Le chanteur et percussionniste uruguayen Ruben « Negro » Rada, figure majeure de la scène musicale latino-américaine, s’est éteint mercredi 26 août 2026 à l’âge de 83 ans, des suites d’une pneumonie, comme l’a annoncé sa famille sur ses réseaux sociaux. Son décès survient quelques jours après que le président uruguayen Yamandú Orsi ait salué sa mémoire, le qualifiant de « génie » et décrétant un deuil national pour le jeudi 27 août, jour de l’exposition de sa dépouille au Palais législatif de Montevideo. « Merci pour ta créativité, pour ta joie, pour ta générosité. Merci de nous avoir fait profiter de tes histoires et de nous avoir tant fait rire », a-t-il écrit sur X (ex-Twitter), selon ses propres termes.

Ce qu'il faut retenir

  • Décès à 83 ans : Ruben Rada s’est éteint le 26 août 2026 des suites d’une pneumonie.
  • Hommage national : Un deuil national a été décrété en Uruguay pour le 27 août, avec exposition de sa dépouille au Palais législatif de Montevideo.
  • Pionnier musical : Il a fusionné le candombe, héritage des esclaves africains, avec le rock, le jazz et d’autres genres, marquant la musique latino-américaine.
  • Plus de 40 albums : Une carrière prolifique qui a fait de lui une icône de la communauté afro-uruguayenne.
  • Lauréat d’un Grammy Award en 2011 pour l’ensemble de sa carrière.
  • Héritage culturel : Des centaines de personnes se sont rassemblées dès l’annonce de sa mort pour jouer du tambour dans le Barrio Sur, cœur historique du candombe à Montevideo.

Un artiste engagé et polyvalent, disparu à 83 ans

Né en 1943 dans le quartier modeste de La Teja à Montevideo, Ruben Rada a marqué l’histoire culturelle de l’Uruguay et de l’Amérique latine par son talent et son engagement. Percussionniste, chanteur et compositeur, il a su marier des rythmes traditionnels comme le candombe – héritage des esclaves africains déportés en Amérique du Sud – avec des influences modernes telles que le rock, le jazz, le soul ou encore le tango. Son approche audacieuse a redéfini la musique locale et lui a valu une reconnaissance internationale.

Avec plus de quarante albums à son actif, Rada a traversé plusieurs générations de mélomanes. En 2011, il a reçu un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière, une consécration qui a confirmé son statut de légende vivante. Jusqu’à ses derniers jours, il a continué à se produire sur scène, partageant sa passion avec un public toujours plus large, des petits bars de Montevideo aux festivals internationaux.

Un hommage national et populaire pour un « génie » de la musique

Dès l’annonce de sa disparition, les hommages se sont multipliés en Uruguay. Le président Yamandú Orsi a tenu à saluer « un génie » de la création artistique, soulignant son rôle dans la diffusion de la culture afro-uruguayenne à l’échelle mondiale. Un deuil national a été décrété pour le jeudi 27 août, une journée placée sous le signe de la commémoration. La dépouille de Rada a été exposée au Palais législatif de Montevideo, lieu symbolique où les Uruguayens ont pu lui rendre un dernier hommage.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dès l’annonce de sa mort dans les rues du Barrio Sur, un quartier emblématique de Montevideo et épicentre de la culture candombe. Près d’un millier de tambourinaires ont défilé en son honneur, jouant des rythmes traditionnels en mémoire du musicien. « Rada a toujours revendiqué ses racines africaines et nous a représentés dans le monde entier. J’en suis fier et lui en suis plus que reconnaissant », a témoigné John Fleitas, un musicien de 48 ans, lors de cette manifestation spontanée.

Des réactions internationales pour saluer une carrière exceptionnelle

Au-delà des frontières de l’Uruguay, les réactions ont été unanimes pour saluer la disparition d’un artiste qui a su transcender les genres et les époques. Sur le réseau social X, l’éditeur et ancien ministre argentin de la Culture, Pablo Avelluto, a exprimé son émotion avec des mots forts :

« Ça fait très mal que Negro Rada ne soit plus parmi nous. L’un des musiciens populaires les plus importants d’Uruguay et de cette partie du monde. Il a tout compris : le candombe, le jazz, le soul, le pop, le rock, le tango et le folklore. Je l’ai écouté et admiré avec une dévotion presque religieuse. »
Ces propos reflètent l’admiration que suscitait Rada auprès de ses pairs et de ses fans à travers l’Amérique latine.

En Argentine, au Brésil ou encore aux États-Unis, où il s’est produit à de nombreuses reprises, les hommages ont afflué. Les médias locaux ont rappelé son rôle de passeur culturel, capable de mêler des sonorités traditionnelles et contemporaines pour créer un style unique. Son influence s’étend bien au-delà de la musique : il a incarné une fierté noire et métisse en Uruguay, un pays où les communautés afro-descendantes ont longtemps été marginalisées.

Une carrière riche et une influence durable sur la musique latino-américaine

La discographie de Ruben Rada est impressionnante : plus de quarante albums enregistrés depuis le début des années 1960, avec des titres devenus des classiques, comme Negro Rada y los Hot Blowers ou Montevideo. Son travail a inspiré des générations d’artistes, du candombe au rock en passant par le jazz fusion. Il a collaboré avec des figures majeures de la musique latino, telles que Hugo Fattoruso, Edison « Eddy » Villanueva ou encore les frères Maseev.

Au fil des décennies, Rada a su évoluer avec son époque tout en restant fidèle à ses racines. Son dernier album, Rada 2025, sorti quelques mois avant sa mort, a confirmé son statut d’artiste intemporel, capable de séduire un public jeune tout en rendant hommage à la tradition. Son approche musicale, à la fois populaire et exigeante, a fait de lui une référence pour les musiciens et les amateurs de musique en Amérique latine et au-delà.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront marqués par des hommages posthumes en Uruguay et à l’étranger. La famille de Rada n’a pas encore communiqué ses intentions concernant des cérémonies ou des concerts en mémoire de l’artiste. Son héritage musical, lui, reste intact : ses albums continuent d’être écoutés, et son influence se ressent dans les nouvelles générations de musiciens qui s’inspirent de son mélange de traditions et de modernité. La question se pose désormais de savoir comment pérenniser sa mémoire, notamment auprès des jeunes publics.

La disparition de Ruben « Negro » Rada laisse un vide dans le paysage musical latino-américain. Restent ses mélodies intemporelles, son engagement pour la reconnaissance des cultures afro-descendantes, et l’exemple d’un artiste qui a su, sa vie durant, allier succès populaire et profondeur artistique. Les prochains mois diront si l’Uruguay et ses partenaires culturels sauront lui rendre un hommage à la hauteur de son héritage.

Le candombe est un rythme musical et une danse d’origine africaine, né au cours de la période coloniale dans les communautés d’esclaves déportés en Amérique du Sud. En Uruguay, il est devenu un symbole de la culture afro-uruguayenne, notamment dans le quartier du Barrio Sur à Montevideo, où Ruben Rada a grandi. Ce genre se caractérise par l’utilisation de tambours spécifiques (les tambores de candombe) et une forte dimension communautaire, souvent liée aux fêtes populaires.