 24 août 2026, à son domicile de Jérusalem-Est, à l’âge de 79 ans. Selon nos confrères de Courrier International, il était considéré comme l’un des pionniers de l’art visuel palestinien contemporain, dont les œuvres ont marqué la mémoire nationale et incarné une forme de résistance culturelle face à l’occupation israélienne.
Ce qu'il faut retenir
- Sliman Mansour est décédé le 24 août 2026 à Jérusalem-Est, à 79 ans, après une carrière dédiée à l’art palestinien.
- Ses œuvres, comme « Le Chameau des fardeaux » (1973), symbolisent la résistance et l’attachement à la terre palestinienne.
- Il a été salué comme « le dictionnaire visuel de la Palestine » pour son rôle dans la préservation de l’identité culturelle.
- Ses tableaux, centrés sur les femmes palestiniennes et le patrimoine, ont été exposés dans toute la Cisjordanie et Gaza.
- Mansour a toujours lié son art à la cause nationale, déclarant : « La Palestine est magnifique, et son peuple est fort et unique. »
Un artiste engagé au service de la mémoire palestinienne
Sliman Mansour laisse derrière lui un héritage artistique de plusieurs centaines d’œuvres, selon le quotidien palestinien Al-Quds. Ces créations, souvent qualifiées de « documents historiques », retracent les transformations politiques et sociales du peuple palestinien à travers les décennies. Son approche artistique, marquée par un graphisme immédiatement reconnaissable, a fait de lui une figure incontournable de la scène culturelle palestinienne et arabe.
Dans ses toiles, les femmes occupent une place centrale : paysannes attachées à leur terre, mères résilientes ou combattantes inébranlables. Mansour y intègre également des éléments du patrimoine, comme la broderie traditionnelle, les oliviers ou les orangers, comme pour ancrer son message dans une identité collective menacée par l’érosion culturelle. « Son art était une forme de résistance, mais aussi de préservation », souligne le supplément culture du quotidien panarabe Al-Araby Al-Jadid.
« Le Chameau des fardeaux » : une icône nationale
Parmi ses œuvres les plus célèbres figure « Le Chameau des fardeaux », une toile peinte en 1973 et devenue un symbole de la cause palestinienne. Cette peinture représente un vieil homme vêtu d’un costume traditionnel, portant sur son dos la ville de Jérusalem. « L’homme incarne le Palestinien portant sa ville, sa mémoire et sa terre, tandis que Jérusalem, sur son dos, devient une image d’amour et d’appartenance », explique Al-Araby Al-Jadid.
Le tableau, reproduit dans de nombreux foyers et lieux publics de Cisjordanie et de Gaza, est souvent décrit comme « l’une des plus célèbres œuvres de l’art arabe ». Pour le journal gazaoui Felesteen, il résume « en une image l’histoire d’un peuple portant sa patrie, son histoire et sa mémoire ». Mansour y exprime ainsi le concept palestinien de « soumoud » – un mélange de résistance, de résilience et d’attachement inaltérable à la terre.
« Un homme porte une ville, la ville porte l’histoire d’un peuple, et l’homme marche sous le poids d’une responsabilité devenue partie intégrante de son être. »
— Al-Araby Al-Jadid
Un artiste qui a transformé la cause en art
Sliman Mansour a su traduire la lutte palestinienne en couleurs et en formes, mêlant « rêves inassouvis et volés, désespoir et espoir, vie et mort », comme l’écrit le quotidien palestinien Al-Hayat Al-Jadida dans un hommage intitulé « L’art est une cause ». Son travail a été salué pour sa capacité à incarner les contradictions et les espoirs d’un peuple en exil, tout en ancrant son art dans un territoire bien réel.
L’artiste, né en 1947 – un an avant la Nakba, l’exode forcé des Palestiniens en 1948 –, a souvent répété : « Je suis né un an avant la Nakba et j’espère mourir un an après la libération de la Palestine. » Une phrase reprise par L’Orient-Le Jour, qui souligne l’ironie du sort : Mansour n’a pas vécu assez longtemps pour voir la fin de l’occupation, mais son œuvre reste un témoignage intemporel de cette quête de liberté.
Un héritage culturel et politique
Selon le journal libanais L’Orient-Le Jour, Mansour a incarné « l’une des expressions les plus fortes du soumoud », ce concept culturel palestinien qui unit attachement à la terre, résistance et persévérance. Ses toiles, exposées dans les territoires palestiniens et au-delà, ont servi de support à la mémoire collective. « Il était le dictionnaire visuel de la Palestine », écrivait même le média panarabe As-Safir Al-Arabi, tant son œuvre a contribué à façonner l’imaginaire national.
Pour le quotidien palestinien Al-Ayyam, Mansour était « l’un des pionniers de l’art visuel palestinien contemporain ». Ses peintures, souvent qualifiées de « victoires artistiques pour la terre de Palestine », ont transcendé les frontières géographiques pour devenir des symboles universels de la lutte pour la justice.
Le décès de Mansour survient à un moment où la question palestinienne reste au cœur des tensions régionales. Son héritage artistique, lui, continuera de résonner comme un rappel visuel de l’identité palestinienne, intangible malgré les épreuves.
Son chef-d’œuvre le plus connu est « Le Chameau des fardeaux », une toile peinte en 1973 représentant un vieil homme portant Jérusalem sur son dos, devenue un symbole de la résistance palestinienne.
Ses tableaux sont exposés dans de nombreux foyers et lieux publics de Cisjordanie et de Gaza, et certaines œuvres figurent dans des collections privées ou des musées à travers le monde arabe.