Après plus de cinq décennies de fermeture, l’école théologique orthodoxe de Halki, située sur l’île de Heybeliada dans l’archipel des Îles des Princes au large d’Istanbul, devrait retrouver son rôle d’enseignement à l’issue de travaux de rénovation achevés en septembre 2026. Pourtant, malgré l’aboutissement des travaux, les autorités turques n’ont toujours pas levé l’interdiction de réouverture de cet établissement historique, selon Euronews FR.
Ce qu'il faut retenir
- Fermeture en 1971 : l’école, fondée en 1844, a été fermée en raison d’une loi turque interdisant les écoles religieuses supérieures privées.
- Rénovation terminée en septembre 2026 : les travaux de modernisation, engagés pour redonner à l’école son statut d’établissement d’enseignement théologique, sont désormais finalisés.
- Réouverture bloquée par Ankara : malgré les appels répétés, la Turquie n’a toujours pas autorisé la réouverture de l’école.
- Engagement américain : le président Donald Trump avait évoqué le sujet lors d’un entretien avec le patriarche Bartholomée Ier en septembre 2025, promettant un soutien pour débloquer la situation.
- Surveillance internationale : les États-Unis et l’Union européenne suivent de près ce dossier, pointant régulièrement les restrictions imposées aux minorités religieuses en Turquie.
Située sur l’île de Heybeliada, l’école théologique de Halki fut longtemps le principal établissement d’enseignement supérieur de l’Église orthodoxe. Fondée au milieu du XIXe siècle, elle a formé des figures majeures du clergé orthodoxe, dont le patriarche Bartholomée Ier lui-même. Sa fermeture en 1971, consécutive à une loi turque interdisant les écoles religieuses privées, avait marqué un tournant dans l’histoire de l’éducation religieuse en Turquie.
Les travaux de rénovation, lancés pour redonner à l’école sa vocation initiale, ont été menés à leur terme. Le Patriarcat œcuménique de Constantinople a confirmé en mai 2026 que l’ensemble des travaux serait achevé dès septembre de cette même année. Pourtant, malgré l’achèvement des travaux et les multiples appels à la réouverture, le gouvernement turc n’a pas encore donné son feu vert. « Le dossier reste bloqué, malgré les efforts diplomatiques », précise un responsable du Patriarcat cité par Euronews FR.
Ce blocage intervient alors que la question de la liberté religieuse en Turquie est régulièrement pointée du doigt par les organisations internationales. Les États-Unis et l’Union européenne ont, à plusieurs reprises, critiqué Ankara pour les restrictions imposées aux minorités non musulmanes, notamment les chrétiens orthodoxes. Le sujet avait d’ailleurs été abordé lors d’un entretien entre le patriarche Bartholomée Ier et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche en septembre 2025. Selon des sources diplomatiques, le président Trump s’était alors engagé à soutenir les efforts visant à sortir de l’impasse.
« La réouverture de l’école de Halki est un symbole fort de la liberté religieuse et de la diversité culturelle en Turquie. Son maintien à l’arrêt envoie un mauvais signal aux minorités religieuses du pays. »
— Un diplomate européen sous couvert d’anonymat
La situation de l’école de Halki s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la Turquie et ses partenaires occidentaux sur les questions de droits humains et de liberté religieuse. Bien que le gouvernement turc ait effectué des gestes en direction des minorités religieuses ces dernières années, comme la restitution de biens confisqués ou la levée de certaines restrictions, le dossier de Halki reste un symbole des obstacles persistants. « C’est une question de principe. Une école qui a formé des générations de théologiens ne devrait pas rester fermée indéfiniment », souligne un membre du clergé orthodoxe.
Pour l’Église orthodoxe, la réouverture de Halki revêt une importance particulière. L’école a joué un rôle central dans la formation des futurs patriarches de Constantinople, dont Bartholomée Ier, qui en fut l’un des élèves. Sa fermeture en 1971 avait été perçue comme une perte majeure pour la communauté orthodoxe en Turquie, alors même que le pays comptait une forte présence chrétienne avant les échanges de populations des années 1920.
En attendant, la communauté orthodoxe et ses soutiens internationaux maintiennent la pression. Les appels à la réouverture se multiplient, portés par des voix issues de la diaspora grecque et des organisations de défense des droits humains. « Le temps joue contre nous. Chaque année qui passe éloigne un peu plus la Turquie des standards européens en matière de liberté religieuse », estime un observateur proche du dossier.
Alors que les travaux de rénovation sont désormais achevés, le sort de l’école de Halki reste donc entre les mains des autorités turques. La question de sa réouverture pourrait, à l’avenir, devenir un test pour l’engagement d’Ankara en faveur du pluralisme religieux.
Fondée en 1844, l’école de Halki a formé des générations de théologiens et de patriarches orthodoxes, dont Bartholomée Ier. Elle symbolise l’héritage intellectuel et spirituel de l’Église orthodoxe en Turquie, un pays où les minorités religieuses ont vu leurs droits se réduire au fil des décennies. Sa fermeture en 1971 a marqué un tournant dans l’histoire de l’éducation religieuse en Turquie.
Aucune date n’a été officiellement annoncée pour une éventuelle réouverture. Les autorités turques doivent encore examiner la demande de réouverture, mais aucune échéance précise n’a été communiquée. Plusieurs discussions diplomatiques sont attendues dans les prochains mois, notamment entre la Turquie et l’Union européenne.