Le général serbe Ratko Mladic, figure centrale de la guerre de Bosnie-Herzégovine et condamné pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, est décédé le 27 août dernier à l’âge de 85 ans. Selon Le Monde, sa disparition survient alors que son rôle dans le conflit des années 1990 continue de peser sur la mémoire des Balkans.

Ce qu'il faut retenir

  • Ratko Mladic, 85 ans, est mort le 27 août 2026 après une période d’incarcération
  • Condamné en 2017 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre
  • Il était emprisonné à La Haye depuis sa condamnation, purgeant une peine de perpetuite
  • Son rôle a été déterminant dans la mise en œuvre du projet de « Grande Serbie » pendant le conflit bosniaque
  • Le TPIY a reconnu sa responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1995

Un militaire au cœur du conflit des années 1990

Ratko Mladic, général de l’armée de la République serbe de Bosnie, s’est imposé comme l’un des principaux artisans du projet politique et militaire visant à créer une « Grande Serbie ». Ce plan, porté par des nationalistes serbes, a conduit à une guerre particulièrement violente entre 1992 et 1995. Côté bosniaque et croate, la résistance s’est organisée face à l’expansion serbe, entraînant des exactions et des massacres à grande échelle. Mladic a rapidement été associé aux pires violences, notamment lors du siège de Sarajevo et du massacre de plus de 8 000 musulmans bosniaques à Srebrenica en juillet 1995.

Une condamnation historique par le Tribunal pénal international

En 2017, après des années de procédure, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a rendu son verdict contre Mladic. Les juges ont retenu contre lui trois chefs d’accusation majeurs : génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. La condamnation à la prison à perpétuité a été confirmée en appel en 2021, scellant le sort du général. Selon Le Monde, cette décision a marqué l’une des dernières grandes affaires traitées par le TPIY avant sa dissolution en décembre 2017.

Les crimes reconnus incluent non seulement le massacre de Srebrenica, mais aussi la participation à une campagne de terreur visant à chasser les non-Serbes de territoires revendiqués par Belgrade. Les témoignages et preuves documentées ont joué un rôle clé dans l’établissement de sa culpabilité.

Une incarcération à La Haye jusqu’à sa mort

Depuis son arrestation en 2011 en Serbie, Ratko Mladic était détenu dans l’établissement pénitentiaire de Scheveningen, situé à La Haye, aux Pays-Bas. Cet établissement est géré par le Mécanisme pour les Tribunaux internationaux (MTPI), chargé de superviser les dernières condamnations du TPIY. Malgré son âge avancé et des problèmes de santé récurrents, il a purgé sa peine jusqu’à son décès, survenu dans sa cellule le 27 août 2026.

Les autorités pénitentiaires n’ont pas communiqué les causes précises de sa mort, mais des sources proches du dossier ont indiqué que son état de santé s’était dégradé ces derniers mois. Sa disparition met fin à un chapitre judiciaire majeur, mais laisse en suspens des questions mémorielles pour les victimes et leurs familles.

Et maintenant ?

La mort de Ratko Mladic ne clôt pas les débats sur les responsabilités dans le conflit bosniaque. Des procédures civiles et des travaux de mémoire se poursuivent en Bosnie-Herzégovine et en Serbie, où les divisions persistent. En Bosnie, des associations de victimes réclament toujours des réparations et une reconnaissance pleine et entière des crimes. Côté serbe, certains milieux nationalistes continuent de présenter Mladic comme un héros, ce qui complique les efforts de réconciliation.

Le MTPI, qui supervise encore quelques affaires résiduelles, pourrait bientôt clore définitivement ses activités. La communauté internationale observe désormais la manière dont les États des Balkans géreront ce legs douloureux, notamment à l’approche du 30e anniversaire de la fin de la guerre, prévu en 2025.

Reste à voir si cette disparition relancera les discussions sur une éventuelle révision des accords de paix ou sur la création d’un tribunal régional pour les crimes de guerre, une hypothèse régulièrement évoquée mais jamais concrétisée.

Selon le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Ratko Mladic a été reconnu coupable de génocide pour le massacre de Srebrenica en 1995, ainsi que de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre pour son rôle dans la campagne de nettoyage ethnique en Bosnie. Ces chefs d’accusation couvrent des actes comme les meurtres, les déplacements forcés et les persécutions menés entre 1992 et 1995.